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Va-t-il rester quelque chose de catholique à l'enseignement catholique ? Mardi 4 novembre, le ministre de l'Éducation Édouard Geffray s'est montré implacable sur l'interdiction de la prière en classe et l'application des nouveaux programmes d'Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Ces déclarations ont été tenues en réponse à des propos récents du secrétaire général de l'enseignement catholique. Mi-septembre, Guillaume Prévost avait en effet défendu la possibilité pour les enseignants de prier avec leurs élèves en classe, estimant qu'il s'agit "de leur liberté pédagogique et leur liberté de conscience".
Une fermeté qui n'est pas du goût du ministre de l'Éducation nationale fraîchement nommé par le Premier ministre Sébastien Lecornu. "Lorsque l'État paie un professeur, il le paie pour enseigner. Ça me semble l'évidence. Donc une minute payée par l'État, c’est une minute d'enseignement, ça ne sert pas à autre chose. Et donc je ne vois pas comment sur un temps d'enseignement, on pourrait faire une prière", a ainsi déclaré M. Geffray, lors d'une audition devant la commission des Affaires culturelles de l'Assemblée nationale.
"J'aurai cette même clarté, parce qu'une fois encore, elle me semble évidente, et juridiquement et en bon sens, avec le Secrétaire général de l’enseignement catholique, que je dois rencontrer prochainement", a-t-il ajouté. Peu après les déclarations de Guillaume Prévost quant à la liberté de l'enseignement catholique, le ministère de l'Éducation avait déjà souligné que la prière est "contraire à la loi" si elle "est imposée". Et que si elle est facultative, "le temps de prière est considéré comme un enseignement religieux et ne peut pas empiéter sur le temps des cours".
Programme d'éducation sexuelle et affective
Quant au nouveau programme d'Éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, mis en place en cette rentrée, même traitement. "Un programme, c'est un programme, c'est obligatoire partout. Ce n'est ni discutable, ni négociable, ni amendable. On ne fait pas son marché dans un programme, on ne commence pas à dire je le fais, je ne le fais pas, etc.". "Je ne suis pas inquiet en réalité sur la capacité de l'institution à mettre en œuvre. Je veux m'assurer que ce soit partout. Et j'ai bien dit partout", a-t-il encore souligné. Guillaume Prévost avait assuré lors de sa conférence de presse de rentrée que l'Enseignement catholique mettrait en œuvre ce programme, mais avait défendu la possibilité d'avoir un "projet de réseau" spécifique sur le sujet.
Le 27 juin 2025, le Conseil d'État avait rejeté les requêtes dont il était saisi, estimant le programme EVARS conforme à la volonté du Parlement. Selon les rapporteurs, l’arrêté et la circulaire attaqués respectent le principe de neutralité du service public de l’enseignement, la liberté de conscience des élèves et de leurs parents, le droit des parents à éduquer leurs enfants selon leurs convictions et plus généralement, leur autorité parentale. Si le programme introduit des notions essentielles (respect du consentement de l'autre notamment), son contenu est aussi fortement critiqué pour sa dimension idéologique par des associations de parents (théorie du genre, orientations sexuelles, familles homoparentales), et sa mise en place au cours de l'année sans tenir les familles informées des séances planifiées a suscité une vive polémique.
Caractère propre
Le "caractère propre" des écoles catholiques est garanti et encadré par la loi Debré du 31 décembre 1959 et par le code de l'Éducation (articles L. 442-1 et suivants). Celle-ci dispose que "l’établissement garde son caractère propre, mais doit respecter la liberté de conscience et accueillir tous les élèves sans distinction d’origine ou de croyance." Pourtant, ce caractère propre régulièrement attaqué sous couvert d’"atteintes à la laïcité", bien que le cadre juridique n'ait pas changé. Sous prétexte d'une laïcité mal comprise, l'enseignement catholique est tout simplement empêché de témoigner de l’Évangile, qui constitue pourtant sa raison d'être. "L’école catholique a pour vocation d’accueillir sans distinction, dans le respect des croyances de chacun, sans pour autant se priver de partager le message du Christ", expliquait ainsi Dominique à Aleteia, chargée de pastorale dans une école du Val d’Oise, lors de la rentrée scolaire. "Il ne s’agit pas d’imposer ses croyances ou ses convictions, d’ailleurs Jésus lui-même n’a jamais imposé quoi que ce soit, mais de témoigner, par ses actes et par ses paroles, du message évangélique", soulignait-elle.
"La liberté d’expression est ainsi l’un des droits les plus fondamentaux de l’être humain et la condition de la vie démocratique. Et la liberté religieuse figure dans cette liberté fondamentale comme liberté de conscience", déclarait quant à lui Guillaume Prévost au cours d'un entretien avec Aleteia. "Ce qui se joue chez nous est donc cette liberté de conscience, qui permet et limite, et non la laïcité."



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