La 30e Conférence des Parties (COP 30) de la Convention cadre des Nations Unies sur le changement climatique s'est achevée samedi 22 novembre à Belém au Brésil après plusieurs heures de prolongation pour parvenir à un accord. Celui-ci a été trouvé en toute extrémité, mais il s'agit d'un accord en demi-teinte. Il faut dire que les conversations ont été âpres et difficiles entre les 194 parties représentées à la conférence, avec des intérêts divergents entre les pays développés ouverts aux énergies renouvelables, les grands pays émergents estimant qu'ils ont encore besoin d'énergies fossiles pour parfaire leur développement, et les pays pauvres, surtout désireux de se faire financer leur transition énergétique. Et comme si le sort s'était acharné sur la conférence, un incendie s'est déclaré la veille de la clôture, obligeant pendant quelques heures les négociateurs à suspendre leurs travaux.
Place aux volontaires
Certes, il n'y avait pas de grandes attentes quant au résultat attendu mais un point était plus particulièrement scruté à la loupe : celui de la concrétisation de la sortie des énergies fossiles, dont le principe avait été arrêté lors de la COP 28 à Dubaï. C'est sur ce sujet que le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait fait connaître ses ambitions, en préambule à la session le 6 novembre dernier. Aucune avancée majeure n'a été obtenue, le texte final n'y faisant qu'une référence indirecte sans aucune feuille de route, en raison de l'opposition des grands pays émergents. 80 pays ont même menacé de ne pas signer ce texte, notamment les pays européens, mais se sont ravisés afin de ne pas être taxés de tout rejeter en bloc.
À défaut d'un accord, et comme cela avait d'ailleurs été pressenti avant la conférence, place au volontariat. Les pays volontaires, notamment ceux membres de l'Union européenne, se sont engagés pour avancer ensemble dans ce domaine, ce qui est finalement peut-être plus sûr et plus concret qu'une grande déclaration solennelle. C'est aussi le cas de la Colombie qui s'est montrée très offensive en la matière et qui prévoit d'organiser, l'an prochain, une grande conférence sur la sortie des énergies fossiles.
Une des trois plus mauvaises conférences
Autre motif d'insatisfaction, alors que la conférence se tenait en Amazonie, aucun accord n'a non plus été trouvé sur la question de la déforestation. Malgré tout, d'autres thèmes ont été plus heureux. Sur le point sensible de la finance climatique où un accord de principe avait été obtenu lors de la COP 29 tenue l'an dernier à Bakou, un progrès notable a été effectué avec l'adoption du triplement des moyens affectés à cet objet d'ici 2035.
Pour autant, c'est la déception qui prévaut chez la majorité des observateurs, dix ans après le COP 21 de Paris qui avait fixé des objectifs ambitieux en matière de réduction des températures. Certains disent même qu'il s'agit d'une des trois plus mauvaises conférences depuis le Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, ce qui constitue, de fait, un mauvais anniversaire pour le même pays hôte qui espérait forcément en retirer un avantage diplomatique et politique.
Multilatéralisme et coopération
Pour autant, cet anniversaire doit être l'occasion, indépendamment de tout ce qui n'a pas été fait et reste à faire, de regarder le chemin parcouru en plus de trente ans. Pratiquement tous les États sont désormais engagés, d'une manière ou d'une autre, dans la lutte contre les changements climatiques. Bien sûr, l'absence des États-Unis, l'un des plus gros contributeurs des émissions de gaz à effet de serre, a été remarquée mais le temps n'est plus où cette absence, à elle seule, aurait disqualifié les résultats d'une telle réunion. Aujourd'hui, selon le vieil adage, ce sont les absents qui ont tort et qui s'enferment dans leur solitude alors que le multilatéralisme s'impose progressivement.
Comme à chaque fois, les yeux se tournent désormais vers le prochain épisode, la COP 31 qui se tiendra en novembre 2026 à Antalya en Turquie, avec des négociations qui seront conduites par l'Australie. Multilatéralisme mais aussi coopération sont désormais les maîtres mots.

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