C’est une défaite supplémentaire pour les promoteurs de l’ "Aide à mourir" dans l’Union européenne. À la question "Soutenez-vous l'entrée en vigueur de la loi sur la fin de vie assistée, qui a été approuvée par le Parlement le 24 juillet 2025 ?", les Slovènes ont répondu "non" à 53% environ, selon les résultats quasi-définitifs. Sur les quelque 1,7 million de citoyens appelés à voter, 40,9% se sont rendus aux urnes. Ce résultat implique que son application sera suspendue pendant au moins un an. Toutefois, cela ne signifie pas l'abandon total de la possibilité du suicide assisté dans ce pays de 2,1 millions d'habitants. Le Parlement aura à nouveau la possibilité de voter sur un nouveau projet de loi après 12 mois.
La Slovénie devait rejoindre plusieurs pays européens dont la Suisse et l'Autriche, qui autorisent déjà des personnes en phase terminale de leur maladie à bénéficier d'une aide médicale pour mettre fin à leurs jours. Mais la détermination de l'Église catholique et de l'opposition conservatrice en a voulu autrement. Craignant par ce vote la banalisation d’une "culture de la mort", ils ont réussi à rassembler les 40.000 signatures nécessaires pour bloquer l'application du texte et convoquer un nouveau référendum. La loi avait en effet été adoptée après un premier référendum en 2024 lors duquel 55% des votants s'étaient exprimés en faveur du suicide assisté. Le retournement est complet.
Un texte qui contredit l’Évangile
Le Premier ministre libéral Robert Golob avait encouragé les Slovènes à soutenir cette loi, estimant que "chacun d'entre nous doit pouvoir décider par lui-même comment et avec quelle dignité nous mettrons fin à nos vies". Ce texte de loi prévoit d'accorder aux patients lucides, incurables et dont la souffrance ou l'état de santé est insupportable, le droit de mettre fin à leurs jours, à l'exclusion des cas de maladie mentale. Le texte n'autorise en revanche pas l'euthanasie, c'est-à-dire la mort provoquée par un soignant à la demande d'un malade. En face, l'Église catholique, a dénoncé sans détour une législation "qui contredit l'Évangile, la loi naturelle et la dignité humaine". Avec les conservateurs de Slovénie, ils ont invoqué le devoir de protection des plus fragiles, accusant le texte de permettre "l’empoisonnement des malades et des personnes âgées".
Parmi les pays européens, outre la Suisse et l'Autriche pour le suicide assisté, les Pays-Bas, la Belgique et le Luxembourg autorisent l'euthanasie, tandis que les députés français ont approuvé fin mai en première lecture la création d'un droit à l'aide à mourir. En France, selon le calendrier législatif, particulièrement bousculé sur ce sujet, les deux textes de loi relatifs à la fin de vie devraient être examinés le 12 janvier au Sénat. Une course contre la montre s’est engagée depuis leur adoption à l’Assemblée nationale en mai dernier. Emmanuel Macron, soucieux de faire adopter une grande réforme sociétale avant la fin de son second mandat, a évoqué la possibilité d'un référendum en cas d'"enlisement" parlementaire.










