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À lire le programme des commémorations des attentats du 13 novembre 2015, on ressent un imperceptible malaise. Non que la bonne foi des organisateurs soit en cause, comme dirait le fisc, mais le malaise tient à un sentiment de malentendu, ou plutôt d’inachèvement. Lisons le programme : il est foisonnant. "Marche de l’égalité", dépôts de bougies et de fleurs, "gestes commémoratifs", "élans de solidarité", "mémoire citoyenne", concert Il fait novembre en mon âme à la Philharmonie, au théâtre Les Consolantes de Pauline Susini, exposition sur l’intime "Faire corps pour imaginer la vie d’après", la liste est longue. Pourtant il manque quelque chose.
Comme un parfum de déni
Dix ans après des attaques diaboliques, la France reste comme hébétée. Elle en reste à la politique de la bougie. Plutôt que de dire la vérité sur la guerre qui nous est faite et sur le combat qu’il nous faut mener pour nous et pour nos enfants, les officiels semblent s’en tenir à la commémoration du ressenti. Commémorer le ressenti est nécessaire, redire le traumatisme des victimes est indispensable, mais faut-il en rester là ?
Il flotte dans cette affaire comme un parfum de déni. Les attentats du 13 novembre n’étaient pas des catastrophes naturelles. Ils ont été des actes évitables, des assassinats délibérés, des actes de guerre accompli par l’islamisme contre notre idéal. Il faut regarder en face cette réalité politique : le 13 novembre 2015, on a voulu tuer la France. Dix ans plus tard, la guerre n’est pas finie. Nous aurons encore des combats à mener. Nous aurons besoin de courage. Nous aurons besoin de force. On ne fait pas un deuil sur un déni. Le silence sur la réalité politique et géostratégique des attentats de 2015 risque de nous désarmer pour l’avenir. Les commémorations n’ont de sens que si elles sont tournées vers l’avenir. À lire le programme, on les voit tournées vers le passé. La France gratte ses plaies. La République, qui n’est jamais sobre quand elle célèbre sa propre liturgie, doit encore apprendre à nommer la guerre qui lui est faite.
Faire bloc
Dans notre imaginaire, la victime a remplacé le héros. Mais une victime entretenue dans son statut de victime ne se reconstruit pas. La France fut faite à coups d’épée, a écrit Charles de Gaulle. Elle ne s’est pas construite avec des fleurs et des bougies. Clemenceau, aux pires moments, n’a jamais cédé à la tentation de se lamenter. En réponse aux offensives allemandes sur la Somme, il n’a pas organisé des marches blanches. Il a fait la guerre. Il l’a gagné et, ce faisant, il a sauvé la liberté. Ce que nous avions su montrer au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, l’unanimité nationale contre la fureur islamiste, nous devons aujourd’hui le méditer et le dépasser. Nous avions alors montré que lorsqu’on nous attaquait, nous faisions bloc. Dieu sait combien je n'appréciais pas le ton et le contenu de l’hebdomadaire Charlie Hebdo. Il n’empêche, j’étais Charlie avec les autres. J’ai marché avec les autres. Je ne le regrette pas. Mais il s’agissait de l’émotion de l’instant. Il ne faut pas que, dix ans après les assassinats du Bataclan, la France s’en tienne à la posture compassionnelle. Ses ennemis ne l’attendent pas.










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