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L’énigme des linceuls de sainte Thérèse d’Avila enfin résolue ?

Ste Therese d'Avila en extase

Ste Thérèse d'Avila en extase, Gerard Seghers (1591 - 1651) - Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers

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Daniel Esparza - publié le 09/11/25
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De nouveaux tests médico-légaux révèlent que les linges de lin conservés au couvent d’Alba de Tormes au nord ouest de l'Espagne ne sont pas de simples reliques : ils auraient servi de véritables linceuls funéraires à sainte Thérèse d’Avila, portant encore des traces compatibles avec la présence de son corps.

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Deux linges de lin soigneusement conservés depuis des siècles au couvent des Carmélites d’Alba de Tormes, en Espagne, ont toujours été considérés comme de simples reliques associées à sainte Thérèse d'Avila. Mais une nouvelle étude médico-légale vient apporter d'émouvantes précisions : ces tissus seraient en réalité les linceuls qui ont enveloppé le corps de la sainte au moment de sa mort en 1582.

Menée par l’ingénieur chimiste Felipe Montero Ortego et le médecin légiste Alfonso Sánchez Hermosilla — membre fondateur de l’Association du Suaire d’Oviedo — la recherche a confirmé la présence de traces compatibles avec des fluides cadavériques. Le faible contour du corps d’une femme, imprimé sur le tissu, semble se dresser comme un témoin silencieux des derniers instants de Thérèse d'Avila.

Tissés dans un lin de grande qualité, avec des fils torsadés selon une technique en Z — un procédé raffiné pour le XVIᵉ siècle — les draps sont parvenus jusqu’à nous dans un état bien meilleur que prévu. Les scientifiques préviennent cependant d’une détérioration biologique active, comme l’explique Salamanca Al Día. Au microscope, le tissu dévoile à la fois sa fragilité et sa noblesse : des traces de fibres de soie teintes en rouge et l’absence de conservateurs artificiels indiquent qu’il a été conservé avec un grand soin, protégé de l’air et du délabrement.

Selon l’étude, l’un des linges recouvrait le corps tandis que l’autre le soutenait, un usage conforme aux coutumes funéraires carmélitaines et aux récits historiques des exhumations successives de la sainte après sa mort en 1582. Au cours du siècle suivant, les reliques de Thérèse devinrent des objets de profonde vénération, et ces linges funéraires se transformèrent en témoins tangibles d’une dévotion qui perdure depuis plus de quatre cents ans.

Symboles d’espérance

L’enseignement catholique affirme que le corps humain participe à la dignité de l’âme et qu’il sera un jour restauré lors de la résurrection. Même les objets liés à la mort — comme ces linges — peuvent dès lors devenir des signes d’espérance. Comme le rappelle le Catéchisme de l’Église catholique : "Le corps humain participe à la dignité de l’image de Dieu" (CEC 364). Dans cette perspective, la science ne désacralise pas le sacré ; elle permet plutôt d’en approfondir la compréhension, en révélant l’unité de la matière et de l’esprit au cœur de la foi chrétienne.

À Alba de Tormes, comme le rapporte Roberto Jiménez, ces découvertes suscitent à la fois admiration et recueillement. La communauté carmélite y voit un rappel de son devoir sacré : préserver non seulement les reliques, mais aussi la mémoire vivante d’une femme dont la foi a profondément marqué l’Église. La science, de son côté, offre une nouvelle manière de raconter son histoire — une histoire où les traces du corps et le mystère de l’esprit dialoguent harmonieusement sur la même toile de lin, tissée de foi et de connaissance.

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