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Vous est-il déjà arrivé d’être submergé de dédain ou de mépris pour quelqu’un ? Vous pensiez être quelqu’un de plutôt pacifique, vous essayiez tant bien que mal d’aimer votre prochain et tout d’un coup, par surprise presque, vous voilà dépassé par un sentiment puissant de rejet face à cette personne : elle-même et les idées qu’elle défend ou qu’elle diffuse vous sont tout à fait insupportables. Nous pourrions facilement nous figurer ce genre de situation face à des hommes politiques, ou encore des collègues de travail lorsqu’ils tiennent des positions ou qu’ils imposent des décisions qui nous semblent inadmissibles. Ce peut être aussi des personnes qui malmènent des gens que nous apprécions. Dans bien des cas, le sentiment qui déclenche le rejet net et absolu de toute bienveillance envers quelqu’un naît bien souvent d’un sentiment profond d’injustice.
Ce sentiment qui nous envahit
Est-ce que le fait que quelqu’un déroge à ce que l’on estime être juste nous autorise à détester, à médire, à mépriser ? Car c’est bien souvent là que la haine nous emmène. Répondre à cette question revient à nous demander si la méchanceté et l’hypocrisie que nous décelons chez l’autre peut et doit entraîner la nôtre. Nous savons bien, dans le fond, qu’il ne devrait pas en être ainsi, mais dans les faits il est bien difficile de savoir quelle attitude adopter face à ce sentiment qui nous envahit et nous dépasse. L’évangile de Luc nous rappelle que la génération mauvaise est celle qui répète les erreurs de ses pères (Lc 11, 47-54). Et ne tue-t-on pas de nouveau les prophètes nous aussi à chaque fois que nous tournons le dos à leur message, chaque fois que nous tournons le dos à la Parole de Dieu ?
Aimer son ennemi
Haïr notre ennemi revient en fait à se laisser aller à la haine et à finalement lui ressembler. Et quand la haine entraîne la haine, qui est alors vainqueur si ce n’est le mal ? Aimer son ennemi, c’est peut-être commencer par lui répondre avec un autre langage que le sien, un langage qui ne soit pas celui de l’hostilité. Tenter de faire entendre son point de vue, lui signifier qu’il s’égare et s’éloigne en paix. Tout faire pour ne pas laisser en soi d’emprise au mal. Agir ouvertement et sans hypocrisie. Se tourner avec confiance vers le Seigneur. Offrir nos prières pour lui et laisser une porte ouverte. La haine s’éteindra-t-elle de ne plus rencontrer aucune accroche ?
Quand la tentation est grande de céder à la haine ou au mal, il faut se poser la question suivante : de quel royaume souhaitons-nous être les sujets ? À quel prince prêtons-nous allégeance ?
La Vierge Marie n’a pas haï ceux qui avaient fait souffrir son fils et l’avaient conduit à la croix. Elle les a pris pour fils. Mais bénéficiant de cet honneur et prenant Marie pour mère, peut-être devrions-nous faire notre part et suivre son exemple. Lui demander pardon aussi, reconnaissant combien nous bousculons tous les jours, nous aussi, son fils tant aimé.
Choisir le Royaume
Peut-être qu’à chaque instant de notre vie et particulièrement quand la tentation est grande de céder à la haine ou au mal, il faut se poser la question suivante : de quel royaume souhaitons-nous être les sujets ? À quel prince prêtons-nous allégeance ? Est-ce que cette décision, cette réaction fait de moi un sujet du Royaume céleste, celui de Dieu ou bien est-ce qu’elle fait de moi le sujet du royaume terrestre, celui du prince de ce monde ? N’est-ce pas justement celui-là contre lequel nous sommes mis en garde : “Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne” (Lc 12,5). N’est-ce pas celui-là que Pierre révolté par l’annonce de la Passion à venir de son maître, choisit d’écouter avant que Jésus ne lui dise “passe derrière moi Satan !” (Mc 8,33).
Accepter l’exil
Cela veut dire aussi qu’il faut accepter le statut d’exilé au cœur de ce monde. Consentir à l’inconfort de ne pas être dans sa patrie la plupart du temps, être souvent à contretemps. Être tenté tous les jours par la voie la plus facile qui serait conforme à la vie du monde, et résister. Autant qu’on peut. Agir, même simplement, en maintenant son cap, les yeux fixés sur le Seigneur. Faire entrevoir le Royaume toujours et partout. Être un homme, une femme juste. Même les citoyens du monde savent les reconnaître, ces justes qui traversent le temps. Pensons à saint Joseph et ses grandes vertus, et tentons donc de les faire nôtres : sagesse et justice, vérité et tempérance, patience, confiance et persévérance. “Dans quelque ville que vous entriez, et où l'on vous recevra, mangez ce qui vous sera présenté, guérissez les malades qui s'y trouveront, et dites-leur : Le royaume de Dieu s'est approché de vous” (Lc 10,8-9).










