Ils sont de retour en France depuis août dernier, après deux années passées sur un autre continent comme volontaires Fidesco, une ONG catholique de solidarité internationale présente dans près de 30 pays à travers le monde. Paul et Blanche-Marie, Arthur et Fanny, deux couples qui ont mis de côté leur confort et leur vie professionnelle pour partir en mission humanitaire, le premier au Cameroun, le second au Timor oriental. Parents de jeunes enfants, ils ont longuement réfléchi avant de se lancer dans l’aventure. À leur retour, ils racontent comment cette expérience a contribué à souder leur famille et partagent leur émerveillement face aux facultés d’adaptation de leurs enfants.
Des craintes légitimes
Pour Bruno, responsable de la formation chez Fidesco, les candidats à la mission en famille expriment fréquemment les mêmes freins au départ, tous parfaitement légitimes. Reviennent notamment l’inquiétude au sujet de la santé des enfants, la peur qu’ils ne trouvent pas leur place dans leur nouvel environnement, ou encore la crainte que la mission n’accapare trop les parents. Paul et Blanche-Marie ont servi en tant qu’économes dans le diocèse de N’gaoundéré, au Cameroun, et sont partis avec leurs deux garçons alors âgés de 3 et 5 ans. "Notre principale crainte concernait l’intégration des enfants. Autant, nous étions sûrs de faire le bon choix pour nous, mais ce choix était-il bon pour nos enfants ? Cela a été une vraie question, un élément central de notre discernement", se souviennent Paul et Blanche-Marie.

Arthur et Fanny, parents de deux enfants de 3 ans et 18 mois à l’époque, sont partis à Baucau, deuxième ville du Timor oriental, comme formateurs dans un institut fondé par des frères maristes australiens afin d’épauler les professeurs. Avant le départ, leurs réticences concernaient surtout la santé de leurs enfants et le système de soins. "Pour dépasser ce stress, nous avons identifié dès notre arrivée les lieux où nous pourrions être soignés", expliquent-ils.
Des facultés d’adaptation incroyables
Une fois sur place, la manière dont les enfants s’adaptent étonne et rassure à la fois les parents. "C’était notre première expérience en Afrique, le changement de vie était radical, mais les garçons se sont très bien adaptés, sans se poser trop de questions", confient Paul et Blanche-Marie. Et les parents observent les mêmes qualités chez leurs enfants au moment du retour en France. "Nous, nous sommes pris dans la réflexion de trouver un travail, de penser à quoi va ressembler notre avenir, eux, c’est comme s’ils avaient toujours été là !"

Quant à Arthur et Fanny, eux aussi sont les témoins émerveillés des capacités d’intégration de leurs enfants. "Nous avons appris à connaître les Timorais grâce et à travers nos enfants. Ils nous ont ouvert des portes. On était "le papa d’Esther" et "la maman de François", témoignent-ils.

Un nouvel équilibre familial
Cette parenthèse familiale est aussi l’occasion de resserrer les liens, de créer un nouvel équilibre familial sur place, et au retour de créer une vraie complicité en se remémorant les expériences vécues. "Nous avions un bon équilibre de vie, j’avais des horaires aménagés qui me permettaient d’être présente à la sortie de l’école, et les jours où j’avais des réunions qui se finissaient plus tard, la nounou prenait le relais", raconte Blanche-Marie.
Ce qui a marqué Paul, son mari, c’est l’unité de vie que la vie africaine leur offrait. "Ici, la vie est très compartimentée, là-bas, il n’est pas rare de voir des enfants sur le lieu de travail, et même des bébés dans leur couffin à côté d’un bureau ! J’ai beaucoup aimé cette unité de vie", confie-t-il. Une unité qui comprenait aussi leur foi. "Nous travaillions pour le diocèse, Dieu était présent partout dans notre quotidien, c’est vivifiant pour la foi", témoignent-ils.

Chez Arthur et Fanny, le fait de passer beaucoup de temps en famille, les loisirs et la vie sociale étant restreints, a contribué à créer "une petite cellule familiale" et à resserrer les liens. "Sans compter qu’on travaillait au même endroit !", soulignent-ils. "On était une équipe, la communication était très spontanée, quand l’un avait un coup de mou, l’autre prenait le relais". Il demeure aujourd’hui une complicité au sein de la famille. "On utilise parfois des mots de là-bas, on a un vocabulaire bien à nous !", partagent-ils dans un sourire.
De retour depuis peu, il est encore tôt, pour ces couples, pour percevoir tous les fruits de la mission. Mais l’un des bienfaits immédiatement observables, c’est l’esprit de simplicité qui demeure. "Là-bas, la vie était très simple, donc les enfants n’ont pas d’attentes particulières, et un rien les émerveille, comme les avions, les escalators dans les grands magasins ou encore la chantilly !", racontent Arthur et Fanny. Un état d’esprit que leurs parents espèrent conserver comme un fruit durable de leur mission.
En partenariat avec Fidesco
Pratique
En partenariat avec Fidesco










