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Le casse-tête liturgique du 2 novembre

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Valdemar de Vaux - publié le 01/11/25
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Le 2 novembre tombe cette année un dimanche. Est-ce une réelle information ? Oui, si l’on veut savoir comment la liturgie s’arrange entre les oraisons et lectures du dimanche et une célébration qui a des atours pénitentiels mais qui est liée à une grande dévotion populaire. Explications.

Tout le monde a remarqué que le 2 novembre, cette année, tombe un dimanche. Certains pour déplorer le fait que la Toussaint, la veille, un des jours fériés français, soit un samedi. D’autres, plus attentifs, voire pointilleux, pour se demander comment la liturgie pouvait résoudre une telle possibilité qui n’est pas arrivée depuis 2014. Car le 2 novembre est le jour de Commémoration de tous les fidèles défunts, et le dimanche est un dimanche, qui prime sur les mémoires des saints et les fêtes si elles ne concernent pas le Seigneur lui-même. Seules les solennités supplantent les oraisons et lectures dominicales, sauf en Avent et Carême, des temps qualifiés de "privilégiés".

Les normes du calendrier liturgique, qui règlent la hiérarchie des célébrations liturgiques, affirment que la Commémoration des fidèles défunts devance le dimanche per annum, ou "en temps ordinaire" comme on l’a traduit en français. Le casse-tête en était-il vraiment un ? Oui, car le diable se cache dans les détails, selon l’adage. Le formulaire de la messe du 2 novembre ne prévoit ni le Gloria, ni le Credo, mais la Présentation générale du missel romain (PGMR) affirme : "On chante ou on dit le Gloria le dimanche en dehors de l´Avent et du Carême, aux solennités et aux fêtes, ou encore dans des célébrations particulières plus solennelles" (§53).

Dire ou ne pas dire le Gloria

Il y a donc un conflit, si l’on peut dire. La Commémoration de tous fidèles défunts surpasse le dimanche, mais sans être une occasion festive comme toutes les autres messes qui sont dans le même cas. Dès lors, deux interprétations existent. La première met en avant le caractère pénitentiel d’une telle célébration et la rapproche de l’Avent et du Carême, préférant omettre le Gloria tout en disant le Credo. Autrement dit, il n’existe pas de liturgie en violet où l’on dise l’hymne de louange. C’est par exemple le choix du mensuel Magnificat ou de l’abbaye de Solesmes, connue pour sa rigueur liturgique.

La deuxième option, celle d’un liturgiste qu’Aleteia a consulté ou le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle (SNPLS), est de privilégier la dimension dominicale et de chanter le Gloria. Puisque rien n’est précisé, effectivement, il peut paraître plus logique de préserver les éléments propres au dimanche évoqués dans le paragraphe de la PGMR ci-dessus. Ainsi la Commémoration de tous les fidèles défunts serait-elle une solennité qui ne dit pas son nom, comme le suggère la table des jours liturgiques de la PGMR qui met le 2 novembre en majuscule, comme les solennités, sans adjoindre ce qualificatif comme c’est l’habitude.

De l’imperfection de la liturgie

Encore une querelle de spécialistes ? Certes, mais qui parle aussi de ce qu’est la liturgie, qui s’adapte à la dévotion populaire. Le calendrier pourrait effectivement faire décaler la Commémoration de tous les fidèles défunts au 3 novembre les années où elle tombe un dimanche, mais avec le risque de perdre le lien entre la Toussaint et quelques fidèles pourtant attachés à la prière pour les morts. Plus profondément, ce casse-tête permet de constater l’imperfection du culte que l’homme rend à son Créateur. Malgré tous les désirs de perfection. Vivement le dimanche 2 novembre 2031 pour s’en rendre de nouveau compte : la liturgie est bancale.

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