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La prise de parole inattendue de Nicki Minaj sur les persécutions au Nigeria

Nicki Minaj à l'ONU le 18 novembre.

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Cécile Séveirac - publié le 19/11/25
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La rappeuse Nicki Minaj a alerté mardi 18 novembre à l’ONU sur les persécutions subies par les chrétiens au Nigeria, victimes de violences récurrentes dans un pays en proie à une profonde instabilité.

C'est un discours qui n'est pas passé inaperçu et auquel peu de monde s'attendait. Mardi 18 novembre, alors qu'elle était invitée à la Mission des États-Unis auprès des Nations Unies à New York, la rappeuse Nicki Minaj s'est exprimée sur le sort des chrétiens au Nigeria, qui subissent depuis plusieurs années de violentes persécutions.

"Au Nigeria, les chrétiens sont pris pour cible, chassés de leurs foyers et tués. Des églises ont été incendiées. Des familles ont été déchirées, et des communautés entières vivent constamment dans la peur, simplement à cause de leur manière de prier", a ainsi affirmé la star. "Je veux être claire : protéger les chrétiens au Nigeria n’a rien à voir avec le fait de prendre parti ou de diviser les gens. Il s’agit d’unir l’humanité" a-t-elle encore déclaré.

La rappeuse au style très sulfureux, connue pour ses clips provocateurs pour ne pas dire grossiers, a déjà évoqué sa foi chrétienne par le passé. Elle a également soutenu l'annonce tonitruante de Donald Trump qui évoquait l'intervention des États-Unis au Nigeria : "Si le gouvernement nigérian continue à autoriser le massacre des chrétiens, les États-Unis cesseront immédiatement toute aide et assistance au Nigeria, et pourraient très bien envahir ce pays désormais discrédité", a écrit le président américain sur son réseau social.

Les chrétiens, cible majeure

Des propos qui ont ensuite beaucoup fait réagir quant aux accusations de génocide perpétré contre les chrétiens. De nombreux médias et observateurs, se saisissant des menaces de Donald Trump, ont ainsi remis en cause l'idée d'un massacre dirigé spécifiquement contre les chrétiens. Le Nigeria est en effet soumis à une instabilité majeure qui touche indistinctement les civils, toutes confessions confondues. Les causes de cette violence sont multifactorielles : trafics d'être humains, affrontements entre populations peules musulmanes et agriculteurs chrétiens, incursion du djihadisme avec Boko Haram et autres groupes islamistes affiliés... Si le terme de "génocide" est questionné en Europe, l'Église au Nigeria affirme sans détour que les chrétiens en sont victimes : "Il ne s’agit pas seulement de questions de pâturage. Pour moi, c’est une guerre de religion", déclarait ainsi en 2021 Mgr Wilfred Anagbe, évêque du diocèse de Makurdi, dans l’État de Benue (Nigeria), lors d’une conférence organisée par l’Aide à l’Église détresse (AED). "Ce n’est pas un affrontement, c’est un lent génocide. Déplacer des personnes de leur terre ancestrale, les priver de leurs moyens de subsistance et les massacrer est une forme de génocide", témoignait quant à lui le père Joseph Fidelis, du diocèse de Maiduguri.

Maisons incendiées, bétail confisqué, discriminations dans la recherche d'emploi : la persécution est incontestable. Les chrétiens sont considérés comme des citoyens de seconde zone dans pas moins de douze États du Nigeria qui appliquent la charia. Les conversions de l'islam au christianisme sont presque impossibles. Entre octobre 2019 et septembre 2023, un rapport de l’Observatoire de la liberté religieuse en Afrique (ORFA) faisait état de 55.910 morts au total dans des violences "ethniques et religieuses" : parmi les civils tués, 16.769 étaient chrétiens, 6.235 musulmans. Rien qu'en juin 2025, près de 200 personnes ont été massacrées au sein de la mission catholique de Yelwata par trois groupes de bergers Peuls.

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