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Trois alternatives à l’Ehpad pour repenser le bien-vieillir

Trois alternatives à l’Ehpad pour repenser le bien-vieillir

85% des Français préfèrent rester à leur domicile plutôt que d’entrer dans une maison de retraite, d’après une étude de l’IFOP.

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Anna Ashkova - publié le 26/10/25
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De nombreuses personnes âgées sont réticentes à l’idée de devoir intégrer un Ehpad en cas de perte d’autonomie ou d’isolement. Pourtant, des solutions existent pour ne pas rejoindre une maison de retraite. 

"J’habite au cinquième étage sans ascenseur. Descendre, ça va, mais c’est pour monter... Avec le sac, puis avec la canne, ce n’est pas évident. J’ai toujours peur de tomber. Mais je ne veux pas aller en Ehpad. Je peux encore prendre soin de moi !", confie Claude, 79 ans. Comme 85% des Français (d’après une étude d'Ifop en 2019), il préfère rester à son domicile plutôt que d’aller dans une maison de retraite. Néanmoins, à cause de la solitude, des premiers signes de perte d'autonomie, d’un lieu de vie non adapté, de nombreuses personnes âgées sont obligées de réfléchir à une solution adaptée à leur situation. Ainsi, elles sont nombreux à explorer d’autres pistes, quand cela leur est possible tant financièrement que physiquement. Des alternatives qui donnent du sens au quotidien et permettent de rester acteur de sa vie.

1Maintien à domicile avec une assistante de vie

"Ma mère ne se voyait pas dans une maison de retraite. Elle a vécu plus de 70 ans dans sa maison et il était hors de question qu’elle la quitte. La mettre en Ehpad était une solution inimaginable pour moi, tant sur le plan financier que psychologique. Je savais qu’elle ne s’y plaira pas", confie Anne, 57 ans. Pour maintenir sa mère de 89 ans à son domicile, elle a donc fait appel à Christine, une assistante de vie, qui vient deux fois par semaine chez Bernadette. Aide au quotidien, elle représente aussi une présence rassurante lorsque les enfants et les petits-enfants ne peuvent pas se rendre disponibles. "Elle est épaulée par une infirmière qui prodigue des soins à ma mère car elle a du diabète", précise Anne. 

Comme pour Bernadette, pour beaucoup, rester chez soi, dans un environnement familier, est la priorité absolue. Si les personnes âgées peuvent se sentir parfois seules, voire isolées, elles peuvent compter sur l’aide des associations, tout en restant chez elles. "Je joue aux cartes avec le bénévole des Petits Frères des Pauvres. Et d’autres personnes, les infirmiers ou même les auxiliaires de la vie jouent aux cartes. Il faut qu’ils jouent aux cartes. Ça m’a toujours fait du bien. N’importe quel jeu, ça me fait du bien", témoigne Richard, 72 ans.

2Vivre avec sa famille

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D’autres optent pour la vie avec leurs enfants. Très répandue en Asie, la cohabitation chez un proche est en effet une solution qui favorise les liens familiaux et permet un accompagnement au quotidien. Elle demande cependant de bien préparer l’organisation, pour que chacun garde son espace et son équilibre. "Nous avons décidé d’accueillir mes parents chez nous. Heureusement, que nous avions une dépendance que nous avons pu aménager pour eux. Ainsi personne ne se sent oppressé et nous sommes toujours là les uns pour les autres. Mes parents nous aident beaucoup avec les enfants !", raconte Émile, 37 ans. 

Pour d’autres, c’est un moyen de se rapprocher des enfants, une fois que leur conjoint est décédé. "A la mort de Pierre, je me suis sentie terriblement seule. Je suis devenue veuve très jeune, à 60 ans. Pendant des années, je venais rendre visite à mes enfants et petits-enfants en Alsace, mais avec le temps, le trajet est devenu un peu long que ce soit en voiture ou en train. Je vieillis… Ma fille m’a proposé de venir m’installer chez elle, j’ai accepté avec joie", explique Rozenn, 77 ans, originaire du Pays basque.  

3Maisons partagées, collocations intergénérationnels, béguinages...

Enfin, il y a ceux qui optent pour des lieux de vie partagés, très populaires auprès des séniors. À commencer par les béguinages : ces lieux de vie atypiques imaginés en Belgique au XIIIe siècle. Au XXIe siècle, ils se sont transformés en lieu de vie pour les personnes âgées non dépendantes, souhaitant avoir leur "chez-soi" mais vivre en communauté, avec des espaces collectifs et des services mutualisés. "C’est une vraie alternative pour le bien vieillir et les projets ne manquent pas car il y a beaucoup de demandes pour en créer de nouveaux !", expliquait à Aleteia Thierry Prédignac, cofondateur et président d'honneur de l'association Vivre en Béguinage. 

D’autres, comme Jean-Louis, 86 ans, s'orientent vers des colocations partagées où les jeunes et les séniors cohabitent en favorisant la solidarité et le partage. Cette cohabitation offre des avantages pour chacun des colocataires, permettant notamment aux jeunes, surtout aux étudiants, de disposer d’un logement gratuit ou à prix modéré, et à la personne âgée d’éviter l’isolement, le principal frein du maintien chez soi des séniors. Et bien souvent, des vrais liens se créent. C’est ainsi qu'Élisabeth, ancienne professeur de musique, a pu renouer à 76 ans avec sa grande passion grâce à Victoria, 23 ans : "Nous passons des soirées à écouter la musique classique et elle me joue du piano le week-end. Je ne peux plus le faire à cause de mon rhumatisme". Quant à Paul, 80 ans, il avoue que partager son toit avec quelqu’un de jeune le remet dans le monde et le mouvement. 

Face à la diversité des situations et des attentes, il est rassurant pour Jean-Louis, Bernadette ou encore Richard de voir que des alternatives existent pour répondre à leurs besoins. Autant de solutions qui redonnent du sens au vivre-ensemble et au "bien vieillir chez soi" !

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