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Léon XIV en Turquie : un Credo sans Filioque pour préserver l’unité

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Porte de Lefke de la ville antique de Nicée, ville d'Iznik en Turquie;

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Hortense Leger - publié le 27/11/25
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Léon XIV doit se rendre ce 28 novembre sur les rives d’Iznik (Turquie) pour commémorer, avec une vingtaine de responsables chrétiens, les 1.700 ans du Concile de Nicée. Point d’orgue de cette cérémonie : la récitation du Credo dans sa version originelle, sans la mention “Filioque”. En renonçant à cet ajout théologique, le Pape et les responsables chrétiens présents souhaitent placer l’unité au-dessus des clivages historiques, le temps d’une profession de foi commune.

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Un Credo pour l’unité. Le pape Léon XIV doit se rendre ce 28 novembre à Iznik pour commémorer, avec une vingtaine de responsables chrétiens, les 1.700 ans du Concile de Nicée. Face aux vestiges d’une basilique antique engloutie, ils proclameront ensemble le Credo, première profession de foi du christianisme, sans la mention du "Filioque", signifiant "et du Fils". 

"Faire mémoire du premier concile œcuménique"

Cette commémoration est un événement qui revêt une grande signification "car il s’agit de faire mémoire du premier concile œcuménique.", explique l’archevêque Job Getcha, métropolite de Pisidie, dont le siège se trouve à Antalya. "Nicée a défini les fondements de la foi chrétienne. C’est le premier concile que les orthodoxes et les catholiques partagent. Il est aussi reconnu par les Églises issues de la Réforme."

Devant les ruines d’une basilique antique immergée, les chefs chrétiens réciteront le Credo, la première confession chrétienne. Pour préserver l’unité, le "Filioque", qui signifie "et du Fils", ne sera pas prononcé. Contrairement aux orthodoxes, les catholiques considèrent que l’Esprit saint, troisième personne de la Trinité, procède de Dieu le Père "et du Fils", expression ajoutée après les conciles de Nicée et de Constantinople. Cette omission de la part d’un évêque de Rome ne sera pas une première. En septembre 2025, Léon XIV a par exemple prononcé ce Credo "amputé" du "Filioque", lors d’une célébration œcuménique en la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs. 

Une divergence théologique majeure

Le "Filioque" se trouve au cœur de la discorde entre l’Orient et l’Occident chrétiens. Cette expression latine signifiant "et du Fils" est ajoutée au Credo de Nicée-Constantinople par l’Église d’Occident. Pour certains théologiens, cette insertion a lieu en 447 dans un synode de Tolède. Cependant, l'opinion la plus couramment admise est que c'est en 589, lors du troisième concile de Tolède, que celle-ci a lieu. Tandis que les Églises orientales professent que l’Esprit saint "procède du Père", l’Occident insère progressivement la mention "et du Fils", pointant une divergence théologique majeure. Cette différence, d’abord doctrinale, devient un enjeu politique. En 1014, sous la pression de l'empereur romain-germanique Henri II, le pape Benoît VIII intègre officiellement le "Filioque" au Credo. Ce clivage se cristallise au fil des siècles, alimentant la "Querelle du Filioque", que les orthodoxes invoquent encore comme l’une des principales causes de la rupture avec Rome en 1054. Il reste aujourd’hui le symbole d’un désaccord profond sur la nature de la Trinité et sur l’autorité dans l’Église, une blessure persistante entre catholiques et orthodoxes.

Un monde chrétien encore divisé

La photo des représentants chrétiens réunis à Nicée illustrera l’état de l’unité des chrétiens, un monde encore divisé. Car la rencontre sera marquée par l’absence d’une partie de l’orthodoxie, le patriarcat de Constantinople ayant fait le choix de n’inviter que les Églises orthodoxes constituées au premier millénaire. Le patriarcat de Moscou, qui a rompu la communion avec Constantinople, ne sera pas présent. Cette commémoration sera donc aussi le symbole de déchirures exacerbées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, bénie par le patriarcat de Moscou.

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