Des frappes "immédiates" sur la bande de Gaza. Voilà ce qu'a ordonné le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le 28 octobre. Le Hamas a quant à lui annoncé, le même jour, le report de la restitution d’une dépouille d’otage. Les deux camps s’accusent mutuellement de violer l’accord de cessez-le-feu.
"Violation flagrante"
L’armée israélienne a indiqué, le 27 octobre au soir, que la Croix-Rouge avait pris en charge un cercueil contenant la dépouille d’un otage détenu dans la bande de Gaza, après que la branche armée du Hamas a annoncé la restitution d’un seizième corps de captif, enlevé le 7 octobre. Cependant, à l’issue des examens d’identification, le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a précisé, le 28 octobre, que "les restes humains rendus n’étaient pas ceux de l’un des 13 otages dont le Hamas doit encore rendre les corps à Israël", conformément à l’accord de cessez-le-feu en vigueur depuis le 10 octobre dans le territoire palestinien. Selon le communiqué, ils "appartenaient à l’otage Ofir Tzarfati" dont une partie des restes avait déjà été rapatriée fin 2023, puis "en mars 2024" depuis Gaza, "lors d’une opération militaire". Pour mémoire, Ofir Tzarfati, 27 ans, avait été enlevé le 7 octobre 2023 au festival de musique Nova, lors de l’attaque du Hamas contre Israël.
Le bureau du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a qualifié la restitution de "violation flagrante" de l’accord de trêve négocié sous l’égide du président américain Donald Trump. À l’issue d’une réunion sur la sécurité, "le premier ministre a ordonné à l’armée de mener immédiatement des frappes puissantes sur la bande de Gaza", a précisé le bureau dans un communiqué succinct. Pour Itamar Ben Gvir, ministre d’extrême droite chargé de la Sécurité intérieure, le refus du Hamas de "transférer immédiatement toutes les dépouilles " est la preuve qu’il est "encore debout". "Il est temps de lui briser ses jambes une bonne fois pour toutes", a-t-il martelé. De son côté, le Hamas a annoncé le report de la remise à Israël d’une nouvelle dépouille d’otage, "retrouvée dans un tunnel du sud de Gaza", initialement prévue le 28 octobre en fin de journée.
Des violences meurtrières
La trêve a déjà été mise à rude épreuve par de violents affrontements survenus le 19 octobre dans la bande de Gaza, les plus graves depuis le début du cessez-le-feu le 10 octobre. Après la mort de deux soldats israéliens lors de tirs, Israël a mené d’importantes frappes contre Gaza, accusant le Hamas de violer l’accord de trêve. Le Hamas a nié toute responsabilité et accusé en retour Israël de "chercher des prétextes pour bombarder". Selon le ministère de la Santé du Hamas, 94 Palestiniens ont perdu la vie dans ces frappes israéliennes depuis le 10 octobre.
D’après la première phase de l’accord de cessez-le-feu entré en vigueur le 10 octobre, le Hamas avait libéré au 13 octobre l’ensemble des 20 otages vivants retenus à Gaza depuis son attaque du 7 octobre 2023 contre Israël. Il s’était également engagé à restituer 28 corps de captifs, mais seuls 15 ont été remis jusqu’à présent.
Un bilan qui continue de s’alourdir
Le Hamas affirme vouloir restituer toutes les dépouilles, tout en répétant que les recherches sont "complexes et difficiles" dans un territoire ravagé par deux ans de bombardements. De leur côté, les États-Unis, alliés d’Israël, ont maintes fois menacé d’anéantir le Hamas si celui-ci ne respectait pas ses engagements sur le retour des otages.
Pour rappel, l’attaque du 7 octobre a fait 1 221 morts côté israélien, principalement des civils, selon un bilan de l’AFP à partir de sources officielles. En représailles, l’offensive israélienne a causé la mort de 68 531 personnes à Gaza, majoritairement des civils, selon les chiffres du ministère de la Santé du Hamas, et provoqué une catastrophe humanitaire. Ce bilan ne cesse de croître, avec la découverte de nouveaux corps dans les ruines et des victimes supplémentaires lors des frappes israéliennes, selon les autorités locales.









