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Attendre ou pas, après son mariage, pour avoir un enfant ?

6 min de lecture
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Crédit : fizkes | Shutterstock

Vous allez vous marier ou vous venez de le faire, et vous vous demandez quel sera le meilleur moment pour accueillir votre premier enfant. Voici cinq conseils d’Emmanuelle Riblier, psychologue et conseillère conjugale et familiale.

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"Nous avons eu notre premier enfant neuf mois après notre mariage, racontent Laure et Léo. Nous étions très heureux mais cela nous a pas mal bousculés. Nous avons eu l’impression de passer sans transition de nos deux vies de célibataires à une vie à trois, de la vie de jeune professionnel à celle de jeune parent." Quant à Adeline et Hugo, ils ont attendu deux ans pour mettre en route un bébé : "La première année de mariage, spécialement si on n’a pas habité ensemble avant, apporte beaucoup de nouveautés. Cela prend du temps de s’habituer l’un à l’autre. Nous avons bien aimé cette période de vie à deux." Certains se marient tard et souhaitent un bébé tout de suite. D’autres au contraire se marient jeunes et préfèrent attendre un peu.

Que l’on ait un enfant tout de suite ou pas, que la nature fasse les choses différemment de ce qu’on aurait choisi, l’essentiel est que la question de l’accueil de la vie, qui est un des quatre piliers du mariage, ait été abordée avant le mariage. "Que ce ne soit pas un sujet tabou, conseille Emmanuelle Riblier, psychologue et conseillère conjugale et familiale. "Mais que le couple s’interroge : "Comment nous sentons-nous prêts à avoir un enfant ?". Il peut aussi se demander par exemple comment se préparer à accueillir l’enfant s’il arrive plus tôt que prévu. Les deux extrêmes à éviter, sont d’une part le désir de tout contrôler c’est-à-dire par exemple d’avoir une grande maison, un CDI, du matériel de puériculture etc., avant d’envisager d’avoir un enfant. Ou bien de prendre l’enfant comme il vient, sans en avoir parlé avant."

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Construire le couple conjugal avant le couple parental

Avant d’être un couple parental, le couple est conjugal. Cette alliance entre le mari et la femme est même ce qui constitue le socle de la famille, le noyau dont l’étanchéité est à préserver pendant toute la vie. "Le couple conjugal, explique la psychologue, c’est toute l’alchimie de ce qui fait que “je suis ta préférence” et “tu es ma préférence”, c’est le “toi et moi”. Il existe avant l’enfant dont la venue crée forcément une rupture d’équilibre. Il est donc important de prendre du temps de le construire. Si le couple est bien construit et qu’un bébé s’annonce de manière imprévue, il peut se dire : “c’est tôt, mais c’est chouette”". 

En prenant le temps de tisser les liens qui les unissent, les époux construisent leur couple conjugal, font grandir leur amour et lui donnent la capacité de s’ouvrir à un autre. "Alors l’ouverture à la vie va jaillir comme un désir profond du couple". 

Apprendre à faire des choix en couple

Dans tous les domaines de sa vie, le couple va devoir faire des choix : choix d’un logement, de la place donnée aux amis, aux familles, des écoles, des vacances etc. On peut être tenté de laisser les événements décider pour nous, mais ce n’est pas ce qui construit le couple. 

La capacité de choisir en couple le solidifie.

"Il est important que le premier enfant ne soit pas subi mais que le couple l’ait choisi, affirme Emmanuelle Riblier, c’est-à-dire qu'il soit le fruit d'une maturation, d’une croissance au sein du couple, et que son arrivée ait pu être pensée, parlée, priée. Choisir, c’est exercer sa volonté et sa liberté intérieure. La capacité de choisir en couple le solidifie. Elle prouve que les époux apprennent à fonctionner à deux. Dans le cas de la fécondité, le couple peut faire le choix de différer une naissance, par exemple pour prendre le temps de se découvrir et de s’ajuster, mais aussi de faire confiance à la vie. Lorsqu’un choix n’est pas vraiment pris à deux, l’expérience montre que ses conséquences ne sont pas assumées à deux mais par un seul des époux."

Identifier les freins

Chez certaines personnes, la perspective d’avoir un enfant peut réactiver des souffrances, provoquer une tristesse, ou être vécue comme porteuse d’anxiété ou de menace. La mauvaise option serait de se le cacher, de ne pas s’en ouvrir à son conjoint ou de croire que le mariage résoudra le problème d’un coup de baguette magique. 

"Ce genre de réaction n’est ni anormal, ni illégitime, rassure la conseillère conjugale et familiale. Cela arrive par exemple chez un quelqu’un qui a souffert d’avoir des parents trop jeunes ou pour un aîné qui s’est beaucoup occupé de sa fratrie. Je conseille d’en parler avant le mariage et de ne pas hésiter à le travailler avec un professionnel (psychologue, conseiller conjugal et familial etc.). S’occuper de ces freins ne fait pas du couple un couple fragile mais un couple qui a le courage de travailler sur son lien."

Que l’enfant ne soit pas vécu comme un intrus

L’arrivée d’un bébé déséquilibre inévitablement le couple conjugal, mais l’enfant ne doit pas être vécu comme un intrus, c’est-à-dire comme "celui qui empêche" (de partir en voyage, de pratiquer nos loisirs etc.) ou "celui qui dérange" (notre confort, notre organisation etc.) "De fait, sourit Emmanuelle Riblier, les petits c’est merveilleux, mais ils ont un rythme monotone et régulier et quand ils sont malades ou qu’ils ne font pas leurs nuits, ils empiètent malgré eux sur le couple conjugal. Cependant, si le bébé résulte d’un choix, le couple acceptera cette rupture d’équilibre pour un nouvel équilibre."