Entre bérets gascons et cantiques bretons, les pèlerinages régionaux connaissent un véritable renouveau. Partout en France, jeunes et moins jeunes (re)découvrent la foi à travers la culture de leurs aïeux. Les 18 et 19 octobre se tient ainsi la première édition du pèlerinage Arrebastir, entre Montaut et Lourdes. 500 pèlerins se donnent rendez-vous pour deux jours de marche et de prière sur le thème "sentourèrs de Esperanco" ("pèlerins d’espérance"), à l’occasion de l’année jubilaire. Chants gascons, port du béret, danses traditionnelles, … Objectif : mettre en lumière une culture aujourd’hui oubliée. Pour Pierre-Emmanuel, vice-président de l’association, le projet vise également à "évangéliser et aller chercher ceux qui ne connaissent pas Dieu par leur histoire et leur culture".
Cette initiative récente s’inscrit dans la dynamique d’autres pèlerinages régionaux. "L’idée d’un pèlerinage provençal a germé lors des années covid. Durant cette période, le pèlerinage de Chartres s’est démultiplié localement", explique à Aleteia Jean Rivière, jeune organisateur du Nosto Fe, un pèlerinage en Provence dont la deuxième édition s’est tenue les 4 et 5 octobre. En Normandie le même week-end, près de 600 pèlerins se sont élancés cette année sur les terres de Guillaume le Conquérant, depuis Saint-James jusqu’au Mont-Saint-Michel. Au programme : costumes vikings, cantiques normands, bannières… Tout est conçu pour honorer les racines chrétiennes de la Normandie. Pour le président de l’association Jean-Eudes Argouarc’h, le projet répond à un réel désir : "Les gens viennent pour rencontrer Dieu. La culture régionale est un levier pour toucher les croyants et non croyants".

Un succès grandissant
Ces pèlerinages aux quatre coins de l’Hexagone attirent de plus en plus. En 2024, ils étaient 2.000 à s’inscrire au Nosto Fe. Cette année, plus de 2.500 pèlerins ont marché les 4 et 5 octobre de Cotignac à Saint-Maximin-la-Sainte-Baume. "La quête de repères et de spiritualité" est ce qui attire la jeunesse constate Jean Rivière. Au Feiz e Breizh, ils étaient 700 pèlerins lors de la première édition en 2017 contre 2.000 en septembre dernier. Le pèlerinage a clôturé l’année jubilaire du 400e anniversaire des apparitions de sainte Anne, patronne de la Bretagne, survenues entre 1623 et 1625 à un paysan breton. L’occasion pour les pèlerins de renouer avec la foi de leurs anciens et de réaffirmer leur enracinement breton et chrétien. "Entre les danses à la sortie de la messe, les chapelets récités en breton et les costumes, les gens montrent leur attachement à leur région", raconte Alix.
Eugénie ne pensait pas que le pèlerinage Nosto Fe allait attirer autant. "Voir la colonne de pèlerins s’étirer était très émouvant" assure-t-elle. Clarisse, photographe pour le pèlerinage provençal, est d’abord venue pour l’aspect culturel. Mais elle confie : "je le referai c’est sûr. Je suis en quête spirituelle". Béret sur la tête, sac sur le dos, ces pèlerins ne marchent pas par simple tradition : ils marchent pour une rencontre. Celle du Christ, souvent inattendue, sur les sentiers de leur propre culture.










