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“Ne le cachez pas” : le premier forum de l’emploi 100% scout s’ouvre à Paris

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“Ne le cachez pas” : le premier forum de l’emploi 100% scout s’ouvre à Paris

Crédit : Guillaume Baudin de la Valette I Scouts Unitaires de France

Le tout premier forum de l’emploi à destination des chefs et cheftaines scouts se tient à Paris les 20 et 22 novembre. L'objectif : valoriser leurs compétences acquises au scoutisme et favoriser leur insertion sur le marché du travail.

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Le doute n’est plus permis : ceux qui sont passés par le scoutisme ne doivent pas le dissimuler dans leur CV. C’est en tout cas le constat que fait Pierre Guillet, ancien chef scout et PDG d’Hesion, une entreprise de logiciels, nommé à la tête des Entrepreneurs et dirigeants chrétiens (EDC) en mars 2022. Ce dernier se rend ce 20 et 22 novembre à un événement inédit dans l’histoire du recrutement : le premier forum de l’emploi, 100% scout. Le principe ? Permettre à des chefs et cheftaines d’unités et des anciens, de rencontrer des entrepreneurs, des recruteurs, des dirigeants d’entreprise, pour faciliter leur insertion sur le marché du travail. Près de 300 personnes venues de toute la France sont attendues. "Les inscriptions n’arrêtent pas de grimper", se félicite Delphine Brosseaud, directrice déléguée du Rasso, l’association des aînés et anciens des Scouts et Guides d’Europe, organisatrice de l'événement avec les Scouts unitaires de France (SUF), les EDC et les Guides et Scouts d'Europe.

Depuis plusieurs années, les qualités et compétences développées dans le cadre du scoutisme sont de plus en plus plébiscitées par les recruteurs. Au point que 98% des dirigeants d’entreprise et encadrants considèrent que l’expérience scoute est un atout dans le cadre du recrutement d’un collaborateur, selon une étude IFOP « Impact social du scoutisme » menée en septembre 2024. Le problème pour tous ces jeunes engagés au sein d’unités scoutes ? Pouvoir concilier vie professionnelle et encadrement de jeunes, et se dégager suffisamment de temps pour vivre leur camp d’été. Une période pourtant charnière de la vie étudiante, souvent vécue en stage, loin des feux de camp. Il y a trois ans, le Rasso avait mené une étude et révélé que pour "74% des chefs et cheftaines, trouver un stage serait un véritable défi". Partant de ce constat, l’association avait lancé l’opération « 1 chef, 1 stage, 1 camp » avec les EDC : en recrutant un chef scout et en valorisant leurs compétences, les recruteurs s’engageaient à laisser partir leur stagiaire pour leur camp.

Carrefour de rencontres

L’opération avait été un franc succès. Une bonne occasion de mener la réflexion plus loin. "La clé dans le recrutement, c’est la rencontre. Rien ne vaut le contact direct en présentiel", assure Delphine Brosseaud. Avec les EDC, le Rasso échafaude l’idée d’un forum, qui permettrait à des anciens et des chefs scouts de rencontrer des cadres ou des dirigeants d’entreprises. Un "carrefour de rencontres" doublé d’ateliers de formations animés par des recruteurs, comme savoir rédiger un CV ou se préparer à un entretien d’embauche. Des tables rondes animeront également ces deux journées, sur l’importance du scoutisme dans la vie professionnelle. "On vous aide à vous insérer et on vous accompagne pour être scout au bureau", résume Delphine Brosseaud. Carrefour, Pink mobility, entreprise de champagne, accompagnement scolaire avec Alveus… Tous les secteurs de métier seront représentés, avec une forte présence du secteur associatif. "Cela n’a rien d’étonnant, le milieu associatif se retrouve dans les valeurs du scoutisme", analyse-t-on au Rasso.

Des couteaux suisses

De quelles valeurs parle-t-on, au juste ? "D’enracinement et de simplicité", répond Pierre Guillet, du tac au tac. La liste de compétences développées dans cette vie rude, sur les chemins ou dans la forêt, au service des autres, n’est pas exhaustive : "Les chefs scouts ont des niveaux de responsabilité qu’on ne retrouve nulle part ailleurs. Gérer le budget (environ 10 000 euros) d’un camp à 20 ans n’a rien d’anodin." Les entreprises cherchent avant tout à valoriser des "soft-skills" (savoir-être) chez les jeunes talents qu’elles recrutent. Il semble que le scoutisme permette de cocher un bon nombre de cases. "Dans leurs activités, ils apprennent la fiabilité, le travail en équipe, la communication, la débrouillardise et l’écoute des anciens. Il y a un vrai besoin pour eux de retrouver ces valeurs au travail et de donner du sens à leur expérience professionnelle."

Des données que confirme cette étude réalisée en septembre 2024 par l’IFOP : 73% des personnes interrogées avaient alors estimé que leur expérience scoute avait été un atout durant leur entretien. Par ailleurs, 40% des anciens scouts ont connu une période de chômage, plus de 20 points de moins que le grand public. "Ces jeunes s’adaptent facilement et ce sont de vrais couteaux suisses, reprend le patron des EDC, passé par toutes les étapes du scoutisme et qui sera présent au forum avec sa casquette d’entrepreneur. Ils ont une capacité à gérer des situations très différentes facilement. Ce sont des managers très jeunes et ils ont le sens du concret. Ils sont bons pour affronter des vies chahutées et c’est ce que recherche un recruteur, à l’heure où les entreprises traversent des changements d’ampleur, notamment avec l’IA. Ils ne doivent pas cacher cette expérience. Cela leur profitera."