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Dans le Gers, la deuxième naissance de l’église de Saramon

Deux ans et demi après l’effondrement d’une tour médiévale qui jouxtait son abside, l’église Saint-Pierre, à Saramon (Gers), a rouvert ses portes le 1er novembre. Elle a été dédicacée une seconde fois, une situation très rare, qui avait été effectué aussi dans le cadre de la renaissance de Notre-Dame de Paris.

4 min de lecture

Source: Diocèse d'Auch

Mgr Bertrand Lacombe, archevêque d’Auch, frappe les portes de l'église Saint-Pierre, dans le cadre de la dédicace de l'édifice le 1er novembre.

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C’est un événement que les habitants de Saramon, petite commune du Gers, ne sont pas prêts d’oublier. Deux ans et demi après l’effondrement d’une tour médiévale qui jouxtait l’abside de l’église Saint-Pierre, les paroissiens ont pu à nouveau prendre part à la célébration de l’eucharistie dans l’édifice. Un soulagement et une fierté pour les habitants de Saramon, qui se sont déplacés en masse pour la deuxième dédicace de l’église, le 1er novembre, rendue nécessaire par les dégâts qu’avait causés l’accident à l’intérieur de l’édifice. Un fait extrêmement rare, qui s’était produit notamment pour Notre-Dame de Paris, au cours de sa lente résurrection.

Printemps 2023. Adossée à l’église Saint-Pierre, la tour Saint Victor, construite il y a plusieurs siècles, s’effondre, emportant dans sa chute une partie du toit du chœur de l’église. Un véritable "traumatisme" pour le village, expliquait le maire de la commune à France 3, le 1er novembre. Et pour cause : "On ne savait pas quand l’église pourrait rouvrir, se souvient l’abbé Guillaume Langlois, curé des lieux, auprès d’Aleteia. Avec les confinements successifs, cela nous a fait quasiment un handicap de 5 ans avant une reprise normale de la vie liturgique et sacramentelle." Pour prendre leur mal en patience, les fidèles sont invités à se rendre à la célébration des sacrements dans l’une des 43 autres églises dont l’abbé Guillaume Langlois a la charge, ou à l'abbaye de Boulaur, située à quelques kilomètres de la commune.

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"Ouvrez-vous !"

Des mois de travaux ont été nécessaires pour remettre sur pied le mur effondré. Soutenue par la Fondation du patrimoine, l’État, la région, le département et des donateurs en tous genres, la mairie en a profité pour faire un grand nettoyage dans un édifice qui perdait progressivement ses couleurs… et ses fresques. "La commune s’est beaucoup mobilisée, insiste l’abbé Guillaume Langlois. Tout le monde a pu travailler en bonne intelligence." La paroisse est chargée de son côté de trouver un artiste pour remplacer l’ancien mobilier liturgique emporté par l’effondrement de la tour médiévale.

© Diocèse d'Auch

Le 1er novembre était attendu. Près de 400 personnes se sont rassemblées devant l’église dans un premier temps, pour assister aux différentes étapes de la deuxième dédicace de l’église. "Le droit de l’Église n’en prévoit qu’une seule, comme un seul baptême pour chaque fidèle, explique le curé de Saint-Pierre. Mais les travaux ont nécessité de gros changements dans l’église, dont la construction d’un nouvel autel." Ensuite ? "On procède comme si c’était la première dédicace." Le maire a remis les clés de l’église à Mgr Bertrand Lacombe, archevêque d’Auch, qui, par trois fois, a frappé la porte de l’édifice avec sa crosse, en répétant "Ouvrez-vous !" Les reliques ont ensuite été placées dans l’autel, dédicacé à son tour. Puis, les murs de l’édifice ont été encensés et oints. Une messe a suivi cette cérémonie. "Il y avait énormément de monde, salue l’abbé Guillaume Langlois. Près de 80 personnes ont été contraintes d’y participer sous un chapiteau extérieur. Il y a deux ans, l’effondrement du mur de l’église avait été interprété de manière décliniste. Il y a deux jours, c’était l’inverse : nous avons entendu des mots qui redonnent espoir, comme résurrection, redémarrage, avenir…"