Quelques jours avant l'ouverture par Shein de son premier magasin physique pérenne à Paris, la Répression des fraudes (DGCCRF) a annoncé samedi avoir signalé à la justice la vente de "poupées sexuelles d'apparence enfantine" après avoir constaté leur présence sur le site d'e-commerce. "Leur description et leur catégorisation sur le site permettent difficilement de douter du caractère pédopornographique des contenus", indique la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes dans un communiqué. Ces poupées ont été retirées de la plateforme depuis, du moins c’est ce qu’affirme Shein.
Le ministre du Commerce, Serge Papin, a indiqué sur X que "l'État ne faiblira pas pour protéger les Françaises et les Français".
"Il y a même des commentaires des acheteurs"
Cette affaire a été relayée pour la première fois par le quotidien Le Parisien, qui a publié sur son site internet la photo d'une de ces poupées présentant le corps et les traits d'une fillette, tenant un ours en peluche, ainsi que le descriptif explicitement sexuel qui l'accompagne. Les poupées mesurent 80 centimètres. "Il y a même des commentaires des acheteurs", s'indigne Alice Vilcot-Dutarte, porte-parole de la DGCCRF citée par le journal.
Dans une réaction transmise à l'AFP, Shein a indiqué que les produits "ont été immédiatement retirés de la plateforme dès que nous avons eu connaissance de ces problèmes", assurant appliquer "une politique de tolérance zéro" en la matière. Une "enquête" interne est en cours "sur la manière dont ces annonces ont pu contourner nos dispositifs de contrôle", ainsi qu'"une revue complète afin d’identifier et de retirer tout produit similaire susceptible d’être mis en vente par d’autres vendeurs tiers".
La Répression des fraudes a également signalé l'absence de "mesure de filtrage" empêchant "efficacement" l'accès des mineurs à des contenus commercialisant des poupées sexuelles d'apparence adulte.
La Répression des fraudes rappelle que la diffusion de représentations à caractère pédopornographique est passible de peines pouvant aller jusqu'à sept ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende. Quant à l'absence de mesure de filtrage, elle est punie de trois ans de prison et 75 000 euros d'amende.
Une ouverture imminente au BHV
Suscitant un tollé, le géant asiatique a prévu d’ouvrir mercredi son tout premier magasin physique pérenne au BHV, historique grand magasin dans le centre de Paris, dans un espace de plus de 1 000 m².
Entreprise aux racines chinoises qui a conquis le marché mondial de la mode éphémère (fast fashion), Shein s’est implantée progressivement dans le paysage du commerce en ligne depuis son arrivée en France en 2015. Mais elle est aussi régulièrement accusée de concurrence déloyale, de pollution environnementale ou de conditions de travail indignes. Shein a déjà écopé cette année en France de trois amendes, totalisant 191 millions d’euros, pour non-respect de la législation sur les cookies en ligne, fausses promotions, informations trompeuses, et pour ne pas avoir déclaré la présence de microfibres plastiques dans ses produits.
Avec la Société des Grands Magasins (SGM), propriétaire du BHV depuis 2023, elle va investir cinq autres magasins dans les prochaines semaines, aux Galeries Lafayette de plusieurs villes de France. Ce mariage avec Shein a poussé plusieurs marques françaises à quitter le BHV.











