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Cela fait quatre ans, le 4 octobre 2021, que le rapport de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église) a été remis publiquement aux évêques de France. Un ,événement historique qui a profondément marqué de nombreux chrétiens, clercs et laïcs, dont la réception continue d’être un enjeu important dans la vie de l’Église de France.
Le risque qui revient toujours
Car il faut bien reconnaître que, sur le front de la lutte contre les abus, l’actualité ne s’est pas vraiment arrêtée depuis. Chaque saison apportant son lot de nouvelles affaires, de nouvelles révélations, de nouvelles victimes, de nouvelles gestions catastrophiques par certaines hiérarchies. On peut ne citer que les plus récentes : l’affaire Bétharram qui a mis en lumière la question des abus dans l’enseignement catholique ; la gestion de "l’affaire Spina" par l’archevêque de Toulouse et son étonnante conception de la miséricorde ; la réinstallation d’Hubert Schmitt dans ses fonctions de vicaire général du diocèse de Strasbourg alors qu’il est impliqué dans une procédure canonique pour agressions sexuelles sur mineurs.
Le risque qui revient toujours est de croire que puisque l’Église a conscience de la réalité des abus sexuels commis par ses membres, cette réalité est derrière nous. Mais le rapport de la Ciase était un diagnostic, pas une annonce de rémission. La commission a mis en lumière l’ampleur du mal, elle n’a pas magiquement mis fin au problème. C’est un changement de culture et de gouvernance qui doit avoir lieu à tous les niveaux de l’Église de France et les nombreux dysfonctionnements récents montrent que, bien que nous soyons sur la bonne voie, il reste encore énormément de travail.
Mises en lumière
Il reste d’autant plus de travail que la prévention des agressions sexuelles sur mineurs n’est qu’un aspect du problème. Il reste encore aux évêques à se pencher sur la question des agressions sexuelles sur personnes majeures, les abus d’autorité et les abus spirituels, l’accompagnement des religieux et des religieuses qui quittent des communautés maltraitantes et la réforme de nombreuses communautés et congrégations…
Ce n’est pas attaquer l’Église que de l’aider (ou de la forcer) à considérer, accompagner, dédommager les victimes et à punir les coupables.
C’est pourquoi il nous faut nous habituer à vivre dans ce régime où des révélations de cas d’abus, d’agressions, de maltraitance dans l’Église sont régulièrement mises en lumière et relayées dans la presse. Cela n’est pas près de s’arrêter. Et c’est plutôt une bonne nouvelle, c’est signe que le travail de réforme et d’assainissement est en cours. N’y voyons ni un complot ni une attaque contre l’Église. Ce n’est pas attaquer l’Église que de l’aider (ou de la forcer) à considérer, accompagner, dédommager les victimes et à punir les coupables. Ce n’est pas non plus attaquer l’Église que de relayer au public la réalité de ce qui se déroule en son sein, contre une culture de l’entre-soi, du secret et de l’opacité de la gouvernance. Bien loin de l’affaiblir, cela participe à faire rayonner un peu plus la lumière du Christ dans le monde.
Rétablir la vérité
Au cœur de ce combat, saluons le travail exemplaire du TPCN (tribunal pénal canonique national). Institution nouvelle créée dans le sillage de la Ciase qui œuvre discrètement mais avec constance et force pour la justice dans l’Église. Il a récemment fait parler de lui en démentant publiquement les propos de Mgr Reithinger qui affirmait qu’il n’était visé par aucune procédure canonique. Cet événement en apparence anodin a pourtant une portée symbolique très forte. Il manifeste qu’il existe dans l’Église une institution qui peut rétablir la vérité quand elle est bafouée en matière d’abus, d’agressions ou de crime. En accompagnant les victimes et les évêques, ce tribunal et les personnes qui y travaillent proposent une nouvelle manière, plus juste, plus professionnelle et plus humaine d’exercer la justice pénale dans l’Église.










