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La suspension de la réforme des retraites actée, son financement critiqué

Sebastien-Lecornu-AFP

Sébastien Lecornu.

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AFP - publié le 23/10/25
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Le gouvernement français a entériné jeudi 23 octobre la suspension, jusqu’en 2028, de la réforme des retraites qui repoussait l’âge légal de départ à 64 ans, en l’inscrivant au projet de budget 2026 de la Sécurité sociale. Mais son mode de financement—via les complémentaires santé et une moindre revalorisation des pensions—soulève l’indignation des syndicats et de l’opposition.

Le gouvernement français a validé jeudi 23 octobre l'inscription de la suspension de la réforme des retraites dans le projet de budget 2026 de la Sécurité sociale, mais la mise à contribution des complémentaires santé et des retraités, prévue pour la financer, suscite de vives critiques.

En 2023, la très impopulaire réforme des retraites, qui porte progressivement de 62 à 64 ans l'âge légal de départ, avait suscité une vaste mobilisation dans la rue, avant d'être adoptée aux forceps et de devenir un point de fixation pour les oppositions.

"Gage de clarté et de transparence", l'inscription de la suspension de la réforme "dans le texte initial" du projet de loi de financement de la Sécurité sociale "vise à garantir la tenue d'un débat parlementaire loyal et sincère", selon un communiqué des services du Premier ministre Sébastien Lecornu. L'examen du texte doit débuter au Parlement lundi.

Le projet suspend jusqu'à janvier 2028 la marche en avant vers le départ à la retraite à 64 ans, tout comme le relèvement du nombre de trimestres à cotiser pour partir à taux plein. Cette suspension coûtera 100 millions d'euros en 2026 et 1,4 milliard d'euros en 2027, selon les prévisions des services du gouvernement.

Le financement de la suspension contesté

Pour financer la mesure, les complémentaires santé et les retraités seront mis à contribution, ce qui suscite l'opposition de plusieurs syndicats. "Il n'est pas possible que la désindexation des pensions prévoie quasiment deux années blanches pour les retraités en 2026 et 2027. Les plus modestes ne peuvent supporter une telle mesure", a réagi à l'AFP Yvan Ricordeau, numéro 2 de la CFDT. "On fait payer une micro-suspension de la réforme aux retraités actuels et futurs", a déploré de son côté Denis Gravouil, secrétaire confédéral de la CGT, Rémi Servot, de l'association nationale des retraités (ANR).

A gauche, La France insoumise a dénoncé "un jeu de dupe". "Les retraités partiront trois mois avant mais avec une retraite plus faible", a relevé le président de la commission des Finances à l'Assemblée nationale, Eric Coquerel.

Le Rassemblement national (extrême droite), également favorable à la suspension, a lui aussi dénoncé le financement de la mesure. "Ils tapent toujours sur les mêmes", a estimé la présidente des députés RN Marine Le Pen, sans préciser si son parti pourrait s'abstenir sur le projet de budget de la Sécu afin de laisser passer la suspension.

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