L’ouragan Melissa a certainement laissé un désastre et un vide derrière lui, mais il n’a pas détruit la résilience des pays où il a frappé fin octobre. En Jamaïque, le pays qui a le plus souffert de cette catastrophe naturelle, le bilan officiel fait état d’au moins 32 morts. En Haïti, les pluies torrentielles liées à l'ouragan ont aussi provoqué la mort de 26 personnes et 18 ont été portées disparues, sans compter de nombreux blessés. Quant à Cuba, si aucun blessé ni mort n’ont été officiellement déclarés, les dégâts matériels sont très importants : 45.000 habitations endommagées et des milliers de personnes sans abri. Mais malgré ces chiffres tragiques, l’espoir se manifeste déjà à différents niveaux.
Désir de poursuivre à proclamer l'Évangile à Cuba
Dès les premières heures après la tempête, des équipes de secours se sont mobilisées. Des médecins et des ingénieurs ont été dépêchés sur les lieux. À Cuba comme en Jamaïque, l’Église a également ouvert ses portes aux victimes. La Conférence des évêques catholiques de Cuba a indiqué le 2 novembre avoir "reçu une offre humanitaire de l’administration des États-Unis, transmise par l’intermédiaire des institutions de l’Église catholique dans ce pays, pour aider directement les personnes touchées par l’ouragan Melissa, avec des ressources d’un montant de trois millions de dollars".

Et de déplorer : "Nos frères et sœurs de l’est du pays vivent une situation catastrophique, très douloureuse et triste", en particulier à Santiago de Cuba, Guantánamo, Bayamo et Holguín. Malgré un contexte particulièrement difficile, les évêques réaffirment leur désir de poursuivre leur mission de "proclamer l’Évangile, de rendre un culte digne à Dieu, de communiquer la grâce du salut par les sacrements et de servir tous avec charité, en particulier les plus pauvres et les plus démunis".
L’espérance est source de joie
En Jamaïque, dans les rues de Montego Bay, des habitants, des volontaires et des touristes ont retroussé les manches dès les premiers jours après le passage de l’ouragan pour nettoyer, réparer, reconstruire. Dans un communiqué poignant, l’évêque John D. Persaud de Mandeville, en Jamaïque, a dressé le 7 novembre un tableau de la dévastation causée par l’ouragan Melissa dans son diocèse, en affirmant néanmoins que divers signes inspirent l’espoir en Dieu. "Le chemin du rétablissement sera long et douloureux, mais Dieu nous a donné des signes (le tabernacle intact de l’église Sainte-Thérèse à Black River, l’église du Saint-Esprit épargnée par les dégâts à Magotty) qu’il est avec nous et qu’il continuera de nous accompagner. L’esprit du peuple jamaïcain est incroyable et d’une résilience extraordinaire", a déclaré l’évêque, qui souligne, entre autres, que "l’espérance est source de joie".
Après avoir énuméré les nombreux dégâts dont des églises, des couvents et des écoles à Black River, Lucea, Discovery Bay, Santa Cruz et Magotty, l’évêque a déclaré que tous les prêtres et religieuses vont bien. "Nos corps sont fatigués, mais nos esprits sont forts." "En ce moment, nous nous efforçons de répondre aux besoins les plus urgents : réfection des toitures, distribution d'eau, de nourriture, de kits d'hygiène, de lampes, etc. Nous agissons en collaboration avec des partenaires tels que Caritas International, Catholic Relief Services, Food For The Poor (FFTP), Samaritan's Purse et d'autres", a-t-il expliqué, en remerciant chacun pour son soutien et ses prières.
Que ce soit en Jamaïque, à Cuba ou en Haiti, on ne se contente pas de réparer, on commence à repenser. En Jamaïque, le Premier ministre Holness l’a encore souligné le 6 novembre lors de sa déclaration au Parlement : "Investir dans la résilience est une nécessité stratégique." Des centres de santé, des routes, des toits sont recensés pour être refaits. En Haïti, malgré les pertes et la douleur, des familles se rassemblent dans des abris temporaires, les enfants jouent malgré tout dans des rues nettoyées, les voisins s’entraident. À Cuba, la volonté de passer à la phase de reconstruction rapidement se fait ressentir à tous les niveaux. Ainsi, l’ouragan Melissa aura certes laissé des cicatrices mais il a aussi réveillé un élan collectif.










