Campagne de Carême 2026
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La salle est pleine, la plupart des spectateurs avaient réservé. On recherche les quelques places vides pour accueillir les derniers arrivés. La scène se passe dimanche soir dernier dans un cinéma d’une petite ville à 18h30, horaire inhabituel pour aller assister à la projection d’un film. Les lumières s’éteignent. Au générique, dans les règles d’un grand film, suit une série de témoignages alternant avec des évocations historiques. On sent l’émotion traverser le public, attentif et concentré. Qui pourrait être indifférent en face de ces scènes qui sont toutes des manifestations d’amour, amour reçu en plénitude de ce Cœur de Jésus, amour transmis vers le prochain, amour contagieux qui inonde les nations ? Applaudissements ou regards encore perdus dans ces images étonnantes et si inhabituelles au cinéma comme dans la vie ; la salle se vide, les commentaires sont amicaux et l’on a l’impression que tout le monde se connaît, tous ont vécu une même émotion.
La bonne œuvre des censeurs
Faut-il remercier la régie de la SNCF et de la RATP d’avoir refusé la campagne d’affichage de ce sacré film, de ce Sacré-Cœur qui déverse des torrents d’amour sur une humanité qui trop souvent l’ignore ? Nous n’irons pas jusque-là, mais il faut bien reconnaître que cela fait encore du bruit, celui de l’indignation, de la censure frôlant cet anticléricalisme toujours présent dans l’esprit français, mais les censeurs ont fait malgré eux une bonne publicité à l’œuvre décriée.
Faut-il aller voir ce film Sacré Cœur, de Sabrina Gunnell et Steven J. Gunnell ? Les critiques ont fait leur travail avec des mots plutôt positifs et ce, provenant de médias aux opinions assez diverses ; d’autres ont préféré se taire mais ce n’est pas notre propos. Il faut aller le voir pour trois raisons majeures.
Comme un calvaire aux croisées des chemins
La première, nous chrétiens, nous catholiques, nous ne pouvons laisser les mouvements laïques militants nous marginaliser, nous ridiculiser. Rodolphe, un témoin du film qui vit à Bondy, explique que dans son quartier — comme dans toutes les cités populaires — tout le monde est croyant et les religions sont respectées. Ce respect doit être à l’esprit de tous, toujours et partout. Depuis deux mille ans, les catholiques ont forgé la France des paysages et de la pensée, ils ont prié et œuvré pour la paix civile, sociale, l’entente entre les peuples. Rappelons dans ce sens que le Sacré Cœur est prié dans la basilique de Montmartre qui est œuvre de la nation : l’Assemblée nationale a voté le projet de construction du Sanctuaire du Vœu national comme étant d’utilité publique en 1873.
La deuxième raison se fonde sur un parallèle. Autrefois, l’on plantait des calvaires, édifiait une chapelle pour rappeler aux paroissiens et aux passants une mission, un pèlerinage, le souvenir d’une personnalité religieuse qui avait œuvré à la conversion des âmes ou au soulagement des corps lors d’une épidémie. Plantons un nouveau calvaire, virtuel, avec ce film témoin de la foi d‘aujourd’hui, de la conversion de beaucoup et de la redécouverte du Cœur Sacré de Jésus. Plantons-le dans les médias d’aujourd’hui, les réseaux sociaux, les relations de tous les jours. Une jeune femme, Zoé, raconte qu’une amie l’incite à aller à la messe ; suggérons à nos amis, nos relations, nos familles d’aller voir ce film : plus nous serons nombreux, plus longtemps il restera à l’affiche comme ce calvaire aux croisées des chemins, témoin de foi.
Redécouvrir le Sacré Cœur
La troisième raison est tout simplement cette redécouverte du Sacré Cœur de Jésus. L’on en a parfois le souvenir d’images un peu veillottes, des représentations surannées et kitsch qui ne sont pas toutes incitatrices. Les saints Marguerite-Marie Alacoque et Claude La Colombière, les lieux tels Montmartre ou Paray-le-Monial, les œuvres d’art avec par exemple les peintures de Georges Desvallières peuvent nous mettre sur le chemin de la dévotion à ce cœur qui a tant aimé le monde et déverse un torrent d’amour sur chacun, sur toi, sur moi, sur l’autre.
Le film s’achève sur cette belle citation : « Le monde meurt de ne pas se savoir aimé. » Sans le Christ, on ne peut rien. Son Cœur brûlant d’amour est là, devant nous.
Pratique









