Une sacrée mère courage. Mojca Giacomelli est née dans une famille slovène non-pratiquante. Ce n’est qu’à l’adolescence qu’elle commence à s’intéresser à la spiritualité. Avec sa mère, elle explore différents domaines du new age : horoscope, astrologie, radiesthésie, voyance… "Je me demandais si le sens de la vie se résumait à terminer ses études, trouver un emploi, se marier et avoir des enfants. Cela ne me suffisait pas. Je cherchais quelque chose qui me comblerait vraiment et donnerait un sens plus profond à mon existence." témoigne-t-elle auprès d’Aleteia Slovénie. Mais elle ne trouve pas la paix dans ces pratiques occultes. Elle désire être aimée en tant que personne alors qu’elle ressent, à l’époque, une certaine aversion pour l’Église. Elle accepte malgré tout de participer à des exercices spirituels accompagnée de sa mère, et découvre la proximité avec Dieu. C’est lors d’une retraite en silence à Vipavski Križ, en Slovénie, que Mojca ressent la présence du Christ. "Je suis entrée dans l'église et j'ai senti que Jésus se tenait devant moi, me prenait tendrement dans ses bras comme un bébé, m'embrassait et me disait : "Si le monde entier ne te comprend pas, moi je t'aime."" Depuis ce moment, Mojca commence un chemin de conversion. Elle lit l’Évangile, la vie des saints et s’engage dans des groupes de prière.

Dieu dans l’épreuve
Pendant ses études de pharmacie, Mojca tombe enceinte. "Je me suis dit : qu'est-ce qui va m'arriver maintenant ?" Et la jeune femme tombe en dépression. "Mes amis de l'Église m'ont rejetée parce que j'avais eu des relations sexuelles avant le mariage, tandis que mes amis qui ne fréquentaient pas l'église me disaient que j'étais stupide de ne pas avorter." Dans cette épreuve, sa famille l’épaule ainsi qu’une étudiante, maman elle aussi. "La gynécologue m'a immédiatement proposé une ordonnance pour un avortement, même si je ne le lui avais pas demandé. Mais dans mon cœur, je savais que la vie triomphe toujours." Elle accouche et se marie. Mojca donne ensuite naissance à quatre autres enfants. Elle reste chez elle pour s’occuper d’eux et prend du temps pour lire sur la psychologie, la thérapie familiale et la guérison intérieure.
J'ai puisé ma force dans la foi, convaincue qu'Il m'aiderait. J’ai tout misé sur Jésus.
Mais après 13 ans de mariage, elle divorce. Cette épreuve l’accable : elle ressent de la honte et de la culpabilité. "J'étais effondrée, mais fermement décidée à m'accrocher à Dieu. J'ai puisé ma force dans la foi, convaincue qu'Il m'aiderait. J’ai tout misé sur Jésus." En même temps, Mojca prend conscience des nombreuses grâces qu’elle reçoit. Elle organise son quotidien de manière à aller à la messe tous les jours, pendant que ses enfants sont à l’école. Elle est aussi très active dans plusieurs groupes de prière qu’elle dirige et qui l’aident à tenir le coup. Une idée surgit alors : louer un local dans le centre de la capitale slovène, Ljubljana, pour y créer un lieu où les gens peuvent venir prendre le thé, discuter et prier. "Au début, cela me semblait impossible, car je n'avais pas d'emploi et je ne savais même pas comment je paierais mes factures. Avec mes amies, nous avons prié pour que Dieu permette la réalisation de ce projet, si telle était sa volonté." Peu de temps après, une femme entend son témoignage et propose à Mojca un local, sans loyer à payer. Mojca fonde le centre Živi na polno (“Vivre pleinement”), qui accueille des femmes et leur propose des exercices spirituels spécialement conçus pour elles.

La joie de l’évangélisation
Pour Mojca, "les femmes portent en elles un immense sentiment de culpabilité, d'indignité, d'insécurité, de peur, (...) de déracinement et de soif de Dieu." Des mots durs qui reflètent ce qu’elle a vécu à travers ses différentes épreuves. La slovène se reconstruit par la danse, qui lui permet de prendre conscience de sa féminité et de réparer ce qui a été blessé en elle. "Compte tenu de tout ce que j'avais traversé, cela a été une leçon précieuse pour moi." Aujourd’hui, Mojca fait de l’évangélisation de rue. Un jour, une femme l’aborde et lui demande la source de sa joie. Mojca témoigne alors : "J'ai vécu une expérience très forte qui m'a convaincue que Dieu est vivant, qu'il m'aime et qu'il a de belles choses en réserve pour chacun d'entre nous. C'est pourquoi je souhaite aider ceux qui ne le connaissent pas encore à découvrir qui est Dieu et ce dont il est capable. Je n'aurais moi-même choisi aucune [des] épreuves [que j’ai vécues], mais je n'échangerais pour rien au monde ce que Dieu m'a donné au milieu de tout cela (...) car le fruit qui en découle est très bon." Et Mojca de conclure : "Lorsque nous incluons Jésus dans notre douleur, cette douleur devient une source de salut."











