separateurCreated with Sketch.

Souffrez-vous du syndrome de la bonne élève ?

whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Marie Lucas - publié le 05/11/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Nouveau dans la littérature du développement personnel, le syndrome du bon élève gâcherait la vie de nombreux adultes. Volonté enfantine de toujours trop bien faire pour faire plaisir, il est un frein puissant pour développer son plein potentiel.

CAMPAGNE DE NOËL 2025

Pour qu'Aleteia poursuive sa mission d'évangélisation, faites un don déductible à 66% de votre impôt sur le revenu.
Ainsi l'avenir d'Aleteia deviendra aussi le vôtre.

Je donne en 3 clics

Observée par certains professionnels de l'accompagnement, ce nouveau syndrome - pas encore  validé scientifiquement - concernerait davantage les femmes que les hommes. L'adulte SBE respecte la loi parfaitement, veut faire plaisir à ses supérieurs hiérarchiques, a un besoin de reconnaissance exacerbé, relit 100 fois son PowerPoint avant de le présenter, fait ce qu'on lui demande au lieu de faire ce qu'il veut ou attend qu'on lui dise ce qu'il doit faire. Docile, obéissant, réservé, consciencieux, préoccupé du regard des autres, il a un besoin excessif de validation de ses performances. "Le problème n'est pas dans le comportement en tant que tel (le respect des règles ou l'excellent travail), mais dans la poursuite de ce comportement de bon élève inadapté au monde adulte. Un monde qui attend autre chose de lui", explique Roxane Régnier, auteure de En finir avec le syndrome de la bonne élève (Marabout). 

La faute à qui ? Les multiples pressions - sociétales, scolaires, parentales – sont en partie responsables de cette réalité avec une valorisation excessive des résultats scolaires et de la réussite matérielle. "J'ai toujours voulu rapporter les meilleures notes à l'école, avec le corollaire des félicitations et l'impression que, autrement, mes parents ne m'aimeraient plus", se souvient Fany, 29 ans, en train de se libérer de son SBE. Ou Alexandra, avocate, qui raconte : "J'ai toujours été une petite fille modèle, polie, réservée, courtoise, bonne candidate au SBE dont je me défais petit à petit", s'amuse-t-elle. Des pressions multiples qui vont se transformer en barrières internes et empêcher l'adulte d'être lui-même, en vérité. 

Impressionné par des profils dominants, très sûrs d'eux et qui ne sont plus régulés comme à l'école, il n'ose pas prendre la parole.

Trois difficultés sont particulièrement liées à ce syndrome. L'adulte SBE est bien sûr sujet à l'épuisement. Il dit oui à toutes les demandes, dans la logique enfantine du "Fais plaisir" et ne demande pas d'aide, par excès de discrétion. "Je n'ai jamais su dire non à mon boss quand ce qu'il me demandait me forçait à dépasser mes limites, j'ai donc vécu un épisode de burn-out", poursuit Alexandra, qui aujourd'hui apprend à poser ses limites. Deuxième risque : la soumission, l'emprise, l'effacement. Comme sur les bancs de l'école, cet adulte, trop passif, fait ce que l'autre lui demande, sans discernement, "avec une tendance à courber le dos", poursuit l'avocate. Il est en outre incapable d'accéder à ses désirs personnels, se conformant aux attentes des autres. Enfin, atteint de perfectionnisme, il a une peur paralysante du regard de l'autre et de l'échec. "Impressionné par des profils dominants, très sûrs d'eux et qui ne sont plus régulés comme à l'école, il n'ose pas prendre la parole par peur de dire des bêtises, ou s'il la prend celle-ci doit être infaillible", explique encore Roxane Régnier. Résultat : comme s'il était étouffé, empêché d'être lui, l'adulte SBE est incapable de réaliser son plein potentiel, d'accéder à sa vraie personnalité et à sa propre valeur personnelle.

Trois pistes pour se libérer

Que faire alors ? Voici trois pistes pour se libérer de ce syndrome. D'abord travailler son assertivité. L'adulte SBE doit apprendre à dire “Je” plus souvent, et à s'affirmer. Pas toujours simple, tant la pression de la culture judéo-chrétienne a parfois conduit à des excès dans l'oubli de soi. Cette mère de famille témoigne : "Je me souviens du jour où j'ai mis des hauts talons. J'ai eu l'impression de m'affirmer et de faire un grand pas pour devenir celle que je voulais être, loin de l'image de mes parents." Ensuite, grandir en estime de soi. Il s'agit de décorréler sa valeur personnelle de toute validation extérieure, de toute réalisation, de toute réussite. Fany lance : "J'ai enfin compris que, adulte, l'important était de donner le meilleur de moi-même, indépendamment du regard de mes parents et sans attendre de validation externe". Ne plus avoir besoin de “Likes” sur les réseaux sociaux ou savoir que son salaire n'a rien à voir avec sa valeur personnelle, quelle libération ! Comme dit le prophète Isaïe dans la Bible : "Tu as du prix à mes yeux, tu as de la valeur et moi je t'aime" (Is 43,4). Des mots qui, répétés comme un mantra, peuvent aider à retrouver cette valeur. 

Enfin, expérimenter l'audace. "Parfois, il faut savoir enfoncer des barrières, sortir des sentiers battus", explique encore Alexandra. Comme l'explique ce DRH d'un grand groupe industriel : "Si j'ai un collaborateur trop discipliné et dévoué, je vais l'amener à oser sortir du cadre pour qu'il soit davantage pro-actif, créatif ou dans l'anticipation." Pour cela rien de tel que de s'atteler aux "12 travaux de la bonne élève un brin impertinente" de Roxane Régnier, comme par exemple donner son avis sur un sujet alors qu'il n'est pas parfaitement maîtrisé, être en retard à un rendez-vous volontairement, rendre un travail en le relisant une fois au lieu de dix... 

L'enjeu est de taille. L'adulte libéré du SBE jouit d'une confiance en lui qui lui fait dire : "Je sais ce que je vaux et je sais ce qui est bon pour moi". Pour aller là où sa petite voix intérieure le porte, non plus sous le regard des hommes, mais sous le regard de Dieu. 

Pratique

En finir avec le syndrome de la bonne élève, Roxane Régnier, Marabout, août 2025, 12,90 euros.
Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)