separateurCreated with Sketch.

Amandine Cornette de Saint-Cyr : “Lourdes, c’est un coin de ciel sur la terre !”

Amandine Cornette de Saint-Cyr

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Raphaëlle Coquebert - publié le 17/11/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Quand elle apprend la récidive du cancer du sein de sa mère adorée, l’écrivaine Amandine Cornette de Saint-Cyr ne voit qu’une issue : se rendre à Lourdes pour demander un miracle ! Ce pèlerinage impromptu et détonnant constitue la trame de son dernier livre, "<em>Au secours, Marie !</em>", un récit plein de fraîcheur, savoureux et nourrissant.

Elle ne manque pas d’aplomb, Amandine ! Entraîner deux jours durant sa mère à la veille de sa chimio, dans le sanctuaire marial, alors que cette dernière ne jure que par les salons parisiens ! Une galeriste connue du tout-Paris, égérie de Pierre Cardin et insatiable croqueuse d’hommes à Lourdes ? Le miracle commence là et n’en finit pas de se déployer, tant la jeune quinquagénaire y met de cœur… et de foi. Une foi éclose dans les tourments de ses 20 ans devant une statue de sainte Rita, sujet de son livre précédent Au secours sainte Rita (2024).

Aleteia : Emmener votre mère sur les traces de Bernadette, c’était un sacré pari, non ?
Amandine Cornette de Saint-Cyr : Pas tant que ça ! Ma mère [Sylvana Lorenz, NDRL] est un OVNI, une personnalité haute-en-couleur totalement inclassable. Certes, c’est une habituée du Gotha parisien, friande des mondanités… mais pas snob pour un sou. Elle est bien trop généreuse pour ça ! Combien de "cassos" ai-je vu défiler chez elle ! Elle a tellement d’amour à donner… Et si elle est tout sauf une grenouille de bénitier, elle a un fond religieux : d’origine italienne, elle est issue d’une famille pieuse, où les saints font partie du paysage : saint Antoine, sainte Rita…

Votre relation avec elle n’a apparemment rien d’un long fleuve tranquille. Pourquoi ?
C’est une relation passionnée, donc conflictuelle. Nous sommes tellement aux antipodes l’une de l’autre ! Et pourtant si fusionnelles… C’est très mystérieux. Sur le plan intellectuel, je me nourris beaucoup de nos échanges. Ma mère m’épaule et m’accompagne dans mon travail d’écrivain. Sur le plan spirituel, je lui dois ma rencontre avec sainte Rita. 

C’est elle qui vous l’a fait connaître ?
C’est ça. J’étais relativement indifférente à la foi durant l’enfance. Bien que ma mère soit catholique et mon père protestant, la religion occupait peu de place dans notre quotidien. Mais à l’adolescence, j’ai commencé à aller mal : j’étais en proie à de telles questions existentielles que ma mère m’a conduite à l’église Saint-Augustin (VIIIe arrondissement de Paris) pour me présenter à sainte Rita, patronne des causes désespérées ! Je l’ai suppliée de m’aider à trouver ma voie, et elle m’a répondu. Voilà 25 ans qu’elle est ma compagne d’âme et de vie.

Pendant deux jours, ma mère et moi nous sommes senties comme enlacées par les bras de la Vierge.

En revanche, c’est vous qui suggérez à votre mère ce pèlerinage à Lourdes pour implorer sa guérison. Pourquoi Lourdes ?
J’ai fait pas mal de pèlerinages dans ma vie, mais n’avais jamais été à la grotte de Massabielle. Au vu des risques que courait ma mère pour sa santé, Lourdes s’imposait : n’est-ce pas le lieu des miracles par excellence ? J’en relate pas mal dans mon livre, ceux reconnus par le bureau des constatations médicales et d’autres, que m’ont rapportés en direct ceux qui en ont bénéficié. Je n’ai pas regretté ce choix : dès l’arrivée, ça a été très fort ! Lourdes, c’est un coin de ciel sur la terre. Pendant deux jours, ma mère et moi nous sommes senties comme enlacées par les bras de la Vierge : un apaisement profond a balayé nos peurs. 

Avez-vous aussi été touchée par la figure de sainte Bernadette ?
Ce qui me frappe, c’est que la Vierge choisit toujours des gens simples pour transmettre son message. Le paysan mexicain Juan Diego à Notre-Dame de Guadalupe, Catherine Labouré rue du Bac, des petits bergers à la Salette et Fatima… Bernadette vivait tout de même, selon les termes du procureur, dans "un bouge infect et sombre" ! Sa pureté d’âme fait mon admiration, mais je ne peux pas dire que je la prie. Je suis toute tournée vers Marie : c’est ce qu’elle aurait voulu d’ailleurs, elle s’est effacée pour mieux mettre en lumière la mère du Christ. Elle s’est fait le réceptacle de sa parole. 

Grotte de Massabielle, Notre-Dame de Lourdes.

Votre mère a-t-elle été aussi remuée que vous par ce pèlerinage ?
Sur la question de la guérison proprement dite, je ne vais pas vous raconter la fin : je vous renvoie à mon livre ! Ce que je peux vous dire, c’est que ma mère ayant été très blessée par sa propre mère, elle peinait à s’approcher de la Vierge Marie, archétype de l’image maternelle. D’autant que son cancer était au sein, ce qui est aussi un symbole de maternité… À Lourdes, elle s’est réconciliée avec l’image de la mère : avec la Vierge, mais aussi avec sa propre mère. Il faut dire qu’on est là au pays de la Mère universelle. Miracle ou pas, c’est déjà un très beau fruit de notre périple dans les Pyrénées. J’avais envie d’en témoigner pour tous ceux qui n’ont pas idée de se tourner vers le ciel dans la détresse. C’est pour ceux-là que j’écris. Je me considère en mission.

En mission ? Qu’entendez-vous exactement par là ?
À première vue, si vous considérez mon pedigree ou me "googlisez", je pourrais peut-être vous paraître mondaine. Mais c’est à mille lieues de la réalité ! Je mène une vie assez solitaire, je dirais même très monacale. Ma seule ambition est de servir le Seigneur : j’essaie de le faire à travers mes livres. Voilà plusieurs années que je suis immergée dans la vie de saints : j’ai écrit sur sainte Rita, mon prochain ouvrage sera sur Thérèse de Lisieux. Je veux donner de l’espoir aux gens, surtout ceux qui sont loin de Dieu ou de l’Église. J’essaie de le faire avec humour et légèreté, pour toucher un large public. Ça n’a l’air de rien, mais ça n’est pas si simple, car la vie m’a éprouvée : ma fantaisie, je la réserve à mes livres, pour y faire entrer la lumière !

La foi a donc une place centrale dans votre vie. Et l’Église ?
Je suis loin d’être une parfaite catholique, mais je vais à la messe le dimanche.  J’éprouve aussi le besoin de me rendre à l’église quasi quotidiennement pour prier. Quelque part, Dieu est comme mon chef, mon employeur : aussi ai-je vraiment besoin de Lui parler ! Et plus j’écris sur des saints, plus ma soif se creuse. En même temps, plus le combat spirituel se fait âpre. Mais c’est le prix à payer : depuis très longtemps, j’attends d’être dans mon axe, mon alignement. Aujourd’hui, je le suis pleinement.

Pratique

Au secours Marie !, Amandine Cornette de Saint Cyr, Éditions Fayard, 169 pages, novembre 2025, 19 euros.
Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)