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"Je prie pour que l'éducation catholique aide chacun à découvrir sa vocation à la sainteté", a déclaré le pape Léon XIV à l’occasion de la messe de la Toussaint célébrée place Saint-Pierre, le 1er novembre 2025. Durant cette liturgie qui concluait aussi le Jubilé du monde éducatif, le pontife a proclamé saint John Henry Newman (1801-1890) "docteur de l’Église" et co-patron des écoles catholiques. S’appuyant sur la figure de l’ancien anglican converti au catholicisme, il a dessiné les grandes missions de l’enseignement catholique dans un monde menacé par le nihilisme et les inégalités.
Ce matin, les milliers de fidèles se rendant place Saint-Pierre ont pu découvrir l’immense portrait du cardinal John Henry Newman affiché à la façade de la basilique. En la fête de la Toussaint, qui célèbre tous les saints, le pape Léon XIV a posé un geste rare au début de la célébration, puisque le titre de "docteur de l’Église" n’était jusqu’à présent détenu que par 37 catholiques, des saints qui ont apporté une contribution théologique et spirituelle majeure à la doctrine catholique.
Après avoir écouté la biographie du cardinal Newman, intellectuel et prêtre anglican converti au catholicisme, le Pape a prononcé en latin ces mots : "Nous, accueillant le désir de nombreux frères dans l’épiscopat et de nombreux fidèles du monde entier, après avoir pris l’avis du dicastère pour les Causes des saints, avoir longuement réfléchi et être parvenus à une pleine et sûre conviction, avec la plénitude de l’autorité apostolique, déclarons saint John Henry Newman docteur de l’Église universelle."
Dans la foule qui a accueilli cette proclamation par des applaudissements nourris se trouvait le vice-premier ministre britannique David Lammy. L’archevêque anglican de York, Mgr Stephen Geoffrey Cottrell, était également présent. En attendant l’installation en janvier de la nouvelle archevêque de Cantorbéry, Sarah Mullally, ce dernier est la plus haute autorité au sein de l’Église d’Angleterre.
Le Pape a salué la présence de cette délégation de l'Église d'Angleterre, venue quelques jours après la "rencontre historique de prière" vécue dans la chapelle Sixtine avec le roi Charles III, gouverneur suprême de l’Église d’Angleterre. "Depuis le Ciel, [saint John Henry Newman, ndlr] accompagne le chemin des chrétiens vers la pleine unité", a assuré le chef de l'Église catholique.
Newman, nouveau co-patron des écoles catholiques
Dans son homélie, Léon XIV a justifié la date de cette proclamation en rappelant que le 1er novembre marque cette année la conclusion du Jubilé du monde de l’éducation. "L'imposante stature culturelle et spirituelle de Newman servira d'inspiration aux nouvelles générations au cœur assoiffé d'infini", a assuré le pontife américain, nommant aussi le docteur britannique co-patron des écoles catholiques, aux côtés de saint Thomas d’Aquin.
L’Église catholique détient le plus grand réseau éducatif du monde : plus de 231.000 établissements scolaires et universitaires catholiques dans 171 pays, fréquentés par près de 72 millions d’étudiants. Ces derniers jours, à Rome, quelque 20.000 personnes venues de 124 pays ont participé au Jubilé du monde de l'éducation.
Les missions de l’enseignement catholique
Au fil de son sermon, le pape Léon XIV a dessiné la mission qui incombe aux écoles et universités catholiques, qu’il a considérées "comme des laboratoires de prophétie, où l’espérance est vécue". "Brillez aujourd'hui comme des étoiles dans le monde, grâce à l'authenticité de votre engagement dans la recherche commune de la vérité", a-t-il commencé par dire aux éducateurs.
Dans un monde dominé par le pessimisme, le chef de l’Église catholique les a aussi exhortés à travailler pour "libérer l'humanité de l'obscurité du nihilisme qui l'entoure" et à faire circuler "les grandes raisons de l’espérance". Car pour le Pape, "faire disparaître" l’espérance est "sans doute le mal le plus dangereux de la culture contemporaine". À travers le témoignage des éducateurs, les écoles et universités catholiques doivent être "autant de seuils d’une civilisation de dialogue et de paix", a-t-il souligné.
Il a aussi demandé à l’enseignement catholique d’appliquer l’Évangile en accordant aux pauvres une attention prioritaire. "Ceux qui sont nés avec moins de possibilités ont-ils moins de valeur en tant qu’êtres humains, doivent-ils se contenter de survivre ?", s’est-il interrogé, citant Dilexi te, sa dernière exhortation apostolique consacrée à l’amour envers les pauvres. Selon lui, "la réponse que nous apportons à ces questions détermine la valeur de nos sociétés et donc notre avenir". Et d’ajouter immédiatement : "La qualité évangélique de notre éducation dépend également de cette réponse."
Aider chacun à devenir saint, "rien de moins"
Un peu plus loin, le successeur de Pierre a aussi mis en garde les enseignants : "au centre des parcours éducatifs, il ne doit pas y avoir des individus abstraits, mais des personnes en chair et en os, en particulier celles qui semblent ne pas être [en capacité, ndlr] de rendre, selon les paramètres d'une économie qui exclut et tue".
Le Pape a enfin encouragé les éducateurs à révéler la "vocation à la sainteté" de chaque jeune. Commentant une citation de John Henry Newman, "j’ai une mission : peut-être ne la connaîtrai-je pas dans cette vie", le Pape a assuré que chacun avait une vocation sur terre. "Ma vie sert à quelque chose de plus grand que moi ! Chaque créature a un rôle à jouer", a-t-il insisté, après avoir assuré que "la vie ne s'illumine pas parce que nous sommes riches, beaux ou puissants".
Léon XIV a conclu en résumant ainsi la mission de l’enseignement catholique aujourd’hui : "Nous pouvons donc dire que l'éducation, dans la perspective chrétienne, aide chacun à devenir saint. Rien de moins."











