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À Bruxelles, la nouvelle crèche privée de visages qui ne passe pas

Grand Place de Bruxelles.

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Bérengère de Portzamparc - publié le 28/11/25
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Accessible au public à partir de ce vendredi 28 novembre sur la Grand-Place de Bruxelles, la nouvelle crèche, imaginée par une architecte d'intérieur belge, interpelle au-delà des frontières. Des personnages intégralement représentés en tissus recyclés, sans visage et sans expression, afin d'être plus "inclusifs". Les réactions ne se sont pas fait attendre, des badauds comme des célébrités, dont le joueur de football international belge Thomas Meunier.

Installée mercredi 26 novembre, en vue de sa présentation au public ce vendredi 28 novembre pour toute la période de Noël jusqu’au 7 janvier prochain, la nouvelle crèche de la Grand-Place de Bruxelles fait déjà du bruit. "Les étoffes de la Nativité" représentent ainsi Joseph, Marie, Jésus et les Rois mages intégralement en tissus recyclés, sans visage et sans expression, mais composées de tissus représentant "toutes les couleurs de la peau". Pour l'architecte d'intérieur belge Victoria Maria Geyer, à l'origine de cette nouvelle création, épaulée par l’Atelier By Souveraine, il s’agit de permettre à chacun de s’y voir, de s’y retrouver, dans une inclusivité voulue.

Installée au pied de l’immense sapin sur la Grand-place illuminée de la capitale belge, et autour des traditionnels chalets en bois inaugurés également ce vendredi 28 novembre, sous le nom de “Plaisirs d’hiver” et non plus "marché de Noël", cette nouvelle crèche, à la structure blanche et translucide, remplace celle en bois et paille exposée ces dernières années. Le bourgmestre de Bruxelles, Philippe Close, a ainsi expliqué à la presse belge que l’ancienne crèche s’effondrait et qu’elle devenait difficile à transporter. C'est pourquoi à l'été 2025, la ville de Bruxelles a lancé un appel d’offres à des artistes contemporains pour imaginer la nouvelle crèche. "Nous avons eu beaucoup de plaisir à l’imaginer et un très bon retour de l’évêché", précise de son côté Victoria-Maria Geyer, au journal Le Soir.

Concours de la crèche la plus moche

Quoi qu’il en soit, à peine dévoilée, cette nouvelle crèche est loin de faire l'unanimité. Sur les réseaux sociaux, comme dans les émissions de télévision et de radios locales, les Belges sont très nombreux à faire part de leur déception en soulignant "la laideur" de la crèche . "Dites-moi, Bruxelles participe à un concours de la plus moche crèche ou comment recycler vos vieux vêtements pour une association", écrit ainsi François. "Mais le but, c'est de traumatiser les enfants !? Des personnages sans visage ? Halloween est déjà passé”, ajoute Véronique.

Quant à l’international belge Thomas Meunier, membre de l'équipe de foot des diables rouges,  il n’a pas hésité lui non plus à partager son exaspération sur X. "On touche le fond", écrit-il ainsi. 

La crèche, symbole de l'Incarnation

La disparition des visages sur les personnages de la crèche soulève un véritable débat sur le sens profond de cette tradition. À force de vouloir élargir la symbolique et rendre la scène plus inclusive, on peut s’inquiéter d’une dilution du message original : l’Incarnation, au cœur du christianisme, renvoie à un Dieu fait homme, dont la présence prend corps dans la vulnérabilité d’un enfant. Or, l’absence de traits efface cette humanité permise par les visages. La crèche est porteuse d’un message de paix par essence universel, qui transcende les différences et les frontières. Un message dont le monde a plus que jamais besoin.

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