Voici le temps de Noël, les rues des villes se colorent de guirlandes étoilées, les vitrines scintillent de mille feux pour attirer le chaland à la recherche de cadeaux pour les familles et les amis. Les Pères Noël sillonnent les rues aux accents des musiques traditionnelles : "marrons, chauds les marrons !" Cette parenthèse hivernale se veut enchantée. L’est-elle vraiment, sans le sens réel de ces fêtes chrétiennes ?
Le Père Noël à l’église
Voici le temps de Noël, le retour des polémiques. Ici, l’on ne veut pas de crèche et tout en confiant leur sort au tribunal administratif, on inonde les journaux, les réseaux sociaux, les médias en tous genre de vaines polémiques. On pourrait chaque année reprendre les mêmes arguments : d’un côté, la laïcité d’abord qui doit être scrupuleusement respectée, et de l’autre la tradition, notre culture chrétienne, etc. Chaque année, cependant, les attaques se font plus nombreuses, plus virulentes et parfois créatives comme cette personne qui arrive dans une église sans crier gare et installe un Père Noël. Interpellé par le responsable de la paroisse, il se justifie avec aplomb : "C’est un bâtiment public, il appartient à la mairie, on peut faire ce que l’on veut." Sidérant. Je suis obligé de préciser tant cela semble incroyable que c’est un fait authentique qui s’est déroulé la semaine dernière en Normandie.
Comment voulez-vous avancer dans ce climat d’ignorance ? Notre société post-moderne s’éloigne du religieux. Il faut réagir, certes, et surtout ne pas laisser faire n’importe quoi au nom des libertés mal comprises. Réagir ensemble pour montrer la force et le nombre des catholiques indignés, blessés. C’est essentiel, ce n’est pas suffisant.
Les "fêtes de fin d’année"
Les raisons qui conduisent à repousser les signes chrétiens ont toujours existé. Depuis deux millénaires, des hommes fustigent la religion et les catholiques en particulier au nom de la raison. Aujourd’hui, les mêmes attaques perdurent, mais il faut en analyser les causes profondes car quelque chose a fondamentalement changé : la culture chrétienne vivifiait notre pays, elle s’est érodée, elle n’est plus la pierre angulaire de la nation. Les Français et les Européens dans leur ensemble savaient qui était Jésus et Marie, que Noël était la nativité et Pâques la résurrection. Aujourd’hui, l’on est passé aux "fêtes de fin d’année" et bientôt ce sera la "fête du printemps". Désolons-nous, mais agissons !
Dans une tribune récente d’Aleteia, le père Jean-François Thomas évoquait cette grande oubliée, la charité intellectuelle. Comme il a raison ! J’ajouterais la charité culturelle. Depuis des générations maintenant, les jeunes n’ont aucune instruction religieuse alors que notre pays les interroge à chaque pas, à chaque regard. Expliquer, commenter, préciser ce que sont les églises, les calvaires, les œuvres d’art qui abondent dans les cathédrales et les musées, n’est-ce pas nécessaire dans une France, dans une Europe forgée par l’Église, les moines, les institutions respectueuses de Dieu ?
La charité de la culture
Il ne s’agit pas là de faire du prosélytisme comme vont tout de suite le soupçonner les rationalistes mais tout simplement de raconter. La charité culturelle est une ouverture d’esprit, une révélation du beau, de l’art du peintre, celui de l’architecte, une reconnaissance dans le temps du geste de l’artisan et de son commanditaire. La charité culturelle respecte les autres et crée des relations différentes, plus belles, plus fortes à l’image de cet étudiant qui visitait Fourvière, venu au secours d’une famille perdue dans un décor incompréhensible. Le jeune homme a expliqué ce qu’était "l’âme mariale de Lyon" à travers les vitraux et les mosaïques de la basilique et pourquoi la Fête des lumières est en réalité la célébration de l’Immaculée Conception. A-t-il converti ? Probablement pas, mais il a fait œuvre de charité culturelle. Cette famille désemparée a compris le sens religieux des œuvres qui l’intriguaient.
La charité culturelle est la réponse à opposer aux tenants de la raison. Plus les peuples comprendront leur histoire, leurs traditions, le sens profond des fêtes, plus ils les aimeront et les respecteront. Notre France aime son patrimoine, c’est une chance pour expliquer ses liens indéfectibles avec le catholicisme. La défense et la promotion du patrimoine est un acte de charité culturelle.










