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“On dirait un conte de fées” : l’improbable histoire de ces deux cousins au sommet du tennis mondial

4 min de lecture
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Crédit : Jade Gao / AFP

Les deux cousins ont disputé la finale d'un tournoi de tennis prestigieux, contre toute attente, le 12 octobre.

Pour la première fois dans l’histoire du tennis professionnel, deux cousins germains, un Français et un Monégasque, se sont affrontés en finale d’un tournoi majeur, contre toute attente. Au-delà de la performance sportive inédite, ce sont bien les valeurs familiales qui ont gagné à Shanghai ce 12 octobre.

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"Même dans nos rêves les plus fous, on n’aurait jamais songé à ça." La veille de la finale du tournoi de Shanghai ce 12 octobre, l’un des plus importants du tennis professionnel, Arthur Rinderknech, Breton d’adoption, est sur un petit nuage. Il plane, littéralement. Il a certes gagné contre le Russe Daniil Medvedev, l’un des grands noms de ce sport depuis plusieurs années, en demi-finales, mais surtout… il rejoint son cousin, le Monégasque Valentin Vacherot, pour disputer ce titre prestigieux. "C’est hallucinant, imbattable et irréel." Les mots manquent au Français pour décrire la portée de l’événement.

Les deux hommes n’oublieront jamais cette cousinade improvisée à des milliers de kilomètres de leurs lieux de vie. Le jour de la finale, à l’issue de deux semaines éreintantes, les sourires sont de mise, les accolades franches. Dès les premiers échanges, ils ne font pas semblant. Chacun veut l’emporter, même si à la fin, c’est la famille qui soulèvera le trophée. "On s’amusera comme quand on avait 12 ans. Il y aura deux vainqueurs demain soir et pas de perdant", prévient la veille Arthur Rinderknech. Après trois sets de combat acharné, Valentin Vacherot, 26 ans, de quatre ans son cadet, s’impose. Il devient le joueur le moins bien classé à remporter un tournoi de cette envergure. Son voyage en terre chinoise ne se répétera sans doute jamais dans l’histoire du tennis, tant ses chances de l’emporter étaient minimes.

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Une famille qui gagne

Son parcours tennistique est fabuleux. "C’est un rêve qui n’existe même pas, au départ, je ne sais pas comment il s’est réalisé", commente son cousin le 11 octobre. Classé 204e mondial Valentin Vacherot, entraîné par son demi-frère, n’a jamais remporté moindre match sur le circuit principal de ce sport. À la fin des années 2010, Arthur le fait venir au Texas, pour qu’ils s’entraînent ensemble. Il joue des petits tournois et peine à vivre du tennis. À la mi-août, il envoie à un ami : "Je vais tenter ma chance dans les qualifications à Shanghai car un parcours de fou peut arriver à tout moment." Inconnu il y a encore deux semaines, il terrasse un à un ses adversaires, dont la légende Novak Djokovic en demi-finales, jusqu’à affronter son cousin pour passer à la 40e place du classement mondial, empocher mille précieux points… et la modique somme de 1 124 000 dollars.

L’histoire de ces deux cousins, qui n’ont jamais crevé l’écran, passionne les internautes et les mordus de tennis. La perspective de se jouer en finale les galvanise. Leurs deux mères sont sœurs. Depuis tout petits, ils frappent la balle jaune ensemble. De vieilles photos ressortent. "Je l’ai toujours poussé, confiait Arthur Rinderknech à L’Équipe. J’ai toujours voulu le meilleur de lui. C’est un petit bonhomme qui le mérite. Je l’aime du plus profond de mon cœur depuis toujours." "Pour moi, il y a deux gagnants, c’est une famille qui gagne. J’aurais bien aimé qu’il y ait deux vainqueurs, mais ce n’est pas possible", ajoute Valentin Vacherot, le trophée entre les mains, entre deux sanglots. Joueurs et spectateurs ont fait le plein d’émotions. "Papi et mamie seraient fiers", écrit le gagnant sur l’écran de la caméra, comme le veut la tradition. "Mon cousin d’amour, peine à articuler Arthur Rinderknech, en larmes, au moment de la remise du trophée. Bravo, c’est énorme. Deux cousins sont plus forts qu’un. J’espère qu’on en jouera d’autres. Bravo les gars, je vous aime forts." "C’est un moment irréel pour nous deux, pour notre famille, lui répond Valentin Vacherot, tout sourire. Je voudrais juste pleurer. Je n’ai même pas rêvé de ça, je ne sais pas ce qui s’est passé." "On dirait un conte de fées", complète la veille de la finale son demi-frère. Espérons qu’il ne fait que commencer.