separateurCreated with Sketch.

Surveillance, profilage… L’IA, nouvel outil de persécution des chrétiens ?

Creditsocial-shutterstock
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
Louis de La Houplière - publié le 21/10/25
whatsappfacebooktwitter-xemailnative
L’intelligence artificielle (IA), lorsqu’elle est utilisée à des fins de contrôle et de traque sur les croyants, constitue un véritable danger, alerte l’Aide à l’Église en détresse (AED) dans son rapport sur la liberté religieuse publié ce 21 octobre. Une menace supplémentaire qui renforce le climat de répression auquel font face de nombreux chrétiens.

CAMPAGNE DE NOËL 2025

Pour qu'Aleteia poursuive sa mission d'évangélisation, faites un don déductible à 66% de votre impôt sur le revenu.
Ainsi l'avenir d'Aleteia deviendra aussi le vôtre.

Je donne en 3 clics

Déjà confrontés à la censure, à la destruction de leurs lieux de culte, à la violence et parfois même aux meurtres, les croyants — en particulier les minorités religieuses — doivent désormais faire face à une nouvelle menace : l’usage de l’intelligence artificielle (IA) pour les surveiller ou les traquer, ajoutant encore à la précarité de leur vie de foi. Une menace supplémentaire pour les fidèles que l’Aide à l’Église en détresse (AED) pointe dans son rapport bisannuel sur la liberté religieuse, publié ce 21 octobre. "C’est inquiétant, glisse Thomas Oswald, membre de l’AED. Elle va donner encore plus d’armes aux régimes autoritaires répressifs. Qui va à la messe ? Qui donne des cours de catéchisme ? Qui est allé parler à un prêtre ? Toutes ces informations seront facilement disponibles et exploitables."

La menace est d’autant plus inquiétante qu’elle évolue sans cesse. L’intelligence artificielle progresse dans tous les domaines, à une vitesse vertigineuse… pour le meilleur et pour le pire. C’est ce que montre José Luiz Bazan, secrétaire de la Comece, dans le rapport de l’AED. "L’IA peut prévenir le vandalisme des sites religieux et assurer la sécurité des temples et des fidèles, mais elle peut aussi être utilisée pour les attaquer, par exemple avec des drones armés guidés par IA." Certains pays, comme la Chine, la Corée du Nord et le Pakistan, l’emploient déjà largement : "Les nouvelles technologies sont de plus en plus utilisées pour surveiller, profiler et pénaliser l’expression religieuse." "Censurer, intimider et criminaliser les croyants." Voilà le vrai projet de ces États pointés depuis longtemps pour leur entrave à la liberté religieuse.

L'IA et le risque d'invisibilité

Le rapport s’arrête un temps sur la Corée du Nord. Dans ce pays, les catholiques sont largement minoritaires, un peu moins de 100 000 fidèles. En 2023, près de 200 d'entre eux, rapatriés de Chine, avaient été envoyés dans des camps de prisonniers politiques... pour avoir eu des contacts avec des chrétiens en Chine, avoir eu entre leurs mains la Bible ou encore être entré dans une église. Selon des rapports, "les autorités appliquent un système de surveillance qui effectue une capture d’écran de chaque téléphone toutes les cinq minutes, stockant les images au profit d’une surveillance étatique".

En Chine, où près de 700 millions de caméras surveillent jour et nuit la population, "le système de surveillance alimenté par l’IA identifie, traque – à travers les activités en ligne notamment – et opprime les groupes religieux et les individus étiquetés comme "indésirables". Pire : au travers de cette surveillance, certaines communautés sont signalées comme un "risque pour la sécurité". Résultat ? Le rapporteur de l’ONU sur la liberté d’expression alertait sur le fait que "les croyances religieuses légitimes, en particulier celles qui diffèrent des principes ou pratiques dominants, risquent l’invisibilité en ligne et hors ligne ou la punition par une IA abusive qui les signale à tort comme "extrémistes" ou "discours de haine". Dans ce pays, les autorités s'efforcent d'aligner les religions sur la culture chinoise et le régime communiste. Les diocèses sont dans l'obligation de rejoindre "l'Église patriotique de Chine", particulièrement encadrée, pour vivre leur foi, sous peine de voir leurs églises rasées. Des fidèles sont régulièrement visés par des arrestations arbitraires basées sur de fausses accusations. S'ensuivent des années de prison, sans contact avec les familles étroitement surveillées par le régime. Sur les réseaux sociaux, les références à la foi chrétiennes sont bannies.

Que faire face à cette menace que personne n’avait vu venir sur la liberté religieuse ? "Il ne devrait y avoir ni peur ni appréhension, mais une préparation", suggère José Luis Bazan. Plutôt que de fermer la porte sur les "possibilités immenses" de l’IA, il faut garantir "son utilisation éthique conformément à la dignité humaine et au bien commun, pour s’assurer que la liberté de penser, de conscience et de religion soit réelle et effective dans toutes ses dimensions".

Vous avez aimé cet article et souhaitez en savoir plus ?

Recevez Aleteia chaque jour dans votre boite e−mail, c’est gratuit !

Vous aimez le contenu de Aleteia ?

Aidez-nous à couvrir les frais de production des articles que vous lisez, et soutenez la mission d’Aleteia !

Grâce à la déduction fiscale, vous pouvez soutenir le premier site internet catholique au monde tout en réduisant vos impôts. Profitez-en !

(avec déduction fiscale)