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“Bethlehem Reborn”, l’exposition qui révèle la force des chrétiens en Palestine

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Jean-Baptiste Noé - publié le 27/11/25
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Dans le cadre du Jubilé de l’espérance, une exposition à Rome fait découvrir la richesse de la présence chrétienne en Palestine. La basilique de la Nativité est mise en valeur remarque le géopoliticien Jean-Baptiste Noé, ainsi que plusieurs objets de la vie quotidienne, témoins d’une tradition séculaire.

La diplomatie du Saint-Siège repose sur le pilier de la permanence historique et s’appuie sur l’art pour développer son influence. L’exposition Bethlehem reborn, qui se tient actuellement à Rome, dans le cadre de l’année jubilaire, passe par le chemin de l’art pour rappeler la dimension historique de la Palestine, et notamment de la ville de Bethléem. Dans le contexte de la guerre qui se déroule à Gaza, elle vise à montrer une autre image de la région, qui n’est pas que guerres et désolations, et à faire connaître l’histoire afin de pouvoir bâtir un monde d’espérance.  

Restauration et coopération

Cette exposition présente la restauration de la basilique de la Nativité, dont les travaux ont duré dix ans, et qui peut de nouveau apparaître dans l’éclat de ses peintures et de ses mosaïques. Les travaux de restauration sont en eux-mêmes un enjeu diplomatique. Outre les fonds nécessaires à collecter, il fallut obtenir de nombreuses autorisations pour réunir une équipe internationale et travailler dans une zone hautement sensible. Cette restauration est en soi-même un dialogue œcuménique puisque, pour la réaliser, il a fallu obtenir le consentement des trois Églises responsables du lieu, soit les Églises franciscaine, arménienne et orthodoxe. C’est là un exemple d’œcuménisme concret, au service d’un projet commun qui est la restauration de cette basilique si importante pour l’histoire du christianisme. Mais c’est aussi l’expression d’un dialogue interreligieux, puisqu’il fallut également les agréments des autorités palestiniennes et israéliennes. Le tout dix ans durant, avec des tensions, des anicroches et des désaccords, mais surtout un projet final atteint et une restauration qui a pu être achevée. L’art et la culture ont ici joué leur rôle de ponts et de coopération.     

Mais la basilique de la Nativité est aussi un élément de fierté pour tous les Palestiniens, et pas seulement pour les chrétiens. Aboutir à une telle restauration, en faisant intervenir et travailler des acteurs locaux, permet de donner une dignité, par le travail et par l’engagement, aux populations locales. Et de montrer un visage autre que celui de la guerre, des bombardements et des fanatismes. Une dignité par la restauration de l’art qui permet ensuite de donner une espérance. Tout comme la naissance du Christ a donné une espérance pour le monde, la restauration de la basilique a donné une espérance aux populations locales. Les expositions organisées dans le monde, dont Rome, pour présenter les travaux et le bâtiment restauré sont autant d’occasions de mettre à l’honneur un autre aspect de la Palestine. 

Vie quotidienne et sainteté

L’exposition romaine, organisée au musée de San Salvatore in Lauro, à proximité du Vatican, porte également sur la vie quotidienne des Palestiniens. Plusieurs vêtements traditionnels du début du XXe siècle sont ainsi présentés, avec leurs éclats, leurs couleurs chatoyantes et les spécificités du tissage local. Les photos de la Palestine des années 1910-1930 mettent un visage sur les lieux et sur les habitants d’une terre qui est surtout exposée dans l’actualité pour ses drames. 

Les visiteurs peuvent également découvrir des objets emblématiques et émouvants, comme une reproduction de l’étoile de Bethléem, qui indique dans la basilique le lieu où Marie a accouché, ainsi que les calices utilisés par les papes, de Jean Paul II à François, lors de leur voyage en Terre sainte. Paul VI fut le premier, en 1964, à effectuer un pèlerinage sur les pas de la vie du Christ. Le voyage que Léon XIV effectuera, quand il pourra s’y rendre, sera un moment important de son pontificat et de la vie de la région. 

Le rôle crucial des communautés chrétiennes

L’exposition évoque aussi la vie de deux religieuses, Mariam Bawardi et Marie Alphonsine, canonisées en 2015 par le pape François. Leurs témoignages de foi et de charité rappellent que cette terre n’est pas condamnée à la guerre et que les communautés chrétiennes ont joué, et jouent encore, un rôle crucial pour le développement et l’entente des populations. 

Ce n’est évidemment pas une exposition qui va résoudre les graves problèmes de cette région, mais en s’appuyant sur l’art, en permettant la coopération de différentes organisations et administrations et en parlant de beauté, de vie quotidienne et de sainteté, l’Église montre qu’il y a d’autres chemins que la guerre, et que l’espérance peut conduire à des réalisations concrètes ici-bas.

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