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Bétharram: la congrégation confirme l’indemnisation de toutes les victimes

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Notre-Dame-de-Bétharram, établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques.,

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Hortense Leger - avec AFP - publié le 14/10/25
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La Congrégation des Pères de Bétharram, gestionnaire de l’établissement béarnais jusqu’en 2009, a indiqué, lundi 13 octobre, qu’elle procèderait à l’indemnisation de l’ensemble des victimes de violences, qu’elles aient été agressées par des membres religieux ou laïcs.

La Congrégation des Pères de Bétharram, qui dirigeait l'établissement béarnais de Notre-Dame de Bétharram jusqu’en 2009, établissement privé sous contrat au cœur d’un scandale de violences et de viols commis sur des enfants entre les années 1970 et 1990, a confirmé lundi 13 octobre l'indemnisation de toutes les victimes, de personnels religieux comme de laïcs, en commençant par celles d'agressions sexuelles. L’ordre franco-italien a reconnu en mars 2025 sa "responsabilité" dans les faits dénoncés par plus de 200 plaintes individuelles, dont la moitié porte sur des agressions à caractère sexuel mais presque toutes prescrites.

Élargissement du mandat de la CRR aux victimes de laïcs

La Congrégation a annoncé la mise en œuvre de nouvelles mesures, en collaboration avec l’Institut francophone pour la justice et la démocratie (IFJD), une ONG experte en justice transitionnelle dans les zones de conflit. L’ordre religieux a indiqué, lundi 13 octobre, dans un communiqué "l'élargissement du mandat de la Commission Reconnaissance et Réparation (CRR, mise en place par l'Église catholique en 2021, NDLR), aux violences sexuelles commises par les laïcs à Notre-Dame de Bétharram". Jusque-là, seules les victimes de religieux étaient prises en compte. "Que des victimes aient déjà été indemnisées par la CRR et pas d'autres est vécu comme une injustice", a déclaré à l'AFP, ce 13 octobre, Magalie Besse, directrice de l'IFJD.

D'ici la fin d'année 2025, la Congrégation de Bétharram doit "abonder son fonds de réparation", pour de premières indemnisations prévues début 2026, explique Magalie Besse. Celle-ci s’appuiera sur le système d'évaluation de la gravité et des incidences des violences sexuelles de la CRR, “déjà fonctionnel”, souligne-t-elle. D'un montant moyen de 34.000 euros, l'indemnisation est plafonnée à 60.000 euros, soit "beaucoup plus que des réparations judiciaires".

900.000 euros versés à une vingtaine de victimes

Alain Esquerre, ancien élève de Bétharram de 1980 à 1985, qui avait lancé fin 2023 un groupe Facebook "Les Anciens du collège et lycée de Bétharram, victimes de l’institution", qui regroupe aujourd’hui plus de 2 400 membres, regrette qu'il ait "fallu plus de sept mois pour que la congrégation passe à l'action". D’après un audit encore en cours, le patrimoine immobilier de la congrégation est estimé à cinq millions d’euros, sous réserve que ces biens puissent réellement être mis en vente, précise Magalie Besse, qui admet avoir « des inquiétudes sur l’aspect financier ».  Pour les victimes de violences physiques, exclues du champ d'indemnisation de la CRR, un "mécanisme" de calcul doit encore être défini, explique la directrice de l’IFJD.

Alain Esquerre demande de son côté que soit menée une enquête financière plus approfondie. "La congrégation a des biens immobiliers dans 15 pays. L’Eglise ne doit pas s'exonérer de ses responsabilités, tout comme l’Etat", souligne-t-il. À ce jour, la Congrégation indique avoir versé 900.000 euros à plus de 20 victimes et qu'une vingtaine de dossiers sont en cours de traitement. Alain Esquerre dit également attendre les moyens d'enquête promis en février 2025 par François Bayrou. L’ancien Premier ministre, qui avait été auditionné par la commission d’enquête de l’Assemblée nationale en mai dernier sur les modalités du contrôle par l'Etat de la prévention des violences dans les établissements scolaires, avait maintenu sous serment ne pas avoir disposé d’informations privilégiées sur les violences commises au sein de l’établissement béarnais, lorsqu’il était ministre de l’Education nationale dans les années 1990.  

"Prendre des décisions canoniques, éventuellement définitives."

Mgr Éric de Moulins-Beaufort, ancien Président de la Conférence des évêques de France (CEF), avait été auditionné le 29 avril dernier, devant la commission d’enquête sur le contrôle des établissements scolaires, aux côtés de Mgr Benoît Rivière, président du conseil des évêques pour l’enseignement catholique. Soulevant la question des internats, qui mérite "un traitement particulier dans le présent et dans le futur", il avait reconnu avoir été "stupéfait de découvrir que des violences comme celles de Bétharram puissent avoir existé jusqu’en 92, 94, 95, et être d’ailleurs signalées à la justice sans susciter de réaction". Il avait également ajouté devant l’Assemblée nationale qu'”au nom des évêques de France”, il partageait “totalement la finalité de [la] commission” et qu'”il [faudrait] prendre des décisions canoniques, éventuellement définitives” lorsque les “affaires judiciaires [seraient] achevées.”

Pour mémoire, sur plus de 200 plaintes déposées depuis février 2024, seules deux ne sont pas prescrites. Au total, de 1957 à 2004, quinze prêtres (presque tous décédés en 2025) et quatre laïcs ont été mis en cause pour des faits de violences sexuelles ou physiques ayant eu lieu à Notre-Dame de Bétharram.

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