Les sept saints canonisés ce 19 octobre 2025 "ne sont pas des héros ou des chantres d’un idéal quelconque, mais des hommes et des femmes authentiques", a affirmé le pape Léon XIV lors de leur messe de canonisation. Les Italiens Bartolo Longo, Vincenza Maria Poloni et Maria Troncatti, le Papou-Néo-Guinéen Peter To Rot, les Vénézuéliens José Gregorio Hernández Cisneros et Carmen Rendiles Martínez (sœur María del Monte Carmelo) et l’évêque arménien Mgr Ignace Choukrallah Maloyan ont été proclamés saints.
Une foule dense et fervente – 55.000 personnes, selon les autorités italiennes – s’est rassemblée sur la place Saint-Pierre en ce beau dimanche automnal pour assister à cette septuple canonisation, la deuxième messe de canonisation du pontificat de Léon XIV, après celle de Carlo Acutis et Pier Giorgio Frassati, célébrée le 7 septembre dernier. L’événement a réuni plusieurs délégations officielles étrangères, ainsi qu’une forte affluence de fidèles, notamment en provenance du Venezuela, d’Italie et d’Équateur, pays d’origine de certains des nouveaux saints.
Avant que le Pape ne proclame solennellement l’inscription des noms des sept bienheureux au "catalogue des saints", le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints, a lu leur biographie sous les acclamations enthousiastes de la foule. Devant leurs portraits, suspendus sur la façade de la basilique Saint-Pierre, il a rappelé, la voix empreinte d’émotion, que c’est le pape François qui avait ouvert la voie à leur canonisation en signant, dans les derniers mois de son pontificat, les décrets nécessaires à leur reconnaissance.
Des saints porteurs de la "lampe de la foi"
Dans son homélie, le pape Léon XIV a brièvement rappelé le statut de "martyrs de la foi" de Mgr Ignace Maloyan, tué pendant le génocide arménien (le Pape n’a pas mentionné explicitement cet événement), et du catéchiste Peter To Rot, assassiné par les occupants japonais pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a ensuite rendu hommage au "cœur ardent de dévotion" de Bartolo Longo et de José Gregorio Hernández Cisneros, "bienfaiteurs de l’humanité".
Il n’y a pas de pleurs que Dieu ne console".
Le pontife a également évoqué les religieuses sœur Vincenza Maria Poloni et sœur María del Monte Carmelo comme des "fondatrices charismatiques", ainsi que sœur Maria Troncatti, missionnaire pendant 40 ans en Équateur. "Que leur intercession nous soutienne dans les épreuves et que leur exemple nous inspire dans notre vocation commune à la sainteté", a-t-il exhorté.
Ces saints, a affirmé Léon XIV, "ne sont pas des héros ou des chantres d’un idéal quelconque, mais des hommes et des femmes authentiques". Il a souligné que pendant leur vie, ils "ont maintenu allumée la lampe de la foi", seule capable de libérer le monde du "fatalisme". "Bien plus, ils sont devenus eux-mêmes des lampes capables de diffuser la lumière du Christ", a-t-il insisté.
Sans foi, un monde sans Père
S’appuyant sur l’Évangile du jour, le Pape a affirmé que la foi, "c’est-à-dire le lien d’amour entre Dieu et l’homme", est "ce qu’il y a de plus précieux aux yeux du Seigneur". Il a invité à ne pas l’opposer à la science, à l’art ou à la culture, affirmant que ces derniers ne sont pas "méprisables", mais que, sans la foi, "ils perdent leur sens".
"Une terre sans foi serait peuplée d’enfants vivant sans Père, c’est-à-dire de créatures sans salut", a affirmé Léon XIV. Dans un tel monde, "sans espérance et sans désir de vie", "la liberté de chacun serait vaincue par la mort", a-t-il poursuivi. Face à cette perspective "inquiétante", Jésus annonce le salut, "le don de la vie éternelle", a souligné le Pape. "Cette foi dans l’annonce joyeuse du salut s’exprime dans la prière, et la prière authentique vit de la foi", a-t-il ajouté.
Les deux tentations qui menacent la foi, selon Léon XIV
Le pontife a ensuite souligné deux "tentations" qui peuvent ébranler la foi. La première, "qui tire sa force du scandale du mal", consiste à penser que Dieu "n’a pas pitié de la douleur des innocents". "Il n’y a pas de pleurs que Dieu ne console", a-t-il assuré. Il a cependant mis en garde "ceux qui refusent la miséricorde de Dieu", affirmant qu’ils "restent incapables de miséricorde envers leur prochain".
La seconde tentation, a expliqué le Pape, consiste à penser que Dieu "devrait agir comme nous le voulons", et "la prière cède alors la place à un ordre donné à Dieu". "La croix révèle la justice de Dieu", a-t-il affirmé. En conclusion, il a enjoint de "rester ferme dans la foi", assurant que "la foi sur terre soutient ainsi l’espérance du ciel".











