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Fin de vie : les promoteurs d’une “aide à mourir” réclament un référendum

OLIVIER-FALORNI-AFP

Olivier Falorni.

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Louis de La Houplière - avec AFP - publié le 05/11/25
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Devant les reports successifs de l’examen des deux textes de loi relatifs à la Fin de vie au Sénat et pour régler définitivement cette question brûlante, Olivier Falorni et Charles Biétry, favorables à la création d’ "une aide à mourir", ont enjoint Emmanuel Macron, le 4 novembre, à organiser un référendum "avant l’été 2026".

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C’est une course contre la montre que les promoteurs de la création d’une "aide à mourir" ne veulent décidément pas perdre. Mais pour Olivier Falorni, à l’origine d’un double texte de loi sur le développement des soins palliatifs et l’ouverture d’une "aide à mourir", l’impasse semble systématiquement être au rendez-vous, tant l’étude de ces textes est repoussée inexorablement au Sénat. Ce 4 novembre, le député du parti socialiste et Charles Biétry, atteint de la maladie de Charcot, ont décidé de jouer leur va-tout auprès d’Emmanuel Macron : faute d’adoption parlementaire, les deux hommes ont enjoint le chef de l’État à organiser un référendum sur ces textes avant l’été.

Au poker, on pourrait appeler cette manœuvre "faire tapis". Pour faire adopter ses deux propositions de loi, l’une consensuelle sur les soins palliatifs, et l’autre, qui cristallise les débats, sur la création d’une aide à mourir, Olivier Falorni joue sa dernière carte. Il l’a bien compris : le Sénat, qui pourrait d’ailleurs fortement modifier son texte sur l’ "aide à mourir", ne donnera pas de coup d’accélérateur pour aller dans son sens. "Le parcours de ce texte n’avance pas comme il le devrait, ont déploré Olivier Falorni et Charles Biétry dans un courrier adressé à Emmanuel Macron, le 4 novembre. Régulièrement retardé, reporté, réinscrit puis de nouveau ajourné… Cela devient insupportable ! Les malades en fin de vie n’ont pas le temps d’attendre. Vis-à-vis d’eux, cette situation de blocage est une forme d’indécence." Pour couper court aux manœuvres parlementaires qui s’éternisent, Olivier Falorni semble avoir trouvé la solution : "C’est pour cela que, si cet enlisement se poursuivait en début d’année prochaine, nous vous demandons solennellement de consulter directement les Français par référendum avant l’été 2026 sur les textes de loi votés en mai dernier par les députés".

Un référendum en cas d’ "enlisement"

Les deux hommes prêchent à un convaincu. Emmanuel Macron avait déjà évoqué en mai dernier un référendum en cas d’ "enlisement", au moment de l’adoption des deux textes par l’Assemblée nationale, en précisant qu’il le ferait "avec précaution". "Emmanuel Macron veut inscrire dans la loi une grande réforme qu’il pourra mettre à son crédit", s’agaçait le sénateur Étienne Blanc auprès d’Aleteia. Quoi qu’il arrive, le chef de l’État semble prêt à tout pour faire adopter une loi qui ouvrirait grand la porte à l’euthanasie.

Adoptés fin mai à l’Assemblée nationale en première lecture, les deux textes devaient être examinés initialement au Sénat à partir du 7 octobre. La chute du gouvernement Bayrou en avait voulu autrement. Le scénario s’était répété à la mi-octobre, en raison de la démission de Sébastien Lecornu, alors qu’une discussion autour de ces textes avait été retenue pour le 20 octobre. Devant ces reports successifs, l’exécutif s’était montré ferme, à l’instar de Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, qui avait assuré au Parisien le 18 octobre que les débats parlementaires sur la "fin de vie devront être tranchés avant l’élection présidentielle de 2027". Quitte à remettre cette décision qui engage dans les mains du peuple, en organisant un référendum. Devant la volonté de l’exécutif à aller vite à ce sujet, des voix, comme celle de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (SFAP) réclamaient d’urgence le 3 octobre une "pause sociétale" alors que la priorité du gouvernement était de s’attaquer à la loi Fin de vie "dans une France sans budget". Le bras de fer est toujours engagé.

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