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De la lumière aux ténèbres. L’ancienne église désacralisée “La Maison des Chœurs”, située place Albert Ier à Montpellier, doit accueillir le 31 octobre la soirée “Dark Halloween en Eglise”. Cet événement, affichant complet, s’inscrit dans le cadre du festival “Ex Tenebris Lux” qui propose du 5 octobre au 5 novembre des manifestations dédiées aux "cultures sombres et poétiques" dans des lieux historiques de la ville. Au programme de cette soirée : “Concerts & dancefloor endiablé”, “Performers”, “Mapping de lumières sur les murs de pierre et vitraux”, ainsi que diverses “Surprises…”.
Une ancienne chapelle qui abrite la sépulture de deux évêques
Ancienne chapelle désacralisée, “La Maison des Chœurs” appartient aujourd’hui à la ville de Montpellier. Elle fut à l’origine la chapelle Saint-Charles, édifiée par décision de Louis XIV en 1678. L’ancienne chapelle abrite toujours les sépultures de deux évêques et d’un chanoine, figures de la charité chrétienne montpelliéraine, dont Mgr Charles de Pradel, fondateur de l’hôpital Saint-Charles. Désormais, “La Maison des Chœurs” accueille habituellement les répétitions des chorales de la ville et des concerts publics.
Réaction de l’archevêque de Montpellier
L’annonce de cet événement a ému les Montpelliérains et suscité plusieurs réactions. Mgr Norbert Turini, archevêque de Montpellier, a réagi le 27 octobre à la programmation. Dans sa déclaration, celui-ci explique qu’étant "conscient que ce lieu n’est plus affecté au culte" et qu’il "appartient aujourd’hui à la ville", "il s’agit d’une ancienne chapelle, qui abrite encore les sépultures de deux évêques de Montpellier (...)". L’évêque exprime son inquiétude quant à la tenue de l’événement mentionnant que le "lieu porte une mémoire spirituelle, historique et humaine qui demeure vivante dans la conscience de nombreux citoyens" et que "le titre de cette soirée, “Dark Witness en Église" comporte "un contenu ambigu", qu’il peut "dans un tel lieu", "légitimement choquer" et qu’il n’y a, à ses yeux, "pas sa place". Mgr Norbert Turini évoque aussi le fait que des fidèles catholiques mais également des personnes non croyantes "sont légitimement troublés et expriment leur incompréhension". Il conclut sa déclaration en rappelant la définition de la laïcité qui, "telle que définie par [la] République, ne consiste pas à effacer toute présence du religieux dans l’espace public", mais "appelle au respect mutuel entre tous les citoyens, quelles que soient leurs convictions".
De son côté, une association chrétienne, “Servants du Christ”, a également lancé une pétition, le 28 octobre, sur le site change.org. Elle appelle le maire de Montpellier à déplacer l’événement dans un autre lieu de la ville, dénonçant une initiative qui "ne peut que heurter profondément la conscience collective et blesser durablement la communauté catholique montpelliéraine", et mettant en avant "un spectacle dont l’intitulé même détourne le sens du sacré".
Que peut-on faire dans une église ?
Ces réactions s’inscrivent dans un climat général où l’usage des églises, toujours dédiées au culte, ou non, pour des activités non cultuelles, fait débat. Annulation d’un concert à Carnac ou à Metz, d’un “DJ set” à la basilique Fourvière de Lyon : les exemples se multiplient. Mais qu’en est-il des règles ? Qu’est-il possible de faire dans une église affectée au culte, et comment déterminer les activités qui peuvent ou non y être proposées ?
Il n’existe pas, en réalité, de liste ni de textes autorisant ou prohibant telle ou telle activité dans une église. Le principe, émis par le Code de droit canonique en son canon 1210, est le suivant :
Ne sera admis dans un lieu sacré que ce qui sert ou favorise le culte, la piété ou la religion, et y sera défendu tout ce qui ne convient pas à la sainteté du lieu. Cependant l’Ordinaire peut permettre occasionnellement d’autres usages qui ne soient pourtant pas contraires à la sainteté du lieu.
À cela s’ajoute la Tradition de l’Église. Comme l’expliquait à Aleteia, en juin 2023, le père Gautier Mornas, de la commission art sacré de la CEF, pour les concerts, l’Église en France s’est prononcée à plusieurs reprises, notamment dans les années 1990 où ne cessaient d’affluer les demandes. Les directives du Conseil permanent des évêques de France, adoptées le 13 décembre 1988, rappellent ainsi "qu’une église n’est pas une salle de spectacle comme une autre" et que "toute manifestation culturelle doit être compatible avec le caractère sacré du lieu". Le texte recommande par ailleurs une application au cas par cas et la nécessité de ne pas donner d’autorisation permanente : ainsi, "chaque concert doit faire l’objet d’une demande à part entière pour l’occasion". "On peut considérer qu’est compatible avec le culte toute activité qui peut élever l'humanité et l’aider à grandir", analyse le père Mornas, tout en notant cependant que "les lignes de ce principe demeurent floues". Ainsi par exemple, "s’il paraît assez évident qu’un concert de heavy metal ne trouve pas sa place dans une église, plus complexe peut être la délibération pour d’autres types de concerts : on pense par exemple à l’artiste ‘Kali Malone’ dans l’église de Carnac, organiste, mais dont le nom de certains morceaux a prêté le flanc à la contestation (‘Profaner le sacré’)".
En ce qui concerne les monuments religieux, Édouard de Lamaze, président de l’Observatoire du patrimoine religieux, estime que les églises désacralisées doivent être traitées avec le même respect : "Ce sont des lieux qui sont imprégnés d’une mémoire. On ne fait pas n’importe quoi dedans. Ils ont eu une vocation, et nous rappellent que nous sommes un pays chrétien."



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