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S’affranchir des regrets quand ses parents vieillissent

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Hélène Diethrich - publié le 09/11/25
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Accepter que ses parents ne changent pas, se décharger des remords, se libérer de leurs attentes… Autant d’attitudes parfois douloureuses mais saines à adopter quand ses parents vieillissent.

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Voir ses parents vieillir est douloureux. Une mauvaise conscience peut être entretenue vis-à-vis de nos manquements et des leurs. Voici quelques pistes pour s’affranchir des regrets d’hier et d’aujourd’hui.

1Accepter que ses parents ne changeront pas

Durant l’enfance et l’âge adulte, certains choix des parents ont causé de la frustration, de la colère ou de la peine à leurs enfants. Sophie, 48 ans, raconte : « J’ai souvent senti une préférence de la part de mes parents pour mes frères aînés et ma sœur. Cette préférence continue avec les petits-enfants. Cela appuie là où ça fait mal. Longtemps j’ai lutté pour rétablir l’équité. Maintenant ce n’est pas à 80 ans que je changerai ma mère. C’est trop tard. »

Pour elle, il est temps d’admettre de ne pas recevoir de ses parents ce qu'ils n'ont pas su lui donner (notamment considération et indulgence). En s’affranchissant des regrets, des rancœurs et des ressentiments envers eux, elle libère ses propres enfants des attentes reportées sur eux.

2Se décharger des remords

Mathieu regrette les mots méchants ou les reproches prononcés à l’égard de ses parents, « dont le mode de vie est très différent du sien ». Il a manifesté de l’impatience ou de l’indifférence au lieu de les remercier et de les encourager. Conscient du temps qui passe inexorablement, il les appelle maintenant toutes les semaines, tout en sachant bien que « certains défauts s’accentuent avec la vieillesse. ». Il confie « ne pas avoir d’attente lors de leurs échanges et s’attache à chérir le son de leur voix. » 

Devant l’aggravation de l’état de santé de sa mère après plusieurs années dans une maison médicalisée, Nathalie, 29 ans, regrette de ne pas l’avoir sortie plus tôt de cette résidence. « J’aurais dû intervenir avant, pourquoi n’ai-je pas réussi à le dire? ». Cependant, quand sa mère est entrée dans cette maison, le contexte était différent. Nathalie avait fait alors comme elle pouvait, avec ses ressources disponibles. « J’ai évolué depuis, explique-t-elle. De plus, je ne sais pas quel tournant aurait pris le cours des choses, si j’étais intervenu. » Vivre pleinement le présent implique de déconstruire des scénarios sans s’inquiéter « de l’ailleurs et de l’autrement ». Pour regarder devant et non derrière, le pasteur André Dumas conseille « de saisir l’occasion favorable sans s’agripper à l’occasion perdue , de vivre en décisions et non en reports.»

3Se libérer de leurs attentes

Combien d’années aura-t-il fallu à Justine pour affirmer ses choix, face au regard de ses parents ? A 45 ans, son père atteint d’Alzheimer ne la reconnaît plus et elle ne reconnaît plus non plus celui qu’elle a connu. C’est à ce moment qu’elle a décidé de changer de profession, pour un métier plus stimulant mais moins prestigieux. Elle s’est également séparée d’une relation toxique… sans le consentement de son père ! Estimant qu’elle devait tout à son père qui lui avait tout donné pour l’élever, elle n’agissait pas sans la validation paternelle.

Elle vit désormais davantage à l’écoute de ses besoins, délivrée des illusions, sans redouter l’avenir. « Demain est à Dieu : remets-le lui. Le moment présent est une frêle passerelle : si tu le charges de regrets d’hier, de l’inquiétude de demain, la passerelle cède et tu perds pied », suggère sœur Odette Prevost.

4Goûter chaque moment restant

« On devient vite les parents de ses parents », confie Anne. « Je suis à l’affût de chaque marque de vieillissement de mon père. Je scrute comme il se voûte, oublie les noms des célébrités et marche plus lentement. Le déclin est d’autant plus visible que j’habite loin de lui et le vois seulement tous les six mois. Maintenant c’est à moi de le protéger, c’est dans l’ordre des choses, mais terriblement angoissant. Quand arrivera-t-il qu’il chute, oublie son code de carte bancaire ou son adresse ? »

André Dumas conseille de « tenir le passé sans être tenu par lui, de vivre en mémoire et non en nostalgie, de garder fidélité et non rigidité. » Certes la famille d’Anne ne fera probablement jamais tous ensemble le voyage en Egypte dont ils rêvaient. Toutefois Anne peut faire avec son père ce qui est encore possible : déjeuner dans un jardin, écouter une musique ou jouer aux dames ensemble, lui témoigner du dévouement et de l’affection. C’est le moment d’interroger les parents sur leur enfance, les mœurs de l’époque, leurs leçons de vie, d’autant que les personnes âgées ont souvent une bonne mémoire des événements lointains.

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