Deux livres de la Bible nous enseignent sur la tentation qu’éprouvent les peuples de se soucier de leur image : le livre de Samuel et le livre des Martyrs d’Israël. Les nations sont comme les hommes, elles veulent être estimées. Quand elles sont fatiguées de porter une vocation singulière, qu’il s’agisse du peuple juif ou de la fille aînée de l’Église (par exemple), elles se mettent à se comparer. Cela commence toujours de cette façon. Et quand une nation se compare, elle se conforme. Elle se rallie aux standards du monde.
Le malheur de l’isolement
Prenons le livre de Samuel. Il arriva, au temps du prophète Samuel, que les Israélites éprouvèrent des complexes à n’avoir point de roi. N’avoir point de roi, c’est comme subir l’instabilité gouvernementale : cela vous expose à la dégradation de votre note. Vous perdez votre triple A. Mais la principale raison donnée par les Israélites pour réclamer un roi, avec celle de la défaillance de leur système judiciaire, c’était que les autres nations en avaient un. Les autres nations ont un roi, pourquoi pas nous ? Le peuple aspirait à se ranger. Le Seigneur eut beau mettre Israël en garde, le peuple insista. Il eut un roi. Il se banalisa. La catastrophe arriva.
Le Prince de ce monde est le roi de l’uniformité. Il veut nous faire marcher au pas cadencé.
Prenons le livre des Macchabées que la Vulgate appelle "livres des Martyrs d’Israël". Cette fois, le peuple de Dieu réclame des installations sportives. Pourquoi ? Parce que les Grecs et les Romains en ont. Plus que cela, beaucoup de gens sont séduits par l’idée qu’il faut réaliser une alliance avec les autres nations, une sorte d’intégration supranationale, afin d’éviter le malheur de l’isolement. Intégration ! Le roi d’Israël Antiochus épiphane (désormais, Israël avait un roi) finit par céder à cette idée de bon sens : il permit au peuple d’adopter les mœurs mondialisées du monde romain. On construisit un gymnase à Jérusalem. Puis on édifia des sanctuaires païens. Puis on censura la parole de Dieu quand elle n’était pas jugée conforme à l’esprit du temps. Puis on déconstruisit le roman national. Le livre des Macchabées précise que ce fut l’abomination de la désolation. Une terrible colère se déchaîna. L’intégration vira à l’implosion. Il y eut de bons esprits pour s’en étonner.
Entrer en résistance
Le Prince de ce monde est le roi de l’uniformité. Il veut nous faire marcher au pas cadencé. Il veut faire croire à notre Sainte Église qu’elle doit s’adapter au monde. Mais l’Église n’a pas reçu pour mission de plaire au monde. Elle a reçu pour mission de dire la vérité. Sa vocation n’est pas de séduire mais d’enseigner. Être chrétien, par les temps qui courent, c’est entrer en Résistance. Nous attendons un 18 juin spirituel.









