separateurCreated with Sketch.

L’Ordre de Malte France au chevet des invisibles

Maraude sociale, Paris 18eme.

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Cécile Séveirac - publié le 26/11/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
<em>Face à l’arrivée du froid en France, l’Ordre de Malte France multiplie ses actions de solidarité pour soutenir les sans-abri et les plus isolés, rappelant que la plus grande détresse reste souvent l’isolement, bien plus que la misère matérielle.</em><br>

Le froid a fait son grand retour en France fin novembre, avec des températures négatives et même, par endroits, de la neige. Un temps qui ne donne qu’une envie : se glisser sous la couette avec un chocolat chaud, allumer un feu de cheminée, ou peut-être lancer la première raclette de la saison. 

Une chance que n’auront pas les milliers de personnes qui vivent actuellement sans domicile fixe en France. Difficile de dénicher des statistiques précises, mais la Fondation pour le logement estime leur nombre à 350.000, dont 20.000 à la rue. En 2024, 900 d’entre eux sont morts dans la rue. Face au risque élevé de mortalité lié à l’hiver, l’Ordre de Malte France lance sa campagne annuelle “Urgence hiver”. L’objectif : soutenir les milliers de bénévoles qui, chaque jour, dans toute la France, vont à la rencontre des plus démunis. 

Toute l’année, l’Ordre de Malte France met en place plusieurs actions  destinées à venir en aide aux personnes pauvres et isolées. "Nous arrivons en période hivernale, donc le froid nécessite de fournir des vêtements chauds, une couverture, un duvet" explique à Aleteia Guillaume Romaneix, délégué de l’Ordre de Malte dans les Hauts de Seine. Avec la centaine de bénévoles de son antenne, ce dernier organise deux fois par semaine des maraudes sociales au départ de Boulogne Billancourt et de Rueil Malmaison. 

En plus de la maraude pédestre qui tourne une fois par semaine dans Neuilly et Clichy, l’antenne prévoit deux maraudes sociales véhiculées au départ de Boulogne et de Rueil Malmaison.

Maraude sociale à Toulon.

Rencontrer les plus isolés 

Ces maraudes véhiculées permettent d’agir sur un périmètre plus large et de transporter, si besoin, des personnes vers un centre d’hébergement d’urgence en collaboration avec le Samu social. À l’intérieur, les bénévoles peuvent emporter plusieurs litres d’eau pour servir café et soupes, vêtements, produits d’hygiène et nourriture. Grâce à ces véhicules, l’Ordre de Malte France peut circuler plus facilement dans les grandes villes, mais aussi se rendre en périphérie. "Nous parcourons en moyenne 30 à 40 kilomètres dans la soirée" estime Patrick Chabannes, Responsable Maraudes Sociales de Versailles.

Souvent oubliés, les étudiants sont aussi une cible majeure de l’Ordre de Malte France. Grâce à ses food trucks, l’association permet aux jeunes non boursiers qui peinent à finir leurs fins de mois de manger un repas équilibré et chaud au moins une fois par semaine. Les bénévoles viennent avec leur camion aménagé directement dans les centres universitaires pour assurer la distribution. "Un étudiant nous a un jour confié que cette initiative lui permettait de faire sa machine une fois par semaine, sans sauter un repas" explique ainsi Céline Renimel, responsable du food truck de Cachan.

Food-truck de l'ordre de Malte France
Un Food-truck de l'ordre de Malte France

Pauvreté cachée 

Servir un café chaud et donner des vêtements ne suffit souvent pas. Le manque de soins, et pour beaucoup, de couverture sociale, crée des situations dramatiques pour les plus démunis. Avec des médecins, infirmiers et soignants bénévoles, ces dispensaires mobiles assurent des consultations, délivrent des ordonnances, et font le lien avec les assistantes sociales et les centres communaux d'action sociale (CCAS). Loin de toucher uniquement les grandes villes, cette précarité touche aussi les campagnes où se cache une misère presque inconnue du grand public. Celle des “ruraux”, qui vivent dans les campagnes françaises depuis plusieurs générations, touchés de plein fouet par les déserts médicaux. 

Antenne médicale mobile de l'Eure.

Cette population majoritairement blanche, de classe ouvrière, se sent abandonnée des pouvoirs publics et rejetée de la société, confie à Aleteia Joseph Jouffre, délégué à l’origine de la création de l’antenne médicale de l’Ordre de Malte France dans l’Eure. "Ils vivent dans des conditions très précaires. Malnutris, en manque de soins, beaucoup n’ont pas de carte vitale" résume-t-il. En une journée, le véhicule assure une douzaine de consultations et parcourt parfois plus de 200 kilomètres. "Ce sont des gens qui sont hors système, qui ont besoin d’être reconnus et de rétablir une confiance. C’est un travail de longue haleine, on voit la personne plusieurs fois avant qu’elle n’ouvre sa chemise pour qu’on puisse poser un stéthoscope."

Ainsi, rappelle chacun des bénévoles, le plus important est le lien social tissé avec toutes les  personnes rencontrées. "La pire blessure vécue par les pauvres, c’est l’isolement" rappelle Guillaume Romaneix. "Notre action n’est pas de l’humanitaire mais de la charité", déclare quant à lui Patrick Chabannes. Et de conclure en rappelant l’enseignement de Léon XIV dans son exhortation apostolique Dilexi Te : "Les pauvres ne sont pas un problème social, mais une famille."

En partenariat avec l'Ordre de Malte France

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !