Après une après-midi et une nuit à combattre les flammes, les secours continuent leur travail contre ce gigantesque brasier ce 27 novembre au matin, et à rechercher plus de 250 disparus dans un ensemble de gratte-ciel de Hong Kong. L’incendie a fait au moins 55 morts, le pire qu'ait connu la place financière asiatique depuis des décennies. Selon les bilans qui arrivent au compte-goutte, le feu est éteint dans quatre des sept tours touchées par les flammes et est sous contrôle dans trois autres.
Le complexe d’immeubles faisait l’objet de rénovations. L'incendie s'est déclaré mercredi en début d’après-midi. Probablement favorisé par les échafaudages de bambou et les matériaux synthétiques employés à la rénovation, le feu a rapidement gagné sept des huit tours de ce complexe inauguré comprenant près de 2.000 logements. Les policiers cherchent à savoir comment les gratte-ciels ont pu se retrouver mercredi la proie de gigantesques flammes dégageant un impressionnant nuage noir au-dessus de ce territoire réputé parmi les plus densément peuplés au monde. Les forces de l’ordre ont annoncé avoir arrêté trois hommes, après la découverte de matériaux inflammables abandonnés lors de travaux de maintenance qui ont conduit le feu à "se propager rapidement". Ils sont soupçonnés de "grossière négligence", a dit la police.
Solidarité
Une impressionnante chaîne de solidarité de centaines de personnes s'est mise en place spontanément autour du complexe immobilier Wang Fuk Court. Plus de 1.200 personnes ont été mobilisées pour les opérations de secours, selon les autorités de ce territoire à statut spécial de la Chine. Un pompier figure parmi les 44 personnes décédées. Un porte-parole du gouvernement a indiqué à l'AFP que 61 personnes étaient encore hospitalisées, dont 15 dans un état critique.
Derek Armstrong Chan, directeur adjoint du service de lutte contre les incendies, a souligné la difficulté des opérations de secours dans des températures très élevées, et en particulier celle d'accéder à certains étages. Plus de 900 évacués ont été accueillis dans des abris provisoires, où des volontaires apportaient soutien moral et couvertures.
Des personnes y sont arrivées toute la nuit pour signaler la disparition de membres de leur famille, n'arrivant pas à les joindre. Certains étaient assis, hébétés, fixant avec des yeux rougis les écrans de leurs téléphones portables, espérant des nouvelles de leurs proches. Les incendies ont longtemps constitué un fléau à Hong Kong, particulièrement dans les quartiers pauvres. Le renforcement des mesures de sécurité ces dernières décennies a permis de les rendre plus rares. Cependant, le risque est accru par le fait que Hong Kong, qui compte 7,5 millions d'habitants, affiche une densité moyenne de plus de 7.100 habitants au kilomètre carré. Or ce chiffre est jusqu'à trois fois supérieur dans les zones les plus urbanisées. Avec l'exiguïté du territoire, les dernières décennies ont été marquées par la construction d'une profusion de tours pouvant compter plus de 50 étages. Le président chinois Xi Jinping a présenté ses condoléances aux proches de victimes, et appelé à tout faire "pour éteindre l'incendie et minimiser les pertes humaines et matérielles", selon la chaîne publique CCTV.
De son côté, le pape Léon XIV a exprimé sa tristesse après cette catastrophe, alors qu'il est actuellement en voyage en Turquie. Le pape assure les blessés et les familles endeuillées "de sa solidarité spirituelle" et confie les âmes des défunts "à la miséricorde aimante du Tout-Puissant". Il prie aussi pour le personnel d’urgence "qui continue à fournir une assistance médicale et à rechercher les personnes encore portées disparues". Le pape invoque "les bénédictions divines de force, de consolation et de paix" sur la population.








