La 30e conférence des parties de la Convention-cadre des Nations-Unies sur le changement climatique s'est ouverte le lundi 10 novembre à Belém (Brésil) où elle se poursuivra jusqu'au vendredi 21 novembre. En prélude à cette COP 30, un sommet d’une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement, dont le président Emmanuel Macron, s’est tenu le jeudi 6 novembre. Pour cette trentième édition, la plus grande prudence règne quant aux résultats au regard de ceux des précédentes conférences et de la situation internationale.
Ni enthousiasme, ni résignation
De fait, cette nouvelle COP ne suscite ni enthousiasme, faute d'attentes fortes susceptibles d'être satisfaites comme il y a dix ans à Paris pour la COP 21, ni résignation compte-tenu de la nécessité de progresser, d'une manière ou d'une autre, face à la montée pour l'heure inexorable du réchauffement climatique. Comme c'était au tour de l'Amérique latine d'organiser cette conférence annuelle, c'est le Brésil qui a été choisi et qui a retenu Belém pour y tenir la rencontre, comme principale ville de l'Amazonie élevée provisoirement au titre de capitale symbolique du pays pendant la durée du sommet.
Ce choix avait un double sens : mettre en avant une cité un peu oubliée de 1,4 million d'habitants dont la moitié habite dans des favelas et appeler l'attention de la communauté internationale sur les efforts conduits par le Brésil pour lutter contre la déforestation de l'Amazonie. Ce choix n'est pas sans conséquence, car les infrastructures limitées de la cité hôte ont entraîné un surenchérissement des hébergements au point que le président autrichien a renoncé à être présent. Il a même fallu affréter deux navires de croisière au débouché de l'Amazone pour accueillir les délégations des pays les plus pauvres. Le problème ne s'est pas posé pour les États-Unis, puisque le président Donald Trump a lui aussi renoncé à être présent et à n'envoyer aucune délégation mais pour d'autres raisons, en l'occurrence son climato-scepticisme affirmé et son refus de revoir mis en cause les énergies fossiles.
Sortir des énergies renouvelables
En effet, l'un des résultats les plus inattendus de la COP 28 réunie à Dubaï en 2023 a été l'engagement de l'ensemble des nations représentées de sortir, à terme, des énergies non renouvelables. Et c'est bien sur ce thème que la président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva souhaiterait voir une avancée concrète à l'issue de la COP 30. Dans son discours introductif, lors du prélude du 6 novembre, il en a ainsi appelé à une feuille de route pour "surmonter la dépendance aux combustibles fossiles". Ce qui a tout de suite permis à ses contradicteurs de pointer une contradiction alors que le gouvernement brésilien vient de lancer une exploration pétrolière au large de l'Amazonie.
« Ce n'est pas facile » a consenti le président Lula qui pense néanmoins que les pays en développement devraient pouvoir bénéficier d'un sursis par rapport aux pays les développés ayant assis leur richesse sur l'exploitation des énergies fossiles. Il est peu probable qu'une décision formelle soit prise à ce sujet mais la COP 30 pourrait accorder une place centrale aux engagements volontaires des pays, donnant ainsi une perspective plus sûre aux résultats concrets espérés.
Accord à l’arraché
L'autre point sensible, comme d'ailleurs pour toutes les COP qui ont précédé, est celui du financement. Là encore, lors de la COP 29 tenue l'an dernier à Bakou, un accord inespéré avait été arraché sur la finance climatique. Reste encore à le réaliser, ce qui est surtout l'attente des pays les moins avancés et aussi les plus exposés, en particulier les petits États insulaires en développement. Regroupés au sein de l'AOSIS, forte aujourd'hui de 39 membres, c'est cette alliance qui avait fait inscrire dans les conclusions de la COP 21 tenue à Paris en 2015, la nécessité de limiter à l'horizon de 2030 l'augmentation des températures à 1,5 degré par rapport à l'ère pré-industrielle.
À l'approche de l'échéance, il est désormais peu probable que cet objectif sera tenu, faisant dire au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors du prélude inaugural : "Nous avons échoué." Ce qui ne doit pas faire renoncer, pour autant, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre. D'où le mot d'ordre de la présidence brésilienne de la conférence pour un mutirão, mot issu de la langue tipu-guarani et pouvant se traduire par "action collective en faveur du bien commun". Saint Thomas d'Aquin le disait déjà, bien commun et Création ne font qu'un.









![[VIDÉO] Laudato si’ fête ses dix ans !](https://wp.fr.aleteia.org/wp-content/uploads/sites/6/2025/06/laudato-si-nature-environnement-shutterstock_2203202887-1.jpg?resize=300,150&q=75)
