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Peur, colère, sommeil… Ces jeux qui aident les enfants à grandir

Ces jeux qui aident les enfants à grandir

Reconnaître ses émotions, coopérer, résoudre un conflit ou prendre une décision sont autant de bases que le jeu peut installer en douceur.

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Anna Ashkova - publié le 23/11/25
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Jouer, rire, grandir… De nombreux jeux de société offrent aux enfants un terrain pour apprivoiser leurs émotions, développer leur confiance en soi et apprendre à coopérer, tout en s’amusant et en expérimentant le monde qui les entoure. 

Les émotions prennent aujourd’hui une place centrale dans l’éducation. Beaucoup d’enfants expriment stress, anxiété ou difficultés à gérer ce qu’ils ressentent. L’urgence est réelle. Selon le Baromètre Ipsos 2025, un adolescent sur quatre serait concerné par une suspicion d’anxiété généralisée et près de 40% présenteraient des symptômes dépressifs. C’est pourquoi le plan porté par la Haute commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, encourage l’éducation émotionnelle dès le plus jeune âge. Parmi les nombreux supports qui peuvent aider les parents sur ce chemin, les jeux lifeskills (de l'anglais compétence de vie), conçus pour développer empathie, expression de soi ou coopération, offrent une réponse simple et accessible. Reconnaître ses émotions, coopérer, résoudre un conflit ou prendre une décision sont autant de bases que le jeu peut installer en douceur. 

Impulsivité, anxiété, coucher difficile...

"Jeune, l’enfant apprend à reconnaître ce qu’il ressent et à ajuster son comportement en fonction de ses émotions. Au fur et à mesure qu’il grandit, il apprend à se concentrer, à coopérer et à gérer ses émotions", explique à Aleteia Laure de Fleurian, cofondatrice du cabinet pédiatrique Kidcare à Boulogne-Billancourt. La psychomotricienne précise : "L’autorégulation est le socle pour tout le reste."

Le jeu favorise justement cette régulation, qu’elle soit émotionnelle ou comportementale, car il poursuit un objectif précis qui implique une action : attendre son tour, coopérer, gérer la frustration, accepter la défaite, persévérer... Autant de micro-compétences qui structurent la vie d'un être humain. Ainsi, les jeux coopératifs comme Le Premier Verger renforcent cette dynamique. Parents et enfant avancent main dans la main vers le même objectif, sans rivalité. Avec Je découvre mes émotions, par exemple, l’enfant aide un personnage à clarifier ce qu’il ressent. "En aidant un personnage, il s’aide lui-même. La transposition se fait toute seule", note Laure de Fleurian, qui utilise souvent ce jeu dans son cabinet. Pour un enfant impulsif, des jeux avec actions immédiates comme SOS Ouistiti aideront à focaliser l’attention et le travail sur la stratégie. 

Ces jeux qui aident les enfants à grandir
Reconnaître ses émotions, coopérer, résoudre un conflit ou prendre une décision sont autant de bases que le jeu peut installer en douceur.

D’autres auront besoin de rituels ludiques du soir qui les aident à trouver le sommeil et à apaiser les angoisses. Célina Buttin, fondatrice de La Tribu Kafékouche témoigne : "Avec ma fille, le coucher était devenu très compliqué et plus la situation se tendait, plus elle nous sollicitait et plus nous étions fatigués, tendus et incapables de la coucher sereinement." Partant de sa propre expérience, elle a imaginé, en collaboration avec le Collectif "Je suis Infirmière Puéricultrice", un outil capable de casser cette dynamique de tensions pour ramener douceur et complicité au coucher, le jeu plateau Dodo Doudou. L’objectif du jeu étant d’endormir tous les doudous. Simple, visuel et apaisant, ce moment devient la dernière étape avant l’endormissement de l'enfant.

Maxime, lui, aime jouer le soir avec sa fille Raphaëlle au Jeu des émotions papapotivive.fr. "Raphaëlle a 4 ans. Elle a un problème au niveau de la gestion de ses émotions. Sa psychologue nous a conseillé ce jeu et il marche à merveille. Chaque semaine, on s’installe en famille et on pioche une carte qui correspond à une question ou une action (Raconte une situation où tu as eu un fou rire; Quand tu es en colère, quelle est ta météo intérieure : éclair, nuage noir, soleil, vent…). Elle identifie mieux ses sensations et nous aide à trouver un calme le soir", témoigne le jeune papa. 

La vie quotidienne, un beau terrain de jeu 

Si les jeux lifeskills aident vraiment de nombreux enfants, Laure de Fleurian rappelle l’essentiel : "Le jeu doit générer du plaisir. Il ne doit pas se transformer en lieu d’entraînement ou mettre l’accent uniquement sur les points faibles de l'enfant. L’idée est de stimuler l’enfant et non de le mettre en échec." La spécialiste note également que le quotidien est lui aussi un terrain d’apprentissage qui permet de développer de nombreuses compétences. "Plus un enfant se sent impliqué dans des tâches quotidiennes, plus il est ravi d’aider", souligne la spécialiste, coauteur de J’ai une question, Docteur (ed. DE BOECK SUP).

Le jeu doit générer du plaisir et intéresser l’enfant. Il ne doit pas se transformer en lieu d’entraînement ou mettre l'accent uniquement sur les points faibles de l'enfant.

Ainsi, mettre le couvert, vider le lave-vaisselle, ranger la chambre, étendre le linge devient un mini-défi qui exerce coopération et persévérance. Et si le parent prend le temps de faire la tâche avec son enfant, ce dernier progresse rapidement et profite aussi du temps de présence de son papa ou de sa maman à ses côtés. Laure de Fleurian invite à valoriser chaque étape pour renforcer l’autonomie et la joie de grandir de son enfant.

Que ce soit à travers un jeu ou à travers une tâche accomplie avec son parent, l’enfant apprend à coopérer, à gérer ses émotions et à développer sa confiance en lui, tout en prenant plaisir à expérimenter et à grandir pas à pas.

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