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Pierre aime l’action. Marié et père de trois enfants, il est très investi dans son travail – il est ingénieur en systèmes d’information –, dans l’école de ses enfants en tant que membre assidu de l’Apel, au club de triathlon – il est toujours volontaire pour organiser les courses le week-end – mais aussi dans sa paroisse où il anime régulièrement, avec sa femme, les préparations au baptême. Quand on lui demande si cela ne lui fait pas "trop", il répond : "Non, j’aime bien."
"L’être humain a besoin de faire pour se réaliser, c’est la bonne partie de l’action, on a besoin de poser des actes", souligne don Paul Préaux, modérateur général de la communauté Saint-Martin et accompagnateur de couples vers le mariage. "Il faut aimer en actes et en vérité, c’est ce que nous dit saint Jean (cf 1Jn 3,18) mais si l’action cache un vide, une fuite, elle peut devenir une façon d’éviter la rencontre. On a besoin de se donner à travers l’action, mais est-ce pour édifier ou pour fuir ?"
Un discernement d’autant plus important lorsqu’on est marié. L’activisme est un danger pour le couple s’il empêche une vraie communion avec l’autre. "Quelqu’un peut être très impliqué dans son travail, dans le monde associatif ou ecclésial mais peut ne pas être à sa place s’il ne fait pas ce que Dieu veut de lui", précise don Paul Préaux, invitant à faire la distinction entre faire des actes pour Dieu et faire l’œuvre de Dieu. Il convient de se demander : "Pourquoi mon service bénévole dans telle œuvre caritative ou éducative me prend-il autant de temps ? Qu’est-ce que je cherche ? La charité ?" "La charité a ses priorités, répond le prêtre, le couple est au sommet de la liste, la famille ensuite et les activités après." Car c’est dans leur communion de vie et d’amour que les époux réalisent leur chemin de sanctification.
"N'entreprends pas beaucoup de choses, dit Ben Sira ; à les multiplier, tu ne serais pas sans reproche, et à les poursuivre, tu ne les saisirais pas" (Si 11,10).
Les risques de l’activisme
"Certains multiplient les activités jusque dans leur couple ou leur famille et c’est souvent la cause d’un grand malaise", constate don Paul Préaux. Outre le fait que le conjoint ou les enfants peuvent se sentir mis sur la touche, c’est aussi prendre le risque de s’épuiser et de ne plus rien avoir à donner. Saint Vincent de Paul écrivait à Louise de Marillac : "Il y a une tentation subtile de l’ennemi de vous en faire faire toujours plus pour qu’à moyen terme vous ne puissiez plus rien faire."
On ne prend pas le temps de s’arrêter pour s’écouter, se regarder, contempler…
L’activisme concerne aussi les rythmes de chacun dans le couple. "Deux personnes qui vivent en communion n’ont pas forcément les mêmes rythmes de compréhension intellectuelle, affective et de perception du réel", constate encore le prêtre. "Il est donc très important, avant de se lancer dans l’action, de voir si l’autre est avec nous ou pas." Le risque, c’est qu’un jour, le conjoint se réveille et dise à l’autre : "Tu ne m’as jamais respecté dans mes attentes et mes besoins, tu n’as pas entendu ce que je voulais apporter, nous ne sommes plus en communion". Dans le contexte actuel de l’accélération des rythmes de vie, le respect du rythme de l’autre n'est pas évident. "On ne prend pas le temps de s’arrêter pour s’écouter, se regarder, contempler… Autant de petits chemins de déviance qui nuisent à la communion des personnes", alerte don Paul Préaux.
Un dernier risque lié à l’activisme serait de s’agiter en vain. Saint Paul le résume dans sa deuxième lettre aux Thessaloniciens : "Nous apprenons que certains d’entre vous mènent une vie déréglée, affairés sans rien faire." (2Th 3,11). Don Paul Préaux les compare à des moulins à vent : "Ils tournent, ils tournent, ils tournent, mais ils ne produisent rien. Ils tournent à vide. Ils font beaucoup de bruit, ils brassent beaucoup de vent."
À tous les grands actifs surinvestis dans diverses activités, don Paul Préaux donne deux conseils. Un, discerner : "Pourquoi tu en fais tant ? Pour quoi et pour qui te démènes-tu autant ?". Et deux, se reposer : "Soufflez, reposez-vous. Reposez-vous l’un sur l’autre, entrez dans le repos de Dieu.".
Pratique



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