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Cette culture de la beauté qui fait l’unité d’un peuple

Visite du Panthéon
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Jean-Étienne Rime - publié le 13/10/25
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Tandis que des jeunes des cités s’émerveillent devant les monuments de Paris, raconte notre chroniqueur Jean-Étienne Rime, des élus d’une commune rurale vandalisent leur patrimoine. Comment faire comprendre que c’est l’art et la culture qui font grandir un peuple dans l’unité ?

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Voici deux faits récents qui a priori n’ont rien à voir l’un avec l’autre. À l’initiative de la Fraternité missionnaire des cités, une visite a été organisée à Paris pour des jeunes des quartiers populaires. Il s’agissait de leur faire découvrir les monuments de la capitale et leur histoire, eux dont le paysage quotidien se limite à des tours plus ou moins hautes et grises, des artères urbaines et des places minérales. 

Le travail des artistes

Ils ont visité le Panthéon, ils ont compris comment cette église Sainte-Geneviève a été voulue par le roi Louis XV pour honorer la sainte patronne de Paris et de la France. Ils ont découvert l’importance des savants, artistes, hommes politiques qui ont compté pour notre pays et le monde. Ensuite, ils ont marché dans le quartier latin en écoutant les commentaires de Paola, une bénévole, avocate de profession, qui se passionne pour la transmission du savoir et de la culture. La balade s’est achevée dans les jardins du Luxembourg et chacun a témoigné de son étonnement, de la joie de connaître, de l’émerveillement du travail des artistes et des artisans des temps passés ou contemporains. Plus encore, nos jeunes en ont parlé dans leurs familles, dans leurs écoles, à leur travail, ils ont inondé les réseaux sociaux de photos et de commentaires incitant à recommencer ce type d’expérience. 

Des jeunes visitent le Panthéon à Paris avec l'association Fraternité missionnaire des cités
Fraternité missionnaire des cités

Une commune d’Anjou

Rien de commun avec cette initiative d’élus d’une commune d’Anjou. Un bourg sur les bords de la rivière, de jolies maisons, une église classée, tout concourt à un certain art de vivre harmonieux. Sur la place principale, gardée en son centre par la statue de Robert le Fort, un comte d’Anjou qui combattit les normands au IXe siècle, se dresse une mairie construite au XIXe siècle en pierres de taille : ce n’est pas une œuvre d’art, mais elle donne un charme intemporel et rappelle une époque de prospérité. Mais voilà, nos édiles ont eu l’idée morbide de la détruire pour construire des blocs cubiques en béton, au motif que c’est plus agréable pour le personnel et plus fonctionnel.

Mesdames et Messieurs les élus, cessez de détruire le passé de notre belle France, cessez de promouvoir ces boîtes à chaussures qui enlaidissent les entrées de nos villes.

Le problème, c’est que c’est moche, très moche. Une verrue dans un centre désertifié, une construction banale, sans goût, sans art. Ces boîtes à chaussures ont conquis les terres agricoles bordant le bourg, enlaidissant le paysage. Les habitants abandonnent le centre pour faire leurs courses en voiture. Si l’on peut justement condamner les coûts exorbitants pour l’argent public, c’est plus encore la laideur qu’il faut condamner, l’absence de bon goût, l’abêtissement des populations. 

La culture fait grandir

Reprenons. D’un côté, une soif de culture exprimée par des jeunes de banlieues et leur envie de partager les découvertes d’un France belle et riche d’un passé et d’un présent d’art et d’histoire, de l’autre une destruction qui raye d’un coup de bulldozer un lieu marquant de l’histoire locale, la vie de générations qui se sont retrouvées dans leur village. La conclusion va de soi : la culture réunit, la culture apaise et permet la rencontre et la vie sociale, la culture fait grandir. Elle se fonde sur des siècles passés et sur le savoir-faire présent, actif et vivant des artistes et des artisans qui entretiennent et créent le patrimoine de notre pays. Les Français aiment ces traces vivantes du passé : leur émotion et leur mobilisation lors de l’incendie de Notre-Dame l’ont prouvé, cela se retrouve aussi dans la façon dont ils préservent, relèvent et embellissent ici et là un moulin, une chapelle, un calvaire, un manoir. Mesdames et Messieurs les élus, cessez de détruire le passé de notre belle France, cessez de promouvoir ces boîtes à chaussures qui enlaidissent les entrées de nos villes, prenez le temps de faire vivre les merveilles de votre bourg, village ou agglomération comme ces jeunes venus des quartiers populaires qui découvrent, émerveillés, les richesses d’un passé qu’ils s’approprient pour grandir et partager. "La beauté sauvera le monde", disait Dostoïevski dans l’Idiot. Cette phrase tant galvaudée, espérons qu’elle soit écoutée sous peine de créer des générations d’idiots.

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