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Catholique, opposée à Maduro… Qui est María Corina Machado, lauréate du Nobel de la paix ?

La cheffe de l'opposition vénézuélienne Maria Corina Machado lors d'une manifestation pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle, à Caracas, le 3 août 2024.

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Cécile Séveirac - publié le 13/10/25
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María Corina Machado, figure emblématique de l’opposition vénézuélienne, a reçu le prix Nobel de la paix 2025 pour son combat en faveur de la démocratie. Catholique, elle a appelé le 11 octobre à prier pour la libération des prisonniers politiques de son pays à la faveur de la canonisation prochaine de deux saints vénézuéliens.

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Elle est le nouveau prix Nobel de la Paix : le 10 octobre 2025, María Corina Machado, figure emblématique de l’opposition vénézuélienne, a été honorée par le Comité Nobel norvégien, pour son "combat en faveur de la démocratie". À 58 ans, elle devient la première Vénézuélienne à recevoir ce prestigieux prix et la sixième personnalité latino-américaine à en être lauréate. "Maria Corina Machado est l’un des exemples les plus extraordinaires de courage civique en Amérique latine ces derniers temps", a ainsi déclaré le président du comité Nobel norvégien, Jorgen Watne Frydnes, la décrivant comme une "figure-clé de l’unité au sein d’une opposition politique autrefois profondément divisée".

Figure de proue de l'opposition aux gouvernements socialistes et autoritaires de Hugo Chávez et Nicolás Maduro, elle a fondé en 2013 le parti Vente Venezuela, qui se décrit comme une formation libérale et pro-démocratie. Dix ans plus tard, en octobre 2023, elle devient populaire aux primaires de l'opposition, recueillant plus de 90% des voix sur 3 millions de votants. Un triomphe qui fait d'elle l'une des favorites pour la présidentielle, et qui lui vaut le surnom de "la libertadora", la libératrice. Finalement écartée de la course présidentielle par le régime de Nicolàs Maduro sous prétexte de liens supposés avec des crimes et sanctions internationales - accusations largement contestées - sa popularité auprès du peuple vénézuélien et son influence sur la scène internationale s'en trouvent renforcées. "Malgré les graves menaces qui pèsent sur sa vie, elle est restée dans son pays, un choix qui a inspiré des millions de personnes", a également rappelé le comité. Les autorités lui ont imposé lui ont interdit de quitter le pays, l'ont déchue de son poste de députée à l'Assemblée nationale. Maria Corina Machado est également interdite d'occuper des fonctions publiques, des mesures justifiées par ses liens présumés avec "l'impérialisme" américain, selon le pouvoir en place.

Appel à prier pour les prisonniers politiques

Issue d'une famille catholique pratiquante, María Corina Machado a étudié à l’Université catholique Andrés Bello, institution jésuite. Régulièrement aperçue avec une collection de chapelets autour du cou, elle fait parfois mention de sa foi dans l'espace public tout en assumant ses engagements plutôt libéraux sur le plan sociétal : dans une interview au média Politiks, menée en 2023, elle avait déclaré être en faveur du mariage homosexuel ou de l'euthanasie "selon les cas". Concernant la dépénalisation de l'avortement, elle plaidait pour "un débat national rationnel" : "Il doit y avoir un consensus entre toutes les positions, afin qu'en cas de danger pour la vie de la mère, de préjudice pour l'enfant ou de viol, une intervention puisse être envisagée. Je n'imposerai jamais mes opinions, en l'occurrence religieuses, à une société."

Samedi 11 octobre, la lauréate a appelé à participer à une "prière mondiale pour la liberté" des prisonniers politiques de son pays, à l'occasion de la canonisation prochaine du médecin José Gregorio Hernández et de la religieuse Carmen Rendiles qui se tiendra le 19 octobre. "À la lumière de la canonisation prochaine de nos saints bien-aimés, José Gregorio et Mère Carmen, nous allons demander ensemble que cette cérémonie très spéciale soit célébrée sans prisonniers politiques", a déclaré Machado dans une vidéo partagée par son mouvement Vente Venezuela. Un appel auquel de nombreux vénézuéliens expatriés et autres fidèles ont répondu, comme en Espagne, aux Pays-Bas ou en France à Paris.

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