Ils sont une quinzaine de choristes de Genève à se retrouver pour le jubilé des chorales à Rome. Parmi eux, Cécile et Charles, greffés au groupe par amitié, sont des jeunes mariés quarantenaires qui viennent d’avoir un enfant. Ce pèlerinage est l’occasion pour eux de rendre grâce. "J’ai 45 ans, j’ai tout demandé au Seigneur et j’ai tout reçu : l’espérance ne déçoit pas", confie Cécile. À peine descendue de l’avion, un souci de santé l’oblige à aller aux urgences italiennes. L’attente est interminable avant d'être prise en charge et gardée avec un traitement adéquat et une surveillance rapprochée.
Pendant ce temps, ce samedi 22 novembre, le jour même de la sainte Cécile, le groupe visite l’église de la sainte patronne des musiciens et chante dans la crypte aux fines colonnes en confiant sa sortie de l’hôpital. Charles, lui, jongle entre sa femme hospitalisée et son bébé confié au groupe : "Je n’ai pas vraiment réussi à entrer dans le pèlerinage tant j’étais pris par l’organisation de la situation".
Les heures de marche et les files d'attente ne se comptent pas lorsque l'on vient en pèlerinage à Rome. La mère souffrante suit les nouvelles de son bébé depuis le WhatsApp du chœur qui envoie les photos du poupon, éveillé ou bercé par de multiples bras maternels, dormant dans la poussette, gazouillant dans la Basilique Saint-Pierre. Cécile confie : "J’étais tellement heureuse de suivre grâce aux photos : cela m’a procuré une grande paix et une joie inouïe. Notre famille est une, Louis-Arthur nous précédait".
La grâce d’une bénédiction
Le dimanche 23 novembre a lieu la messe avec le Pape. Le ciel bleu est magnifiquement découvert sur la place Saint-Pierre où tous les pèlerins se couvrent du mieux possible pour résister au froid glacial qui s’installe. Comme tous ici, ce bébé attend, docile… Pendant la messe, il retrouve les bras de son père qui tenait à être là : "J’étais confiant et j’avais bien pensé que Louis-Arthur pourrait être béni par le Pape. Mais c’était un peu surréaliste que ça se produise !".
La célébration vient de finir et les pèlerins en liesse essayent d'attirer l’attention de la papamobile qui vient de quitter l’autel et qui prend la direction de la traverse derrière laquelle s’agite le groupe de la chorale. Ce qui était tant espéré se produit : "Un garde du Pape est venu vers moi, raconte Charles encore bouleversé, et il a soulevé Louis-Arthur jusqu’au Pape qui a regardé mon fils d’un regard lumineux et serein rempli de tendresse. Cela m’a apporté beaucoup de joie".
Cécile connaît des douleurs immenses et transite entre le couloir, la salle commune bruyante et une chambre. Mais à ce moment précis elle peut se connecter à internet et suivre la messe sur les réseaux : "Quand j’ai vu un bébé en turbulette de laine bleue transporté dans les airs jusqu’au Pape, j’ai hurlé : mais c’est mon fils ! c’est mon bébé ! J’ai exulté de joie !".
Infusion de la grâce
Une fois réunis et avec un peu de recul, les parents relisent ce merveilleux moment. De son côté, elle a regardé "en boucles les images parce que cela a été tellement rapide". Son mari reconnaît que "cet événement [le] marque plus que ce qu’[il aurait] pensé. C’est un peu troublant !, confie-t-il, j’ai été tellement rejoint par ce regard bienveillant du Pape et cette simplicité d’un homme qui a pourtant une grande aura. Je ressens encore un grand apaisement, une grande sérénité. Il n’y a plus qu’à la transmettre plus tard à Louis-Arthur et lui témoigner de la ferveur ressentie".
Cécile témoigne de son espérance à toute épreuve. "Dieu peut tout" et s’émerveille encore du visage de son mari quelques heures plus tard : "Il irradiait de joie. Il avait une paisible beauté. Oui c’est ça une beauté sereine. Il était lumineux !".









