Dans divers documents, l’Église catholique a établi des directives précises pour la vénération des images sacrées. Le concile Vatican II et le Catéchisme de l’Église catholique en sont les sources les plus récentes, mais ces règles remontent au concile de Nicée II en 737.
Les images du Christ, de la Vierge Marie et des saints occupent une place essentielle dans les églises catholiques du monde entier. Leur vénération est une pratique ancienne, solidement ancrée dans la doctrine. Toutefois, leur exposition obéit à des règles précises afin d'éviter tout excès et dérives, comme l'idolâtrie.
Parmi les règles qui régissent l’exposition d’images de saints, peut-être vous êtes-vous déjà demandé si une église pouvait posséder plusieurs images du même saints ? En effet, il existe des statues de saint Joseph endormi, de saint Joseph avec l’Enfant Jésus, d’autres avec Jésus et Marie, ou encore de saint Joseph seul. Mais est-il possible de les réunir toutes dans la même église ? Et qu’en est-il des églises placées sous le patronage d’un saint : peuvent-elles en présenter plusieurs effigies ?
L'importance de l'équilibre
Dans la Présentation générale du Missel romain, guide des célébrations liturgiques, il est précisé que les images sont exposées pour conduire les fidèles vers les "mystères de la foi" célébrés dans les églises (n° 318). Le document formule cependant une réserve essentielle : il faut éviter un nombre excessif d’images et leur disposition doit se faire "de manière à ne pas détourner l’attention des fidèles lors de la célébration". Le texte indique également que, normalement, il ne devrait pas y avoir "plus d'une seule image du même saint" dans une église.
Cette règle vise à éviter la prolifération d'images qui pourrait engendrer une dévotion excessive, voire aboutir à de la superstition, comme si chaque représentation possédait des “pouvoirs” différents. L'attention doit toujours porter sur la personne du saint, et non sur l'image elle-même. L'honneur rendu à l'image est, en réalité, le reflet de l'honneur rendu à la personne représentée.
Le saint et la dévotion populaire
Cette règle connaît toutefois quelques exceptions, notamment dans les églises anciennes. En effet, on y trouve souvent plusieurs représentations de la Vierge, comme Notre-Dame du Rosaire, Notre-Dame de l’Immaculée Conception et Notre-Dame du Mont-Carmel. Dans ce cas, la coexistence de diverses représentations d'une même personne, comme la Vierge Marie, est justifiée par la tradition. Ces différentes images ont souvent été installées par différentes confréries qui coexistaient au sein d'une même église.
Il est cependant important de rappeler que, malgré la diversité des invocations, c’est toujours la même Vierge Marie qui est vénérée. Il serait absurde de comparer, par exemple, le “pouvoir” de Notre-Dame d'Aparecida à celui de Notre-Dame des Victoires, puisque l'intercesseur est toujours la même.
L'Église recommande également de ne pas placer plusieurs images portant le même titre dans une même église, comme deux images de Notre-Dame d’Aparecida. Elle rappelle que le culte doit être rendu à la personne du saint et non à la sculpture, et que les images sacrées ne sont pas des objets décoratifs.
Les images, une invitation à la prière
Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie souligne que le choix et la disposition des images ne peuvent relever de l'initiative privée. Les autorités ecclésiastiques doivent veiller à ce que ces représentations soient dignes, belles et de bonne qualité.
Comme le rappelle le Concile de Trente, la vocation des images sacrées est de "renvoyer aux prototypes qu’elles représentent". Autrement dit, elles ne sont pas des objets de culte en elles-mêmes, mais une invitation à la prière et à la contemplation, qui rapproche des mystères de la foi. Le véritable défi consiste donc à éduquer les fidèles afin que la dévotion aux images ne soit jamais une fin en soi, mais toujours un chemin vers la sainteté.












