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Après huit mois en mer, le Bel Espoir jette l’ancre à Marseille

Le Bel Espoir

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Hortense Leger - publié le 24/10/25
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Huit mois en mer, une trentaines d’escales et une volonté commune : bâtir la paix au cœur de la Méditerranée. Le trois-mâts Med 25 Bel Espoir jette définitivement l’ancre à Marseille ce 25 octobre, port d’arrivée d’une aventure fraternelle menée par 200 jeunes venus de tout le bassin méditerranéen.

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Une odyssée maritime hors norme touche à sa fin. Le trois-mâts goélette Med 25 Bel Espoir, navire parti de Barcelone en mars 2025, qui a accueilli à son bord des jeunes âgés de 20 à 35 ans venus de toute la Méditerranée, va accoster ce samedi 25 octobre dans le port de Marseille. Pensé comme une forme de réponse à la "troisième guerre mondiale en morceaux" qui, des mots du pape François, ensanglante aujourd’hui les rives de la Méditerranée, le navire a accueilli 200 jeunes hommes et femmes, de diverses nationalités et de toutes confessions, dans le but de dialoguer autour de la notion de paix. Organisée en huit sessions, cette aventure s’achève ce 25 octobre. Au programme, "Armada pour la paix" et festival de musique le samedi, et messe conclusive présidée par Mgr Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, le dimanche. 

Bel_Espoir
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Créer des liens uniques

Parti de Barcelone le 1er mars 2025, le Med 25 Bel Espoir a parcouru les cinq rives de la Méditerranée et réalisé plus de 30 escales en Afrique du Nord, au Proche-Orient, dans la mer Égée, aux Balkans et en Europe latine. Le but : faire monter à son bord une vingtaine de jeunes de 20 à 35 ans venus de différents pays méditerranéens, répartis en huit sessions, pour leur permettre de vivre une expérience de rencontre et de fraternité. À chaque port, festivals et conférences sur la paix ont rythmé cette folle odyssée. Nathalia Chaoul, libanaise de 31 ans , a participé à la septième session du Bel Espoir, du 28 août au 13 septembre 2025, de Ravenne à Bari, en Italie. Elle raconte avec émotion les liens uniques noués pendant ce voyage. "Nous avons rapidement appris à nous connaître personnellement. Nous savions d’où chacun venait, quel était son passé. Un lien intime s’est créé car nous vivions toujours les uns avec les autres, dans un petit espace duquel nous ne pouvions pas nous échapper. L’un des jeunes avait une famille qui n’était pas croyante, cela résonnait avec ma propre histoire car j’avais les mêmes problèmes à l’époque. Je me suis dit que nous avions beaucoup en commun. Nous sommes devenus amis." La jeune libanaise raconte aussi la place importante laissée au dialogue durant le voyage. "Tout le monde s’écoutait pendant nos temps d’équipe, chacun pouvait parler de son expérience. Nous n’étions pas là pour convaincre l’autre, simplement pour exprimer ce en quoi nous croyions. C’était une expérience très profonde." Les difficultés rencontrées en mer ont également permis d’unir les jeunes. "Les trois premiers jours, il y avait beaucoup de houle. La majorité des jeunes a été malade, car nombreux étaient ceux qui naviguaient pour la première fois. Ceux qui ne l’étaient pas, comme moi, ont aidé les autres. Cette expérience nous a unis dès le début de l’aventure."

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"Reborn from the sea"

Réalisatrice, la jeune femme a souhaité immortaliser son périple à travers la création d’un documentaire. "Reborn from the sea" ("Renaître des flots", en français), film de 12 minutes tourné avec l’un de ses amis tunisien rencontré sur le bateau, Mohammad Mahdi Aifa, retrace la vie vécue à bord du Bel Espoir par les jeunes de la septième session. L’amitié nouée entre Petra, croate catholique et Konstantin, serbe musulman, y est particulièrement soulignée. Le film débute avec le récit de la guerre de Yougoslavie et montre comment la rencontre entre deux jeunes issus de ce conflit peut amener à la réconciliation et à la paix. La jeune croate et le jeune serbe prononcent ensemble cette phrase symbolique au début du documentaire  : "Quand je connais bien une personne, sa personnalité importe plus que son passé, que là d’où elle vient."

Sous le regard de deux Papes

Tout un symbole, le Bel Espoir, en cette année placée sous le signe de l’espérance, a navigué sous le regard bienveillant de deux papes. Bénie à Barcelone par le pape François lors de son départ, la fin de l’épopée du navire a aussi été marquée par la venue, le vendredi 14 octobre, du pape Léon XIV à son bord. La visite a eu lieu lorsque le navire a stationné pendant deux jours à Ostie, avant de prendre la route pour son ultime traversée jusqu’à Marseille. À l’orée de cette dernière étape, le Souverain pontife a prodigué aux jeunes quelques conseils pour construire la paix. Celui-ci a salué cette aventure exceptionnelle, qui a permis à 200 jeunes de vivre concrètement la rencontre et le dialogue au fil de ces huit mois d’odyssée. À partir de ce dialogue, Léon XIV a égrainé l’idée de construire des ponts; "pas nécessairement un pont au-dessus de la Méditerranée, mais un pont entre nous tous, peuples de nombreuses nations différentes". Après avoir salué individuellement chacun de ces jeunes, originaires d’Albanie, des Balkans, d’Égypte, de Palestine, d’Espagne, de Malte, France ou encore Italie, le Pape a souligné très simplement combien "il est merveilleux d'apprendre à connaître des gens, en voyageant littéralement autour de la Méditerranée". "Je suis sûr que toutes ces personnes vivant sur un bateau aussi petit... (...) apprennent à vivre ensemble, à se respecter les uns les autres et à surmonter les difficultés. C'est aussi une expérience formidable pour vous tous, en tant que jeunes, mais c'est aussi quelque chose que vous pouvez nous enseigner à tous.", a-t-il conclu. 

Bel_Espoir
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De cette expérience, Nathalia est ressortie changée et grandie. La traversée inspire aujourd'hui son travail quotidien de réalisatrice : "J’ai le désir de réaliser des documentaires sur bien d’autres pays. J’ai envie de montrer la Serbie, Malte et tant d’autres terres, pour dire à quel point nous avons en commun avec les gens qui y habitent." Du Bel Espoir, la jeune libanaise retient l’espoir de paix qu’il soulève entre les différentes nations de la Méditerranée. Elle le formule simplement : "Je ne peux pas imaginer que le Liban entre un jour en guerre contre des nations auxquelles appartiennent les amis que j’ai rencontrés sur ce bateau. Le Bel Espoir est pour moi un signe de paix envoyé au monde, un signe de paix que nous devons, nous jeunes, cultiver."

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