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"Jamais je n’aurais pu penser que l’on puisse croire en Dieu." Quand elle se replonge dans ses pensées d’il y a encore une poignée d’années, on ressent comme un vertige… tant le parcours de Zoé Müller, témoin dans le film Sacré-Cœur, a pris un virage inattendu à partir de 2020. Avant, elle vivait pour le football. Maintenant, elle construit minutieusement son emploi du temps autour de la messe et de l’adoration eucharistique. Des moments "vitaux", dont elle se passe difficilement. Mais que s’est-il passé dans la vie de cette jeune fille pour qu’elle préfère la rondeur d’une hostie dans son ostensoir à un ballon de football gonflé à bloc ?
Besançon, années 2010. Au milieu d’une bande de garçons, une fillette détonne par son habileté, ballon au pied. Zoé a 15 ans et elle grimpe à une vitesse fulgurante les étapes qui font les meilleurs joueurs de ce sport. "J’y ai pris goût pour exister, pour être considérée", se souvient-elle. Entourée de deux frères "très sportifs", elle grandit dans une "famille aimante", liée par les valeurs du football. De religion, point n’est question. "Ma famille n’était pas du tout catho. En vacances, on ne visitait même pas les églises du coin. C’était un monde inconnu."
Dès son entrée en seconde, elle quitte la maison familiale pour intégrer le centre de formation de l’Olympique lyonnais (OL), une maison prestigieuse. Mais l’euphorie ne dure qu’un temps. "Je n’étais qu’avec des filles, très éloignées de moi socialement, la plupart musulmanes. Je me sentais assez seule. Il y avait comme un vide que je n’arrivais pas à combler." Première désillusion, dans ce rêve qu’elle commençait à toucher du bout du doigt. La seconde ne tarde pas. L’OL ne la retient pas, direction Montpellier et son club, le MHSC, mais "il me manquait toujours quelque chose, intérieurement". Du jour au lendemain, elle envoie balader le football et la haute compétition.
Elle souhaite un métier qui a du sens, qui lui permette de tisser des liens profonds avec les personnes. En 2018, elle intègre une école préparatoire à Lyon pour passer les concours d’orthophonie. Les deux premières semaines sont un véritable tourbillon de soirées, de sorties en tout genre… et de frustrations. Deux années étudiantes s’écoulent ainsi. "Ce n’était pas assez profond." Elle va être servie.
Une paix habitée
Un dimanche, une amie de sa promotion lui propose de la suivre à la messe. "Après une longue coupure avec l’Église, elle était revenue à la foi à 21 ans." Sa première pensée ? "Comment je peux être amie avec une fille qui va à la messe ?" Zoé décline, prétextant une autre occupation. Les semaines défilent, son amie maintient sa proposition. Un jour, n’y tenant plus, elle accepte de la suivre. "Je n’ai absolument rien compris, s’amuse Zoé. Personne ne faisait la même chose autour de moi, j’étais mal à l’aise. Ça a été une souffrance pendant une demi-heure." Agacée, elle s’assoit, alors que l’assemblée est debout. "Je me suis laissée aller et j’ai arrêté de réfléchir." Une paix inexplicable l’envahit soudainement. "Une paix calme et à la fois habitée. Je me suis sentie profondément aimée." Elle en ressort bouleversée et harcèle son amie sur le parvis de l’église. "Qu’est-ce que vous foutez là-dedans tous les dimanches ?"
"Je veux te rencontrer"
Bien décidée à y retourner, les bancs de l’église se font de plus en plus familiers. Pendant un an, à chaque fois, cette sensation de paix intérieure. "Je n’y allais que pour ça. Un jour, j’ai même assisté à deux messes d’affilée", rit-elle. À cette époque, elle n’attribue pas encore son bien-être à Dieu. Son début d’été 2021 est "difficile", elle retombe dans ses "travers". L’une de ses maîtres de stage va avoir une importance capitale dans sa conversion. Elle revient d’une session à Paray-le-Monial, et lui suggère de s’y rendre. Une claque. Elle y découvre 3.000 jeunes rayonnants et qui ont la foi. Son plus beau souvenir ? Sa première adoration eucharistique. "On me dit qu’il y a Jésus présent, je ne vois absolument rien, juste un truc blanc et rond." Frustrée, elle confie en elle-même : "Cela fait un an que je vais à la messe, si tu es quelqu’un, je veux te rencontrer. Change mon cœur de pierre en un cœur de chair." D’un coup, elle sent "une présence". "Je comprends que tout est vrai, qu’il est à côté de moi et qu’il m’aime d’un amour incommensurable."
Sa vie change du tout au tout. Arrivée à Paris en école d’orthophonie, elle intègre un groupe de prière et s’y fait des amis. Exit les relations toxiques, ses styles vestimentaire et musical. Sa famille, qui pense dans un premier temps qu’elle a intégré une secte, constate qu’elle est plus épanouie et apaisée. Sa mère, qui essaie de comprendre, en discute avec un prêtre. Elle en ressort en pleurant, et déclare : "C’est le premier jour du reste de ma vie." "Ils m’ont même demandé où ils pouvaient se rendre à la messe." À ce moment, elle apprend que ses parents l’ont baptisée, sur le conseil de ses grands-parents, alors qu’elle était nourrisson.
Voir Jésus régulièrement
En 2023, elle rejoint l’aventure de CapMissio pour une année, "fondatrice", faite d’évangélisation, de vie fraternelle et de témoignages dans les établissements scolaires. Un autre déclic. "Je suis passée d’une foi de convertie à une foi stable, plus posée, plus calme." Elle y découvre notamment l’oraison et des figures de saints "inspirantes", comme sainte Thérèse ou saint Jean-Marie Vianney. L’été suivant, Zoé se lance sur les chemins de Saint Jacques de Compostelle sans un sou en poche. L’occasion de vérifier si elle peut littéralement s’appuyer sur la parole du Christ pour vivre. "Cela a été la plus belle expérience de ma vie. Le Seigneur agissait en direct." À son retour, elle envisage la vie consacrée. "Pourquoi pas moi ? J’avais très envie d’être religieuse." Après plusieurs week-ends de réflexion avec les cycles Sainte-Thérèse, le verdict tombe : "J’en avais le désir, mais je n’ai pas reçu l’appel."
Aujourd’hui, elle vit son sprint final vers le diplôme d’orthophoniste. Mais elle n’oublie pas la foi qui l’anime. Au contraire. "Aller puiser à la communion et à l’adoration, c’est un besoin vital. J’ai besoin d’aller voir Jésus régulièrement, comme un excellent ami. Quand je ne suis pas unie à son cœur, ma vie est une catastrophe." Les arrêts improvisés dans les églises qu’elle rencontre sont devenus "une routine, au bon sens du terme". Son passage dans le film Sacré-Cœur ? "Un vrai bon moment", déclare-t-elle sobrement. "Ceux qui vont le voir y vivent une forme de prière. On vient y rencontrer Jésus ou mieux le connaître. Ce film déverrouille une forme de serrure. C’est Jésus qui donne son cœur."










