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Une vie donnée pour les plus pauvres. Née à Nancy, sœur Paësie ressent l’appel du Seigneur dès le lycée et rejoint les Sœurs de Mère Teresa, au sein desquelles elle reste trente ans. Envoyée en mission en Haïti il y a vingt-six ans, elle se consacre d’abord à un service essentiellement médical. Très vite, confrontée à la détresse des enfants livrés à eux-mêmes dans les rues de Port-au-Prince, elle sent que le Seigneur l’appelle à fonder une nouvelle communauté : la Famille Kizito, dédiée depuis huit ans à l’évangélisation et à la protection des enfants des rues.
Avec la Famille Kizito, sœur Paësie et son équipe ont mis en place des écoles gratuites, des familles d’accueil, des centres de catéchèse et des structures sportives au cœur du plus grand bidonville de Port-au-Prince, Cité Soleil. L’objectif : offrir à ces enfants des lieux sûrs où ils peuvent être protégés, se nourrir, apprendre et découvrir Jésus. Aujourd’hui, plus de 3.000 enfants bénéficient de l’action de la communauté à travers ces différents centres. Soeur Paësie témoigne auprès d’Aleteia de la force de la foi des Haïtiens face aux catastrophes naturelles qui touchent régulièrement le pays. “J’ai l’impression qu’ils choisissent toujours les moments difficiles pour exprimer et professer leur foi en un Dieu bienveillant et présent malgré les circonstances.”, souligne la religieuse après le passage de l’ouragan Mélissa, près de l’île, le 28 octobre dernier.
Aleteia : On a compté plus de 30 morts à Haïti, dont 10 enfants et 20 disparus, après le passage, non loin de ses côtes, de l’ouragan Mélissa, le 28 octobre dernier. Quelles ont été les conséquences de l’ouragan à Haïti ?
Soeur Paësie : Haïti a été impacté par l’ouragan Mélissa, bien que l’œil du cyclone ne soit pas passé directement sur le territoire. C’est principalement le sud du pays qui a subi des dégâts, avec plusieurs victimes recensées. À Cité Soleil, le bidonville situé au nord de l’île où notre communauté intervient, les précipitations torrentielles constituent un danger récurrent. Les rivières débordent fréquemment, emportant sur leur passage de nombreuses maisons construites trop près de leur lit. Malheureusement, ces drames sont loin d’être rares : les habitations, très exposées, souffrent d’un manque d’infrastructures, notamment d’absence de curage des canaux. Cela aggrave les inondations dès les premières pluies, obligeant souvent les habitants à quitter leur foyer la nuit pour éviter d’être piégés. Beaucoup se réfugient alors sur les routes, légèrement surélevées, et y passent la nuit dans l’attente d’un retour au calme. Cette précarité constitue une réalité quotidienne pour les habitants de Cité Soleil à chaque saison des pluies.
On observe une grande solidarité entre les habitants, notamment lors des catastrophes naturelles.
Comment l’Église aide-t-elle les habitants sur place ?
L’Église demeure très présente dans l’ensemble du pays, malgré la fermeture cette année de nombreuses paroisses, une quarantaine à Port-au-Prince cette année, en raison de l’emprise de gangs ayant envahi certains quartiers. Dans ces zones, la population, y compris les prêtres, a fui. Toutefois, dans les quartiers où les paroisses restent actives, on observe une grande solidarité entre les habitants, notamment lors des catastrophes naturelles.
Il y a un an, en novembre 2024, nous vous avions interrogée au sujet de la flambée de la violence des gangs, qui envahissaient de nouveau quartiers à Haïti. 40.000 personnes avaient d’ailleurs été déplacées. Comment la situation a-t-elle évolué depuis un an ?
La situation s’est aggravée. On estime aujourd’hui à 1 .200. 000 le nombre de personnes déplacées rien qu’à Port-au-Prince. Tout au long de l’année 2025, de nombreux quartiers ont été pris pour cible, y compris dans des villes de province. Mirebalais a été la première attaquée, et à ce jour, on compte au moins six autres villes dont les habitants ont dû fuir suite aux raids des gangs.
J’ai l’impression qu’ils choisissent toujours les moments difficiles pour exprimer et professer leur foi.
Comment les Haïtiens gardent-ils la foi face à cette violence ?
Les gens ont une force intérieure particulièrement visible quand ils sont victimes de catastrophes naturelles ou d'attaques de gangs. J’ai souvent entendu cette phrase prononcée par des mères de famille victimes de cette violence qui disent en créole : “Bondyé konnen” - (“Dieu sait"). Et cette phrase est toujours prononcée avec une grande paix qui me frappe toujours dans les conversations avec les gens. J’ai l’impression qu’ils choisissent toujours les moments difficiles pour exprimer et professer leur foi en un Dieu bienveillant et présent malgré les circonstances.
L’année dernière vous comptiez 2.500 enfants dans vos huit écoles, vos six foyers d’accueil et vos six centres de catéchisme. Vous employiez 160 salariés. Ces chiffres ont-ils évolué ?
Nous avons ouvert cette année un nouveau foyer d’accueil et possédons toujours huit écoles. Le nombre d’élèves a augmenté car nous dénombrons 3.000 enfants dans les différents lieux d’accueil. Pour ce qui est de l’avenir, nous ne regardons pas les choses sur le long terme. Nous sommes comme les Haïtiens, nous vivons au jour le jour. Nous vivons dans des conditions difficiles mais chaque jour le Seigneur nous donne ce dont nous avons besoin pour servir les enfants. La communauté est toujours très petite, nous sommes trois religieuses sur place, mais nous avons toute une équipe qui nous porte, avec 205 salariés. Et les membres de l’association, ici en France, qui nous soutiennent à distance par la prière et de nombreuses actions.










