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Saint-Ambroise, cette église qui honore la mémoire des victimes du Bataclan et console leurs proches

Eglise Saint-Ambroise, Paris 11.

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Mathilde de Robien - publié le 12/11/25
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Au cœur du XIe arrondissement de Paris, à deux pas du Bataclan, l’église Saint-Ambroise est un havre de consolation pour les proches des victimes des attentats du 13 novembre 2015. Dix ans après, alors que la douleur est encore vive dans le quartier, l’église ouvre ses portes en cette nuit du 13 novembre à l’occasion de la "Nuit de l’espérance". Une manière de "répondre à la douleur par la douceur, à l’horreur par la splendeur", explique à Aleteia le père Pascal Nègre, curé de Saint-Ambroise.

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Chaque année depuis dix ans, lors d'une messe commémorative, l'église Saint-Ambroise honore la mémoire des victimes des attentats terroristes du 13 novembre 2015, accueillant et consolant les rescapés, les familles des victimes, les paroissiens, des habitants du quartier, croyants ou non. En cette année qui marque les dix ans des attentats, l’église Saint-Ambroise ouvre ses portes une partie de la nuit pour "répondre à la douleur par la douceur, à l’horreur par la splendeur", selon les mots du père Pascal Nègre, curé de la paroisse depuis 2020. Cette année, la messe sera suivie d'un parcours musical, puis d'un moment de recueillement et d’adoration avec une alternance de chants et de prière. Une "Nuit de l’espérance" qui veut répondre à la douleur encore vive des proches des victimes et apporter l’espérance chrétienne.

Église Saint-Ambroise, Paris 11.

"À mon arrivée à Saint-Ambroise il y a cinq ans, j’ai été marqué par le fait que les tours de l'église sont vraiment devenues, depuis les attentats, un symbole et un refuge", confie le père Pascal Nègre. "Dès le lendemain des attaques, des gens sont venus se recueillir et allumer des bougies, et aujourd’hui encore je mesure combien la douleur est très vive dans le quartier, et pas seulement chez des personnes directement concernées. L’émotion déborde."

Une "Nuit de l’espérance" pour consoler et être consolé

La "Nuit de l’espérance" est née de ce désir de consoler les proches des victimes, croyantes ou non. Un projet porté depuis un an par la paroisse et dont la forme a été plusieurs fois revue pour répondre le plus délicatement possible à la souffrance liée à cette tragédie. "C’est en voyant une maman consoler son enfant pendant une messe qu’il m’est apparu comme une évidence que nous devions consoler, répondre à la douleur par la douceur, à l’horreur par la splendeur", souligne le curé de Saint-Ambroise. La soirée de jeudi se veut "une traversée de la nuit qui donne droit aux larmes", "une nuit de lumière, comme le cœur battant d’une mère pour ses enfants qui pleurent".

Si nous ne conduisons pas à l’espérance alors qui le fera ?

"En tant que chrétiens, nous sommes porteurs d’une espérance qu’on ne peut pas taire", assure le père Pascal Nègre. "Si nous ne conduisons pas à l’espérance alors qui le fera ?" Et pour faire goûter l’espérance à des personnes qui pour la plupart ne sont pas chrétiennes et qui ont été profondément blessées, la musique est apparue comme une réponse à cette quête de consolation, de beau et de transcendance. C’est pourquoi après la messe, un parcours musical alternera entre la lecture de textes de Péguy notamment et des chefs-d’œuvre de musique sacrée interprétés par le Chœur Éphata. "Les mots de Dieu, que le prophète Isaïe nous transmet : "Consolez ! Consolez mon peuple !" (Is 40,1) est une prière que Dieu nous fait", affirme le curé. "Chacun de nous a en charge la consolation du monde, on ne peut pas ne pas la donner."

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Messe en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 dans l'église Saint-Ambroise.

Cette année encore, au cours de la messe commémorative, au moment du mémento des défunts, les noms des 130 victimes des attentats seront cités. "C’est un moment très fort, certaines personnes viennent spécialement pour ça", raconte le prêtre. "Nous prenons les dix minutes qu’il faut pour nommer tout haut, un par un, les défunts." Un geste fort et très apprécié. Nombreux sont les messages reçus par le curé après la messe, témoignant d’un réel réconfort et de gratitude de la part des proches des victimes : "Votre décision de nommer les noms de tous ces jeunes pendant la messe nous a beaucoup émus. L’initiative de la paroisse Saint-Ambroise s’appelle de la bienveillance, de la solidarité et de l’amour envers la détresse de ceux qui restent."

La chapelle du souvenir, une "bouée de sauvetage"

"La chapelle du souvenir est la plus visitée, des personnes passent en permanence", constate le prêtre de la paroisse. Dès sa conception, elle a été dédiée à la mémoire des victimes des attentats du 13 novembre 2015. Les prénoms des 130 victimes sont inscrits sur un mémorial. Elle est actuellement en cours de rénovation. "C’est notre chapelle !", s’exclament certains proches ou rescapés, qui viennent s’y recueillir, parfois de loin voire de l’étranger, du Mexique par exemple. Là encore, le curé mesure l’importance de ce lieu à travers les lettres qu’il reçoit. "Cette messe à Saint-Ambroise et la chapelle dédiée aux victimes sont une vraie bouée de sauvetage dans l’oubli des gens qui absorbent des informations à longueur de journée… L’oubli de ces "événements" irréalistes est si dur à vivre chaque jour qui passe." Ou encore : "Les noms de mes filles sont inscrits parmi tous et toutes dans votre église : MERCI".

Chapelle du Souvenir.

Pour le père Pascal Nègre, la proximité de l’église avec le lieu des attentats n’en fait pas un sanctuaire de mémoire car il y a une vraie vie de paroisse, mais cet événement a néanmoins fait de l’église "un lieu de convergence", pour les habitants du quartier et les proches des victimes, "qui trouvent une place, parfois de manière inattendue, dans une église". En effet, nombreux sont ceux qui ne croient pas en Dieu mais qui viennent allumer une bougie dans la chapelle. Et le curé de confier : "Ces bougies brûlent depuis dix ans sans interruption, elles sont le signe d’un amour qui ne meurt pas, c’est triste, c’est douloureux, mais c’est beau, aussi."

Pratique

Nuit de l'espérance, église Saint-Ambroise, Paris 11, le 13 novembre 2025, de 19h à 2h.
Faire un don pour financer les travaux de rénovation de la chapelle du Souvenir.
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