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Gaëlle Tertrais, auteur jeunesse : “Quand j’écris, je veux faire grandir”

Gaelle-Tertrais

Gaëlle Tertrais.

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Bérengère de Portzamparc - publié le 14/11/25
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Cela fait près de 20 ans que Gaëlle Tertrais écrit des romans jeunesse, au départ pour nourrir la curiosité de ses cinq garçons puis pour transmettre le beau et le vrai à de plus en plus de lecteurs. Sa saga fantasy Orfan, jeune héros qui combat les démons et découvre les vertus, est un succès en librairie avec plus de 30.000 exemplaires vendus. Rencontre avec l’auteur bretonne qui ne manque pas d’histoires à raconter ! 

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Âgée de 50 ans et habitant à Rennes depuis plusieurs années, Gaëlle Tertrais écrit "depuis toujours". Elle a travaillé longtemps dans l’édition et se consacre aujourd’hui "à plein temps" à l’écriture, notamment de grandes sagas pour la littérature jeunesse. Parmi ses nombreux ouvrages, les six tomes de la saga Orfan, que les jeunes lecteurs s’arrachent depuis 2021. Un vrai succès en librairie et dans les salons du livre auxquels Gaëlle Tertrais participe régulièrement. Mère de cinq garçons âgés de 9 à 22 ans, elle a trouvé son rythme, "celui qui l’épanouit", entre vie familiale, vie spirituelle  et vie professionnelle. Une bonne occasion de la rencontrer et de lui demander sa recette. 

Aleteia : Vous dites écrire depuis toujours mais comment avez-vous été publiée la première fois ? 
Gaëlle Tertrais : Avant notre mariage, et une expérience de deux ans en République dominicaine avec Fidesco, je travaillais dans le milieu de l'édition, notamment chez Fleurus. Un jour, une cousine m’appelle pour me demander de lui conseiller un livre pour enfants sur les anges, je lui réponds que je n’en connais pas mais j’ajoute en rigolant que si elle veut, je peux lui en écrire un ! Ma première collection de livres à thèmes religieux pour enfants était lancée ! Puis je suis devenue maman, et avec la maternité, je découvre le désir de transmettre, de donner du sens et d’élever mes enfants vers le beau, ce qui m’apporte alors beaucoup d’inspiration pour imaginer d’autres livres. Quand nous nous installons à Rennes pour le travail de mon mari, je décide alors de me consacrer totalement à l’écriture. 

Mes romans ne sont pas des livres chrétiens mais ils sont nourris d'anthropologie chrétienne.

Parmi tous vos ouvrages, la saga Orfan, dont le sixième et dernier tome a été publié en 2024, vous a permis de rencontrer votre public, d'où vient ce héros ? 
Quand j’écris, je veux faire grandir. En imaginant mon héros Orfan, je voulais transmettre aux enfants un personnage inspirant qui les élève. Orfan combat les sept péchés capitaux et développe les sept vertus que sont la prudence, la justice, la force, la tempérance, la foi, l’espérance et la charité. Comme nous sommes dans le monde de la fantasy, je n’ai pas de contraintes de temps ou de lieux précis à décrire, j’invente un monde, ce qui me laisse une grande liberté d’écriture. Je me suis inspirée de ce que mes garçons aimaient lire, Le Seigneur des Anneaux, Le Monde de Narnia, Les Chevaliers de la Table Ronde, toutes ces histoires de quêtes intérieures, idéales pour capter les adolescents. C’est d’ailleurs ce que me confient mes lecteurs, avec qui j’ai parfois une correspondance suivie, ce qui m’émerveille.  L’un d’eux me confiait récemment que c'était dur pour lui au collège, et qu’il avait tenté de s’inspirer des réactions d’Orfan pour maîtriser sa colère. Cela m’a beaucoup touché. Si mes romans ne sont pas des livres chrétiens, ils sont nourris d'anthropologie chrétienne et je suis heureuse qu’ils puissent inspirer tous les enfants. 

Comment faites-vous pour concilier écriture et vie de famille avec cinq garçons à la maison ?
Je me suis adaptée au rythme des enfants et selon leur âge, j’ai appris à travailler de façon morcelée et interrompue ! Maintenant qu'ils ont grandi, je me suis instaurée un planning, un temps protégé pour écrire, de 9h à 16h30. En m'imposant ces horaires, non seulement cela ne bride pas mon imagination, mais au contraire cela la libère d’avoir un cadre fixe et quotidien. Ces longs temps de silence que permet l’écriture me vont bien pour développer ma créativité, c’est même jubilatoire. 

D’où vient-elle cette imagination ? 
J’ai toujours plein d’idées, qui viennent souvent la nuit, ça ne s’arrête jamais, et les paysages de la Bretagne m’inspirent aussi. J’en parle beaucoup à mon mari, qui est un vrai soutien et qui aime lui aussi écrire, et je les teste à table avec mes garçons. Il n’est pas rare qu’ils m’apportent à leur tour des idées, des bons mots, des situations… Nos dîners sont souvent animés ! Et que les autres mamans qui se trompent parfois de prénoms entre enfants se rassurent, moi ça m’arrive même de mélanger leur prénom avec celui de mes personnages ! 

Que vous apporte l’écriture ? 
Pour moi, il y a un lien puissant et naturel entre la maternité, l’éducation et l’écriture. Toute femme porte en elle ce désir de transmission, de faire grandir, notamment ses enfants si elle en a. C’est là que je rejoins la philosophie de la grande Édith Stein qui est une immense source d'inspiration pour moi.  Depuis plusieurs années, avec quatre amies, nous nous réunissons régulièrement pour étudier et approfondir un chapitre de son livre La Femme, une source si dense et si profonde sur la vocation de la femme. Sa pensée très élaborée est tellement moderne et forte qu'elle mérite d’être mieux connue. À mon petit niveau de compréhension, je constate qu’avoir fait des choix me permettant de ne pas séparer ma vie de femme, de mère, d’auteur et de chrétienne en trouvant une unité entre toutes ces dimensions, est une source d’épanouissement et de complétude. Ce qu’Édith Stein démontre de façon plus brillante et développe en parlant de “l’âme féminine”. Décidément c’est elle qu’il faut lire ! 

D’autres saints vous inspirent ? 
Outre Edith Stein, pour le tome d’Orfan qui traitait de l’orgueil, je me suis plongée dans les écrits de saint François de Salle sur la douceur et la tempérance, et cela m’a beaucoup touchée. J’aime aussi tout particulièrement une prière de saint François d’Assise, que j’ai d’ailleurs glissée à la fin du dernier tome d’Orfan. “Seigneur, dans le silence de ce jour naissant, Je viens te demander la paix, la sagesse, la force…”

Quels sont vos projets pour 2026 ? 
Une nouvelle saga, Les Enlumineuses, dont le premier tome vient de sortir. L'héroïne s’appelle Tara, collégienne de 12 ans, et a pour mission de sauvegarder la mémoire des grandes femmes de l’histoire, en écrivant le récit de leur vie dans un antique grimoire. Pour ce premier tome, elle va aider Jeanne d’Arc à accomplir sa mission. Ce sera ensuite au tour de Madame Élisabeth, et de nombreuses autres héroïnes qui compléteront cette nouvelle collection.

Les Enlumineuses, Il faut sauver Jeanne d’Arc, Tome 1, Gaëlle Tertrais,  Emmanuel Jeunesse, 348 p., 24 euros,  Pour les 9-13 ans.

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